Symphonie d’anniversaire : l’OSQ conquiert, pour une deuxième année, la Place Jean-Béliveau

La Place Jean-Béliveau était pleine à craquer vendredi soir pour accueillir le désormais traditionnel concert estival de l’Orchestre symphonique de Québec, présenté dans le cadre des célébrations de l’anniversaire de la Ville de Québec.

Pendant près de 90 minutes, les quelque 70 musiciens dirigés par le maestro Clemens Schuldt ont offert un programme accessible, où les grands classiques côtoyaient les musiques de films les plus populaires.

De retour sur cette même scène pour une deuxième année consécutive, le chef d’orchestre allemand a une fois de plus démontré pourquoi il est si apprécié du public de Québec. Dynamique, rafraîchissant et attachant, Schuldt dirige avec une énergie communicative, qui se transmet autant aux musiciens qu’aux spectateurs.

Une soirée où le silence parlait

Dès les premières notes de l’Ouverture de Guillaume Tell de Rossini, une ambiance très solennelle s’est installée sur le site. Le public, captif, n’osait presque plus parler tant toute l’attention était tournée vers la scène. Sous un ciel magnifique, les conditions étaient réunies pour laisser toute la place à la musique.

La nouveauté cette année, l’utilisation de l’écran géant installé sur la façade du Centre Vidéotron, s’est avérée un ajout fort apprécié. Il permettait de voir les musiciens en action, d’observer les échanges entre les différentes sections de l’orchestre et de suivre les mouvements du maestro avec beaucoup plus de proximité.

Le programme alternait entre des œuvres moins connues de nom et des mélodies que tout le monde connaît. Les Danses hongroises nos 1 et 5 de Johannes Brahms en sont le parfait exemple. D’une beauté lyrique qui rappelle les grands films, ces œuvres calment, emportent et rappellent qu’en musique symphonique, il ne faut parfois qu’une seule chose : deux oreilles attentives.

Si quelques pièces étaient davantage destinées aux mélomanes, on peut dire sans se tromper que le commun des mortels s’y connaît davantage en musique classique qu’on pourrait le croire.  Et ça, le maestro Clemens Schuldt l’a bien saisi. Si, à première vue, des titres comme Le Conte d’Hoffmann, Orphée aux enfers ou encore La Danse du sabre ne disent rien, dès que les premières notes résonnent, le réflexe est toujours le même : « Ah, mais je la connais, celle-là! »

 

Le chef d’orchestre de l’Orchestre symphonique de Québec, Clemens Schuldt a dirigé d’une main de maître ses 70 musiciens pour une deuxième année consécutive.
Crédit photo: Christophe Gagnon-Fortin

Symphonie hollywoodienne

Le répertoire faisait aussi une large place à la musique de film, démontrant une fois de plus que la symphonie n’est pas réservée à une clientèle de niche.

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Les thèmes de Pirates des Caraïbes et d’E.T., l’extra-terrestre, présenté en clôture du concert, ont rappelé toute la richesse des grandes trames sonores hollywoodiennes.

Le moment fort demeure toutefois le passage réservé à Harry Potter à l’école des sorciers. Sans faire de mauvais jeu de mots, c’est une ambiance magique qui s’est installée sur la Place Jean-Béliveau dès les premières notes de cette mélodie ultra connue du maître mélodiste d’Hollywood, John Williams.

Pendant quelques minutes, le public avait davantage l’impression d’assister à la projection d’un grand film qu’à un concert en plein air.

Au milieu de cette impressionnante mécanique, un incident impliquant le premier violon est même passé complètement inaperçu, sauf aux yeux du chef d’orchestre, qui l’a lui-même souligné. Une démonstration éloquente du professionnalisme des musiciens et de la capacité de l’orchestre à poursuivre sa prestation sans jamais perdre le fil.

Scène où se produisait les musiciens de l’Orchestre symphonique de Québec.
Crédit photo: Christophe Gagnon-Fortin

Gens de Québec, c’est votre tour

Si l’an dernier Clemens Schuldt avait conclu son spectacle avec un medley consacré à Félix Leclerc, le chef d’orchestre d’origine allemande a une fois de plus démontré qu’il s’est bien approprié le patrimoine culturel québécois.

Cette année, c’est Gilles Vigneault qui était à l’honneur grâce à un medley de ses chansons. Et puisque le concert était présenté dans le cadre des célébrations de l’anniversaire de la Ville de Québec, il était tout naturel d’entendre une version symphonique retravaillée de Gens du pays.

Au terme de la soirée complètement variée en style et en élégance, on constate qu’il ne semble pas y avoir de défi trop grand pour Clemens Schuldt et son orchestre. Qu’il dirige Rossini, Brahms, Offenbach ou John Williams, le maestro réussit à faire vivre chaque œuvre avec la même intensité.

Source : Monlimoilou (Monquartier) — Limoilou

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