Dans Chimères, l’artiste et entrepreneur de Québec tisse une toile de rythmes électroniques entraînants et de paroles introspectives. L’EP de cinq morceaux est la première sortie musicale de THUAUD, mais possède déjà une identité distinctive. Monquartier a rencontré l’artiste quelques jours avant le lancement.
THUAUD, de son nom complet Vincent Thuaud, est un entrepreneur de la ville de Québec connu pour les restaurants Chez Tao ! et Julio Taqueria ainsi que le bar jjacques. Le 2 septembre, il mettra toutefois de côté ses assiettes et verres pour servir en primeur son premier EP Chimères au Parking Radio, avant sa parution le 4 septembre.
Chimères compte cinq pistes : Masque, Sous contrôle, Fantôme (přestávka), Chimères et Sans Soleil. THUAUD a révélé les deux premiers titres Masque et Sous contrôle plus tôt ce printemps, tout comme leurs clips vidéo. Le projet a des sonorités synthpop assumées accompagnées de textes à la fois sombres et poétiques.
« C’est de la musique up-beat, qui bouge, mais c’est aussi introspectif, mélancolique, personnel ou sinon […] un peu fantastique, intemporel ou sci-fi. […] Ça met une espèce de voile qui me permet de me lâcher plus. »
Le résident de Saint-Roch explore ses « démons », passés et actuels, comme la solitude ou les pulsions autodestructrices. Malgré les thèmes sombres, les paroles rappées ou chantées s’intègrent tout naturellement aux sonorités électroniques dansantes grâce à des effets vocaux robotiques.
L’artiste a choisi le titre de l’EP en raison de la connotation à la fois monstrueuse et énigmatique de la chimère, mais également pour sa phonétique agréable, confie-t-il. Pour ce qui est du nom d’artiste, THUAUD aimait l’idée de prendre son nom de famille en majuscule pour représenter un univers « à la fois personnel, mais aussi un peu extrapolé ».
Se lancer
La musique n’est pas une nouvelle passion pour Vincent Thuaud. Enfant, il danse sur les chansons québécoises préférées de sa mère. Son père, de son côté, est musicien. À 12 ans, il joue de la basse, puis intègre des groupes de métal dans les années suivantes.
Finalement, l’entrepreneur n’a pas poursuivi professionnellement cette passion, mais cette dernière l’a toujours accompagnée. Un peu avant la pandémie de COVID-19, alors qu’il avait toujours fait partie de groupes auparavant, il commence à composer en solo.
« J’ai passé trois ans à [explorer]. J’ai commencé avec des samples. Puis je me suis dit : “Je suis capable de jouer des instruments. Pourquoi ne pas retourner là-dessus ?” J’ai arrêté tous les samples. Je composais tout. Puis maintenant, je n’ai pas de règles », raconte Thuaud.
La création de ce premier EP n’est pas venue facilement, chaque chanson lui semblant insuffisamment aboutie. « J’ai toujours aimé ça pouvoir partager avec les gens, puis être fier de mes réalisations, de le faire bien. Je me disais “dans un an, je vais sortir un album”, mais j’ai réalisé que ce n’est pas comme un business. […] Ça va arriver si ça doit arriver », explique-t-il.
De ce fait, plusieurs pistes, de styles très différents, ont pris la poussière, comme Chimères, la chanson éponyme de l’EP. Finalement, le musicien Antoine Boily-Duguay a joué un rôle crucial dans la réalisation de l’EP, filtrant les pistes intéressantes et modifiant plusieurs compositions.
THUAUD explique vivre cet EP comme le début d’une pratique plus libérée.
« Je voulais installer un monde, avoir un peu de vidéo, pas juste une chanson, avoir plus un univers. Puis après ça, ça va être plus spontané. Je vais y aller avec un single et une vidéo à la fois. »
Allier restauration et musique
« Oui, j’ai l’étiquette des bars et des restos. En même temps, j’ai toujours fait des projets un peu plus sensibles où l’ambiance était quand même importante, que ce soit l’éclairage ou la musique qui joue. Je pense que les gens qui ont visité les lieux ou qui me connaissent un peu savent que j’ai cette sensibilité. »
Chimères et THUAUD ne sortent donc pas de nulle part pour ceux qui le connaissent. C’est le soutien de ces personnes qu’il recherche surtout puisqu’il est conscient qu’il ne pourra pas satisfaire tout le monde avec cet EP. D’ailleurs, cette réalité lui apporte un certain équilibre avec l’univers de la restauration.
« Quand je vais travailler au restaurant, je suis là, je suis attentionné. Le monde est content et je sais tout de suite si ça marche. Tandis que, quand je fais de la musique, c’est chez nous. […] Il faut que je lâche prise. »
Pour l’instant, THUAUD est satisfait de pouvoir concilier les deux. Toutefois, il est prêt à se laisser porter par les possibilités et à faire plus de musique et moins de restauration s’il rencontre du succès.
Dans les prochains mois, il espère donner des spectacles et participer à des festivals pour rencontrer des gens et se faire connaître. Il anticipe l’effet qu’aura sa musique en direct, lui qui n’a encore jamais chanté devant public. Ce 2 septembre, il interprétera plusieurs titres de l’EP ainsi que certains morceaux exclusifs, de quoi donner l’eau à la bouche pour la suite.