Terminal de conteneurs : le processus d’évaluation des impacts est lancé

Le processus d’évaluation et d’atténuation des impacts (PEAI) débute aujourd’hui pour le projet de terminal international de conteneurs de QSL dans le secteur de la baie de Beauport. Les citoyens peuvent partager leurs préoccupations, notamment sur le camionnage et le transport ferroviaire. Des consultations auront lieu les 14 et 15 octobre. Le processus durera au minimum un an avant la décision finale des autorités portuaires.

QSL a déposé aujourd’hui son avis de projet, qui requiert une évaluation de niveau 2.

Trois scénarios sont possibles au terme du processus : autoriser le projet avec des mesures d’atténuation, l’autoriser avec des conditions supplémentaires ou ne pas l’autoriser.

Par le passé, aucun projet de niveau 2 soumis à ce processus n’a été refusé, selon Philippe Charest-Gélinas, directeur de l’Environnement du Port de Québec. Certains projets ont toutefois été modifiés ou assortis de conditions supplémentaires.

La décision finale relève de l’Administration portuaire, qui s’appuiera sur des données scientifiques et les avis des experts mandatés.

« La décision administrative sera prise à la lumière des données scientifiques recueillies et des avis des experts scientifiques mandatés dans le cadre de l’évaluation », explique M. Charest-Gélinas.

Le Port de Québec ne possède pas toutes les expertises nécessaires à l’interne et fera donc appel à des experts indépendants au besoin. QSL devra pour sa part réaliser les études environnementales requises avec des firmes indépendantes.

Consultations publiques

L’Administration portuaire invite les citoyens à consulter les résultats de l’évaluation et à commenter les mesures d’atténuation proposées sur la plateforme Je participe.

Des consultations publiques se tiendront en personne les 14 et 15 octobre. Des consultations auprès des Premières Nations sont également requises dans le cadre du processus.

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Transport ferroviaire et camionnage

QSL prévoit commencer ses activités en 2029 avec un volume de 40 000 EVP (équivalents vingt pieds), qui pourrait atteindre 200 000 EVP en 2035.

L’entreprise projette de transporter 80 % des conteneurs par train et 20 % par camion. Le terminal serait desservi par trois à quatre trains par semaine, d’environ 10 000 pieds chacun, avec des conteneurs empilés sur deux niveaux.

Les représentants de QSL ont présenté une vidéo du projet envisagé à la baie de Beauport.
Crédit photo: Thomas Verret

Projet stratégique pour le commerce maritime

Le terminal de conteneurs prendrait place sur des terrains actuellement utilisés par QSL pour des activités de transbordement de vrac. Le projet ne nécessite pas de nouveau quai ni de travaux en milieu marin.

L’entreprise met de l’avant la profondeur de 15 mètres du Port de Québec, son accès au réseau ferroviaire et sa connexion au réseau autoroutier.

Un tel aménagement permettrait à certains navires de décharger une partie de leurs conteneurs à Québec avant de poursuivre leur route vers Montréal. Au retour, des conteneurs pourraient être chargés à Québec avant que les navires reprennent la direction de l’Atlantique.

QSL fait ainsi valoir que le terminal de conteneurs est complémentaire aux activités du Port de Montréal.

« Ces atouts-là nous permettent aujourd’hui de répondre à une situation que nous connaissons tous, c’est-à-dire la situation géopolitique, mais également de renforcer la résilience de nos chaînes d’approvisionnement », souligne Marie B. Deschamps, directrice principale, Communications et reddition de comptes chez QSL.

Le projet entraînerait l’ajout de 61,5 camions par jour, soit 123 déplacements quotidiens en comptant les allers-retours, d’après QSL.

La circulation sur le boulevard Henri-Bourassa figure parmi les principales préoccupations citoyennes.

« On va sensibiliser les camionneurs à utiliser et emprunter davantage sur le boulevard Félix-Leclerc de manière à éviter Henri-Bourassa », soutient Mme Deschamps.

QSL souhaite travailler avec la Ville de Québec et les autorités concernées sur la circulation des camions. L’entreprise ne précise toutefois pas les mesures possibles pour favoriser certains trajets.

Marie B. Deschamps avance que le projet, dans sa forme actuelle, « est conciliable » avec la transformation de Dufferin-Montmorency en boulevard urbain.

Une étude de modélisation de la circulation doit également permettre d’identifier les enjeux et de déterminer, au besoin, les mesures d’atténuation à mettre en place.

« Ça aussi, ça va nous permettre d’identifier les enjeux et éventuellement d’arriver avec des mesures d’atténuation », indique Mme Deschamps.

Qualité de l’air

QSL entend également réaliser une étude de dispersion atmosphérique afin d’analyser les effets appréhendés du projet sur la qualité de l’air.

Parmi les évaluations prévues pour analyser les effets sur l’environnement, notons aussi une étude sur le climat sonore.

Un processus d’au moins un an

Le délai s’explique par les différentes études, analyses, consultations et expertises à réaliser avant que l’Administration portuaire de Québec rende sa décision.

L’Administration portuaire prévoit environ 110 jours ouvrables pour analyser le dossier. Ce délai n’inclut pas le temps requis par QSL pour réaliser les études et fournir les informations demandées.

Dans sa Mise à jour économique du printemps dernier, le gouvernement fédéral a prévu 23 millions de dollars sur six ans pour que l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) fournisse des services au Port de Québec. Cette somme doit permettre d’assurer le contrôle et l’inspection des conteneurs internationaux.

Le projet représente 145 millions de dollars d’investissements privés.

Source : Monlimoilou (Monquartier) — Limoilou

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