Une oeuvre nocturne de l’usine Stadacona signée Pascal Normand

Certains bâtiments industriels marquent la mémoire collective. C’est exactement le genre de sujets auxquels s’intéresse Pascal Normand. Sa plus récente œuvre photographique nocturne, Le Moulin, est consacrée à l’usine Stadacona.

Natif de Notre-Dame-des-Laurentides et ayant grandi à Québec, Pascal Normand travaille comme artiste visuel et photographe depuis un peu plus de 17 ans.

Dans le cas de l’usine Stadacona, il avait réalisé les photographies il y a 16 ans, le 22 septembre 2010. Dernièrement, il est « retombé dessus par hasard » et les a retravaillées pour créer l’œuvre Le Moulin.

Pour photographier l’emblématique papeterie située sur le boulevard des Capucins, M. Normand s’était installé à l’embouchure de la rivière Saint-Charles. À l’époque, les lieux étaient plus accessibles et moins clôturés qu’aujourd’hui. Un bâtiment appartenant au Port de Québec s’est également ajouté au paysage du secteur.

Pourquoi photographier la nuit?

Avant d’être photographe spécialisé en art urbain, Pascal Normand a travaillé de 1999 à 2009 dans les domaines du cinéma et de la télévision. Bien que les sujets existent aussi le jour, il préfère les photographier la nuit. Ainsi, il a conservé une approche cinématographique dans sa pratique artistique.

Pour créer ses œuvres, M. Normand utilise une technique mixte. Il photographie d’abord son sujet à de nombreuses reprises, « 10, 15, voire 20 fois », sans bouger l’appareil et en restant du même point de vue.

L’artiste aime travailler avec les ombres et la lumière, non seulement pour révéler des détails qui émergent de l’obscurité, mais aussi pour créer une ambiance forte à partir de différentes sources lumineuses.

Pour expliquer sa démarche, le photographe donne l’exemple d’une maison que l’on éclaire avec plusieurs petites lumières, afin de créer une ambiance tamisée le soir, plutôt qu’avec une seule source d’éclairage plus puissante.

Dans son cas, il peut avoir recours aux lampadaires et à d’autres sources de lumière artificielle disponibles sur place lorsqu’il photographie un sujet la nuit.

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Par la suite, M. Normand retravaille les images dans Photoshop à partir des multiples photographies prises d’un même sujet. S’ensuit un long travail de recomposition numérique qui peut s’échelonner sur trois journées, même s’il utilise ce logiciel depuis 25 ans.

« C’est un travail numérique, mais c’est manuel et artisanal », dit-il.

Après l’impression, il travaille la peinture, puis applique un vernis.

Pascal Normand dans son élément.
Crédit photo: Autoportrait, Pascal Normand.

Le patrimoine au cœur de sa démarche

Pascal Normand s’intéresse avant tout au patrimoine bâti et industriel. Il a photographié la majorité de ses sujets dans la métropole québécoise, après être tombé « en amour avec la ville de Montréal ».

« Je m’intéresse beaucoup à ce qui a trait à l’aspect identitaire, ce qui va marquer l’imaginaire collectif », détaille le photographe.

L’artiste note qu’il reste moins de vestiges du passé industriel à Québec qu’à Montréal. « C’est plus mince à gratter » sur le plan des sujets, selon lui.

Par le passé, M. Normand a également réalisé une œuvre photographique de l’ancienne chaufferie Saint-Malo.

M. Normand gagne sa vie en vendant ses œuvres.
Crédit photo: Autoportrait, Pascal Normand (photo recadrée)

Usine Stadacona : bientôt 100 ans d’histoire

Au cours de son histoire, cette papeterie historique de Limoilou a porté plusieurs noms.

L’usine Stadacona a été fondée en 1927 par l’Anglo-Canadian Pulp and Paper. En 1960, elle est devenue une filiale de Reed International. Elle est ensuite passée aux mains de la société japonaise Daishowa en 1987. L’entreprise américaine Enron en a fait l’acquisition en 2001, avant de la céder, trois ans plus tard, à Papiers White Birch.

Toujours en activité, l’usine célébrera son 100e anniversaire en 2027.

L’usine Stadacona, située plus précisément au 10, boulevard des Capucins, est une division de la multinationale américaine Papiers White Birch.
Crédit photo: Thomas Verret

Fidèle à sa pratique, Pascal Normand accompagne l’œuvre Le Moulin d’un texte inspiré de ses souvenirs d’enfance près de « la Daishowa », qui « sentait le jambon ».

Source : Monlimoilou (Monquartier) — Limoilou

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