SABSA consolide sa structure en devenant une clinique IPS

La coopérative de solidarité SABSA, qui offre des soins de santé à une clientèle vulnérable dans le quartier Saint-Roch, est désormais reconnue comme une clinique publique d’infirmières praticiennes spécialisées (IPS). Il s’agit du premier OBNL au Québec à obtenir ce statut.

Cette reconnaissance permettra à l’organisme d’accéder à un financement plus stable pour la poursuite de ses activités.

« Le cadre IPS vient vraiment consolider notre modèle de clinique et assurer la pérennité […] On va être capables d’avoir un avenir et une relève éventuelle », explique Emmanuelle Lapointe, directrice de la Fondation SABSA.

Jusqu’à présent, c’est la fondation qui permettait de soutenir la clinique, mais la pression commençait à devenir trop forte pour en assurer la pérennité, confie-t-elle.

Venir en aide à une clientèle marginalisée

Fondée en 2011, la clinique située sur la rue de la Couronne se veut le centre de la mission de SABSA. Une équipe d’une quarantaine de personnes, dont des infirmières praticiennes spécialisées, des infirmières cliniciennes ou encore des intervenants psychosociaux, accueille chaque jour des personnes marginalisées pour qui l’accès au système de santé traditionnel est plus difficile.

En 2025, ce sont 1 118 patients, dont 481 nouveaux, qui se sont présentés à la clinique pour un total de 5 300 consultations, indique Marie-Michelle Chartier, responsable des communications pour la coopérative SABSA.

La coopérative offre à sa clientèle un large éventail de soins de première ligne, notamment le traitement contre l’hépatite C, le VIH et d’autres ITSS, en plus de faire le suivi pour différents problèmes de santé chroniques. L’organisme œuvre également en prévention des surdoses.

Au fil du temps, deux nouveaux volets se sont ajoutés à la mission de l’organisme, soit le centre d’injection supervisée l’Interzone, ouvert en 2021 sur la rue Saint-Vallier Est, et la clinique mobile.

Un accompagnement à long terme

L’accompagnement a toujours été basé sur une approche pragmatique et humaniste, rappelle Marie-Michelle Chartier. La clientèle visée comprend par exemple des personnes aux prises avec des problèmes de consommation ou encore des gens qui n’auraient pas accès à Internet pour planifier des rendez-vous médicaux. Les équipes de SABSA agissent souvent comme pont entre leur clientèle, d’autres ressources communautaires et le réseau public de santé.

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« On vise à établir des relations significatives avec les gens pour les aider à plus long terme. Ce ne sont pas des problématiques qu’on peut régler en deux mois », précise Emmanuelle Lapointe.

Il s’agit généralement de situations complexes qui exigent du temps et de la stabilité dans les équipes.

Cette dernière observe également que les besoins sur le terrain sont grandissants. Elle dit remarquer une baisse de la moyenne d’âge des personnes qui fréquentent la clinique, en indiquant que la proportion des personnes de 25 ans et moins qui commencent à consommer augmente.

Une approche à intégrer au réseau de santé

L’organisme accueille fréquemment des stagiaires afin de les sensibiliser à l’approche développée et les aider à mieux comprendre comment travailler avec une clientèle plus vulnérable. Une initiative qui « fait des petits », souligne Emmanuelle Lapointe en faisant référence aux connaissances transmises peu à peu dans le réseau.

Source : Monsaintroch (Monquartier) — Saint-Roch

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