Le candidat du Parti québécois (PQ) dans Taschereau, Christian Savard, fait de l’habitation et de l’itinérance ses priorités. Il entend porter ces dossiers à l’Assemblée nationale s’il est élu le 5 octobre.
Rencontré chez Ma Station Café au lendemain d’une activité de porte-à-porte, l’ancien directeur général de l’organisme Vivre en Ville explique s’être placé dans une posture d’écoute.
« Il y a déjà des gens qui m’ont dit : “J’ai voté pour la CAQ la dernière fois, mais ils ne m’auront pas cette fois-ci.” Ça, c’est quelque chose qu’on entend beaucoup. L’autre chose que j’ai beaucoup entendue, ce sont les questions de loyer et d’habitation », affirme Christian Savard.
Ce dernier a notamment rencontré des personnes âgées « prises à la gorge dans cette crise de l’habitation ».
« Et je dirais qu’il faut faire quelque chose pour l’itinérance », ajoute-t-il.
Le logement au cœur de ses priorités
Le Parti québécois doit dévoiler prochainement sa plateforme en habitation, qui mettra l’accent sur le logement social et communautaire.
« C’est clair qu’on est d’accord avec le principe que le parc de logements soit, à terme, 20 % hors de la spéculation », souligne le candidat péquiste.
Celui-ci souhaite que les logements créés répondent d’abord aux besoins des clientèles les plus vulnérables, au premier chef les personnes itinérantes : « Il faut vraiment concentrer le tir là-dessus et sur la protection des droits des locataires ».
Selon lui, « il y a un vrai problème » à régler lorsque des propriétaires augmentent drastiquement le coût du loyer alors que la personne est chez elle.
« La CAQ se ferme les yeux sur la crise de l’habitation depuis huit ans », dénonce M. Savard.
Le candidat du PQ déplore que les logements intermédiaires du Programme d’habitation abordable Québec (PHAQ) soient « plus souvent qu’autrement inabordables » : « on parle de plus de 2 000 $ par mois pour des logements de deux ou trois chambres », regrette-t-il.
À ses yeux, il faut travailler sur tous les fronts pour améliorer l’offre en habitation.
« Si on peut mettre le privé dans la partie de la solution, moi, je n’ai pas de fermeture idéologique là-dessus. Par contre, il faut vraiment prioriser le logement communautaire et social », précise le résident du quartier Saint-Sacrement.
M. Savard soutient que « la clé de voûte est de donner plus de marge de manœuvre à la fonction publique pour faire les bons choix » et plus de moyens aux acteurs qui œuvrent dans le domaine du logement social et communautaire, dont la Société d’habitation du Québec (SHQ).
« Quand c’est le temps de sortir des centaines de millions pour (le projet d’usines à batteries de) Northvolt, il n’y a pas eu de problème bureaucratique. Il faut que ça aille aussi vite, mais pour aider la population du Québec, particulièrement les gens de Taschereau qui sont affectés par la crise du logement et par la crise de l’itinérance. »
L’itinérance, « la priorité sociale »
Dans son plan dédié à cet enjeu, le Parti québécois se fixe comme objectif de réduire de 50 % le nombre de personnes en situation d’itinérance d’ici 2030.
« Des personnes qui dorment dans la rue, on ne doit pas accepter ça comme société », estime M. Savard.
Il plaide pour que l’État québécois donne plus de ressources financières, de marge de manœuvre et de prévisibilité aux travailleurs qui sont sur le terrain, en première ligne.
« La première ligne, ce sont les intervenants sociaux qui aident les personnes à se sortir de la rue. Mais à terme, il faut un continuum au niveau de l’habitation », insiste le candidat péquiste.
Il donne comme inspiration le modèle de la Finlande basé sur le « logement d’abord » (Housing First) : « Avoir un toit sur la tête, c’est la base de tout dans la vie », dit-il.
Pour lui, les gens ont un « grand cœur » et le Québec est capable de trouver des solutions pour s’attaquer efficacement à la crise de l’itinérance, « mais le prochain gouvernement va devoir prendre le taureau par les cornes ».
« C’est ça qui est triste de la situation actuelle. Ça prend une journée à une personne pour se retrouver dans la rue, mais ça prend des semaines, des mois, voire des années pour arriver à en sortir. Donc, il faut mettre fin à l’hémorragie. »
« Il faut ramener Taschereau au gouvernement »
Christian Savard reconnaît qu’il y a de la qualité parmi les cinq candidats en lice dans Taschereau.
« Mais c’est le temps de ramener Taschereau au gouvernement », lance-t-il.
Même s’il respecte beaucoup le travail du député sortant, Étienne Grandmont, « le bilan n’est pas bon », d’après lui.
« Ça ne fonctionne pas. Ils (les élus de Québec solidaire) ne réussissent pas à se faire entendre. C’est le temps que Taschereau se fasse entendre à l’intérieur du Parlement. Et moi, personnellement, c’est pour ça que je me présente pour le Parti québécois (…) parce qu’on ne peut pas seulement parler avec sa gang, avec les gens avec qui on s’entend bien à 100 %. Il faut travailler avec tout le monde », conclut Christian Savard.
Source : Monmontcalm (Monquartier) — Montcalm/Saint-Sacrement