Les Aventures Médiévales Fantastiques sont un grandeur nature, soit un jeu de rôle immersif où petits et grands incarnent des personnages fabuleux dans un monde inventé. Située au Domaine de Maizerets, cette activité estivale promet un moment hors du réel, à deux pas de la civilisation.
« Dans le cas de cette année, c’est une nouvelle ville qui fête son cinquantième anniversaire. Donc, il y a un grand festival et les joueurs sont invités à venir à cet endroit pour débloquer des opportunités et [avancer] dans la vie », raconte Philippe Blackburn-Leblanc, responsable de l’activité.
Les Aventures Médiévales Fantastiques (AMF) se déroulent dans le monde d’Avilar, construit de toutes pièces par les organisateurs, 100 % bénévoles. Chaque été représente donc une chance d’explorer une différente partie de cet univers, sous les traits de créatures variées et aux capacités presque infinies.
Ce monde existe et évolue depuis environ 30 ans. Le responsable explique qu’« à la toute base, l’activité a été créée dans le but de sortir les jeunes de la rue, leur offrir une activité santé en plein air et leur faire découvrir de nouvelles choses ».

Crédit photo: Élisa Marchildon
Le Domaine de Maizerets, intéressé par l’initiative, a offert l’accès à son territoire à l’époque et est devenu propriétaire de l’activité. Depuis, les AMF ont toujours eu lieu à cet endroit et utilisent l’ensemble du site.
Cet été, 9 journées de 14 h 30 à 22 h sont proposées, chacune au coût de 10 $ par personne. L’ensemble des informations sont disponibles sur le groupe Facebook. C’est également par cette plateforme que l’équipe d’animation et les joueurs communiquent.
La relève
L’âge minimal pour participer seul est de 13 ans et plus, mais les plus jeunes peuvent également être de la partie s’ils sont accompagnés d’un parent. Quelques enfants étaient d’ailleurs présents à la séance de samedi dernier.
Philippe Blackburn-Leblanc se souvient que, lorsqu’il a commencé à jouer il y a 19 ans, les AMF pouvaient attirer presque 200 personnes. Ce 11 juillet 2026, ils étaient plutôt une vingtaine et certains événements attirent jusqu’à une cinquantaine, selon le responsable. Pour plusieurs joueurs, accepter ces enfants est essentiel pour maintenir l’activité.
« Moi j’aime ça, parce que ça fait une nouvelle génération de joueurs, une nouvelle génération de personnes qui vont aimer faire du jeu de rôle grandeur nature. Ça fait grandir mon loisir, donc pourquoi est-ce que je serais fâchée qu’ils soient là ? », explique Andie, participante depuis 15 ans aux Aventures Médiévales Fantastiques.

Crédit photo: Élisa Marchildon
Sébastien a commencé à participer aux AMF il y a 11 ans. Aujourd’hui père de deux enfants, il leur transmet la passion du jeu de rôle grandeur nature. Ces derniers l’accompagnent depuis maintenant 3 ans aux AMF.
Le jeune père explique que cette activité en famille lui permet de redécouvrir son amour du grandeur nature. « Moi j’ai déjà vécu [les Aventures Médiévales Fantastiques], mais quand tu es parent, tu revis à travers tes enfants un peu. Donc je le revis à travers leur regard. »
Les enfants de Sébastien, encore jeunes, commencent seulement à prendre des initiatives. Sophie, une autre joueuse qui a commencé à participer l’année dernière, souligne qu’entrer dans un monde déjà construit et aussi vaste peut demander un moment d’adaptation.
Toutefois, pour ces joueurs, ce n’est qu’un petit obstacle à franchir face à tous les bénéfices du grandeur nature.
Un jeu qui transforme
Le grandeur nature est connu comme une activité qui sert d’échappatoire. « Le fait de pouvoir dire “aujourd’hui, je ne suis pas Philippe, je suis Yvan qui est un guerrier qui parle fort et qui prend de la place” va permettre de se déconnecter de la réalité, de mettre de côté ses problèmes », résume-t-il.
Ce détachement permet un moment de détente et de plaisir qui peut avoir des effets bénéfiques sur la santé mentale des joueurs et leur humeur générale. Le responsable raconte qu’en jeu les participants ont le sourire plus facile et s’expriment davantage.
Pour Sébastien, les Aventures Médiévales Fantastiques lui ont permis de sortir de sa coquille. « Quand j’étais jeune, je tremblais devant les autres en communication orale. [Dans les grandeurs natures] tu te sens moins jugé donc ça aide à prendre confiance. »

Crédit photo: Élisa Marchildon
Au-delà de la confiance en soi, les Aventures Médiévales Fantastiques peuvent guider un parcours de vie. Le grandeur nature, « ça m’a apporté mon métier. Je suis couturière et j’ai appris à coudre parce que je voulais faire des costumes », explique Andie.
Puis, il y a les amitiés. La joueuse souligne que presque l’entièreté de son groupe d’amis est composée de personnes rencontrées lors de grandeurs natures. Cette communauté n’a qu’un souhait, accueillir plus de personnes pour avoir du plaisir, ensemble.
Philippe Blackburn-Leblanc invite donc tous les intéressés à faire le pas.
« La chose qui limite le plus les gens dans ce genre d’activités, ceux qui n’en ont jamais fait, c’est la gêne. Arriver à un endroit, se créer un personnage, se dire “je joue quelqu’un d’autre qui n’est pas moi”, souvent c’est se donner le petit go. […] C’est quand les gens réussissent à faire ce pas qu’ils se mettent à avoir du plaisir. »
Source : Monlimoilou (Monquartier) — Limoilou