Tramway : les arbres du boulevard René-Lévesque préoccupent aussi dans Saint-Sacrement

L’abattage à venir d’arbres de grande taille sur le boulevard René-Lévesque en vue de la construction du tramway préoccupe bien des gens à Québec. Les résidents du quartier Saint-Sacrement seront d’ailleurs aux premières loges, alors que plusieurs de ceux qui pourraient disparaître du paysage se trouvent dans leur secteur.

Ce sujet a d’ailleurs été au centre de quelques questions adressées mardi soir par les citoyens à Raymond Poirier, responsable des relations avec les citoyens pour le projet TramCité, mais aussi en charge de la foresterie urbaine sur le comité exécutif.

M. Poirier avait répondu positivement à l’invitation du conseil de quartier de Saint-Sacrement, afin d’offrir une mise à jour de l’évolution du projet.

Pourquoi abattre des arbres ?

D’entrée de jeu, Raymond Poirier rappelle que la coupe des arbres est une «solution de dernier recours».

«Ce qui est important de garder en tête, c’est vraiment qu’on est dans une approche de minimisation des coupes», indique le conseiller municipal de Limoilou.

Quand c’est possible, l’élagage, la transplantation ou la protection des arbres sont les options envisagées. Lorsque le choix de l’abattage est fait, cela peut se faire pour plusieurs raisons : présence d’un arbre directement sur le tracé d’une infrastructure, travaux touchant les racines ou nombre trop élevé de branches à couper.

«Si j’atteins trop le système racinaire ou si j’atteins trop de côtés de l’arbre, qui amènent à le déséquilibrer, je sais que les chances de survie sont de minces à nulles. Donc, ça va impliquer une coupe», illustre Raymond Poirier.

Dans d’autres cas, la prolifération de l’agrile du frêne ou la maladie hollandaise de l’orme conduisent aussi à faire le choix de couper des arbres malades.

«Dans les quelques 1 500 arbres qui étaient anticipés [pour l’abattage], il y avait 326 frênes qui étaient potentiellement atteints de la maladie de l’agrile du frêne qui risquaient d’être atteints. Dans le secteur du boulevard René-Lévesque, cet été, on a dû procéder à la coupe de 11 ormes, dont 6 qui étaient comptabilisés dans le total pour le tramway, qui étaient atteints par la maladie hollandaise de l’orme», ajoute M. Poirier.

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Il rappelle aussi qu’un code de couleur est utilisé pour indiquer les raisons de l’abattage d’un arbre. Lorsqu’une ligne rose est peinte à l’horizontale sur l’écorce, il s’agit spécifiquement d’un arbre à abattre en raison de l’aménagement du tramway, et non un arbre malade.

Quand retrouvera-t-on une canopée semblable?

Une citoyenne présente dans la salle a questionné l’élu de Limoilou pour savoir à quel moment les résidents pourront retrouver les effets positifs d’une canopée semblable à celle présente actuellement.

Celui-ci reconnaît que le boulevard René-Lévesque sera particulièrement touché, puisque de nouveaux arbres ne pourront pas être replantés tant que le chantier du tramway n’est pas complété.

«C’est certain que des secteurs vont avoir une perte de canopée avec les conséquences associées. Mais au fur et à mesure que les arbres vont grandir, l’objectif est que les quartiers traversés par le tramway aient un gain net en matière de canopée. Et donc qu’on ait plus de verdure, mais c’est sûr qu’on est dans une zone de 10, 15, 20, 25 ans selon la nature des arbres», évoque Raymond Poirier.

Il rappelle toutefois que la Ville de Québec maintient toujours l’objectif de planter 20 nouveaux arbres pour un arbre abattu, dans l’un des 18 quartiers se trouvant dans la zone d’influence du tramway. Au début juillet, la Ville indiquait que 21 943 des 30 000 arbres envisagés avaient déjà été replantés.

Le boulevard René-Lévesque Ouest, qui sépare ici les quartiers Saint-Sacrement du côté nord et Sillery du côté sud.
Crédit photo: Simon Bélanger

M. Poirier indique aussi qu’une plus grande variété d’essences sont sélectionnées, afin de ne pas se retrouver avec une maladie qui décime presque complètement une espèce, comme c’est le cas actuellement avec le frêne.

Sur 15 000 arbres plantés dans toute la ville en 2025, on retrouvait 75 essences différentes.

«C’est vraiment une réflexion stratégique du “bon arbre au bon endroit”, avec le plus possible de variété sur le plan des arbres, et en essayant, dans les secteurs où on sait qu’il y a des arbres à fort déploiement, de préconiser une plantation équivalente», précise l’élu.

L’emplacement exact des arbres à abattre demeure encore à préciser.

Lien routier temporaire

Jusqu’à maintenant, le principal chantier à avoir eu lieu dans le quartier Saint-Sacrement est la construction d’un lien temporaire de déplacement entre la rue Gérard-Morisset et l’avenue de Vimy.

Entrée du lien temporaire de déplacement depuis la rue Gérard-Morisset. Septembre 2026.
Crédit photo: Simon Bélanger

Lorsque le boulevard René-Lévesque fera l’objet de travaux trop importants, il sera en fonction, afin de permettre aux résidents de la rue Gérard-Morisset de se rendre sur le chemin Sainte-Foy.

«C’est un secteur qui est enclavé. Donc, ce lien temporaire était nécessaire», explique Catherine Vallières-Roland, conseillère municipale du district de Montcalm—Saint-Sacrement.

Entrée du lien temporaire de déplacement depuis l’avenue de Vimy. Septembre 2026.
Crédit photo: Simon Bélanger

Un lien distinct est aussi aménagé pour les piétons et les cyclistes, alors que cette nouvelle route d’appoint permettra aux véhicules de circuler juste à côté du parc Notre-Dame-de-Bellevue. Le lien routier sera fermé quand le boulevard René-Lévesque sera accessible. La date de début des travaux de plus grande envergure reste à confirmer.

Une rencontre d’information entourant les travaux touchant le secteur du quartier Saint-Sacrement devrait avoir lieu plus tard à l’automne.

Lien de déplacement pour cyclistes et piétons entre l’avenue de Vimy et la rue Gérard-Morisset.
Crédit photo: Simon Bélanger

Nouvelles règles sur la rue Gérard-Morisset

Par ailleurs, la circulation sur la rue Gérard-Morisset se fait maintenant uniquement à sens unique. Des changements à la réglementation entourant le stationnement seront aussi apportés à la suite d’une future réunion du conseil d’arrondissement de La Cité-Limoilou. Des consultations ont eu lieu au printemps, mais aucun consensus n’a émergé auprès des résidents du secteur.

La rue Gérard-Morisset, maintenant à sens unique.
Crédit photo: Simon Bélanger

Trois scénarios étaient proposés : statu quo (presque aucune réglementation), formule hybride (stationnement en partie réglementé et en partie non réglementé) et réglementation étendue dans tout le secteur. Les scénarios 1 et 3 ont obtenu respectivement 37% et 42%.

«Après analyse des résultats […], la Ville a identifié un meilleur compromis. C’est une formule hybride qui va davantage dans le sens du scénario réglementé, mais qui vient quand même introduire du stationnement non réglementé pour les différents besoins des personnes qui habitent, mais qui ne peuvent pas avoir de vignette», explique Mme Vallières-Roland.

Une résidente du secteur estime que la vitesse de circulation a augmenté depuis l’arrivée du sens unique sur la rue Gérard-Morisset. Pour la conseillère municipale, il faut toujours une période d’adaptation après de tels changements.

Cet article bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.

Source : Monmontcalm (Monquartier) — Montcalm/Saint-Sacrement

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