Réfléchir au soin comme patrimoine, un Réfectoire à la fois

« Comment les gestes de soin, d’entraide et de solidarité traversent-ils le temps ? » Voilà la question que Folie/Culture et le Monastère des Augustines souhaitent explorer dans les prochains mois lors d’une série d’ateliers créatifs nommée Réfectoire.

« Le titre vient du verbe à l’origine du mot réfectoire, refectorium, qui parle de restauration : se restaurer, se ressourcer. Puis, il y a la symbolique du lieu du réfectoire. Dans les communautés religieuses, les sœurs prenaient leur repas toutes ensemble. Souvent, c’était en silence avec une lecture de prière, donc vraiment un moment pour se ressourcer », explique Myriam Le Lan, coordonnatrice à la programmation de Folie/Culture.

Réfectoire se divise en trois événements répartis durant les mois d’août, septembre et octobre. Chaque atelier explore le soin, notamment du point de vue des proches aidants, mais toujours en mélangeant la mission en santé mentale de Folie/Culture et l’héritage patrimonial des Augustines.

Échanger est le premier atelier. Cette table ronde aura lieu le 29 août au Monastère des Augustines, comme tous les autres rendez-vous. Elle rassemblera plusieurs intervenants issus de milieux variés.

Le 25 septembre, ce sera au tour de l’activité Contempler de rassembler autour du soin. Le public sera invité à visionner plusieurs courts-métrages aux tons, durées et origines variées, puis à visiter l’exposition Résonances. Entre elles et nous du Monastère des Augustines.

L’exposition Résonances. Entre elles et nous.
Crédit photo: Thomas Verret

Enfin, Réfectoire se conclura avec l’activité Créer, un atelier d’écriture qui se tiendra le 10 octobre. Ce sera la dernière occasion pour profiter du lieu « apaisant » qu’est le Monastère des Augustines, une réelle force de ces événements, selon la coordonnatrice.

Collaborer pour mieux (se) soigner

« Il y a un programme de financement à la Ville de Québec qui est de mise en valeur du patrimoine par les arts. [Chez Folie/Culture], on a vu ce programme-là, ça nous intéressait, puis on s’est questionnés à savoir quel patrimoine on a envie de mettre en valeur, étant donné que notre expertise se trouve plus dans la programmation artistique. »

L’idée du Monastère des Augustines a fait son chemin chez l’organisme. Plutôt que de préparer le projet au complet avant de le présenter, Folie/Culture a décidé d’approcher dès le début le Monastère pour construire le projet Réfectoire en collaboration avec son équipe et ainsi intégrer les connaissances de chacun.

Le patrimoine intangible des Augustines s’est donc imposé dans le projet à travers leur mission de soin envers les malades et les démunis, mais aussi leur vie communautaire. Réfectoire souhaite aller au-delà de l’institution religieuse et parler des humains derrière.

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« Pour accomplir cette mission, elles avaient besoin de leur communauté de sœurs. Elles avaient besoin de prendre soin d’elles, entre elles, pour pouvoir prendre soin de la communauté. Puis c’est vraiment ça qu’on voulait mettre en valeur », révèle Myriam Le Lan.

Toutefois, il n’était pas question de seulement parler du passé. De nos jours, le Monastère des Augustines « apporte beaucoup de soutien aux proches aidants », souligne-t-elle. Les ateliers vont donc permettre de faire le pont entre les pratiques de soin passées et actuelles.

L’universalité du soin

Les trois activités sont gratuites et nécessitent seulement une inscription en ligne. « Ce sont des sujets de société, des réflexions qui sont intéressantes à avoir pour tout le monde, c’est bien quand on est capable de permettre à tout le monde d’y accéder », explique Myriam Le Lan.

Réfectoire se veut accessible à tous les publics. Un participant peut dessiner lors de l’atelier d’écriture, par exemple. La table ronde sur les proches aidants peut intéresser un public large « parce qu’il est question de comment on utilise l’art, la culture pour se ressourcer », souligne-t-elle.

Le participant peut réaliser seulement l’une des trois activités, sans manquer de clés de compréhension, mais peut aussi réaliser les trois, sans que celles-ci se répètent. Puisque chacune aborde les thèmes d’une manière différente, des idées et réflexions nouvelles peuvent voir le jour de mois en mois.

« Pour le public général, je pense que mon souhait à l’issue de ce projet c’est juste d’ouvrir une réflexion, une discussion sur justement comment on prend soin de nous-mêmes puis comment est-ce que ça se répercute après dans la communauté », conclut la coordonnatrice à la programmation.

Source : Monsaintroch (Monquartier) — Saint-Roch

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