Rassemblement contre l’expulsion d’une mère et de son fils à Limoilou

Ce matin, parents, enseignants et enfants de l’école Saint-Fidèle ainsi que des résidents de Limoilou se sont rassemblés devant l’église Saint-Fidèle-de-Sigmaringen. Cette mobilisation avait pour but de dénoncer l’expulsion du pays d’une mère et de son fils qui risquent leur vie dans leur pays d’origine, la République du Congo.

« Ce qu’on veut leur dire, c’est qu’on les aime, c’est qu’on est solidaires et qu’on ne veut pas que ni elle ni son fils quittent ce milieu-là qui est leur milieu », a déclaré, devant la centaine de personnes rassemblées, Emilie Bevan, l’initiatrice de la mobilisation.

Les mères qui ont organisé cette mobilisation demandent l’arrêt immédiat de cette expulsion et la régularisation du statut de la mère et du fils pour assurer leur protection.

Caroline Boudreau, mère d’un enfant de l’école et ancienne travailleuse au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, a lié l’événement aux élections actuelles. Selon elle, pour les réfugiés, la démocratie n’est pas synonyme d’élections, mais plutôt d’accès à « l’école, la sécurité, la paix », des choses que Limoilou peut leur offrir.

Les enfants, présents en grand nombre, se sont également exprimés en accrochant une banderole « Non à l’expulsion » sur la grille de l’école. Marianne V. Tessier, élève en quatrième année, a également pris la parole.

« Dans le film de La guerre des tuques, que j’aime beaucoup, on dit : “la guerre, la guerre, ce n’est pas une raison pour se faire mal”. Moi, j’aimerais dire les règles, les règles, ce n’est pas une raison pour faire mal aux autres », a-t-elle conclu lors de son discours.

Marianne V. Tessier est aussi représentante sortante du conseil de vie des élèves.
Crédit photo: Élisa Marchildon

Les mères ont encouragé la foule présente à contribuer à la campagne de sociofinancement. Cette dernière a aujourd’hui atteint 8000 $ et vise à soutenir la petite famille pour les frais d’avocats et les frais administratifs.

Les deux intéressés se sont quant à eux fait très discrets, la mère faisant une brève apparition à la fin de la mobilisation.

« Incompréhension »

« Nous refusons qu’on traite les êtres humains comme de simples dossiers papier », a résumé Vicky Bordeleau, également mère d’un enfant de l’école Saint-Fidèle. Elle était particulièrement émotive lors de la mobilisation, tout comme son fils.

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« Mon garçon était dans la classe avec le petit garçon qui est menacé d’expulsion. C’est son ami. Ça fait trois jours que c’est difficile à la maison pour lui. Il n’a pas envie qu’il parte. Ça lui fait de la peine », raconte-t-elle.

Elle ajoute avoir de la difficulté à lui expliquer la situation, « incompréhensible » pour un jeune de son âge. C’est un défi auquel plusieurs parents font face.

Catherine Gingras, Vicky Bordeleau, Camille Simard, Emilie Bevan, Caroline Boudreau et Marie-Ève Leblanc sont les mères de l’école Saint-Fidèle qui ont organisé la mobilisation.
Crédit photo: Élisa Marchildon

Catherine Gingras, une autre mère, mentionne que l’approche change selon l’âge de l’enfant, mais que de « manière générale, on dit que tout le monde peut faire des erreurs. Les enfants en font, nous en faisons en tant qu’adultes. Nous, on a l’impression qu’en ce moment, le gouvernement fait une erreur ».

Toutefois, même chez les adultes, l’incompréhension règne. Caroline Boudreau avoue ne pas comprendre comment un cas comme celui-ci a été rejeté, compte tenu du nombre d’éléments qui prouvent que leur vie est en danger au Congo.

Moins de 10 jours

La mère et son fils sont arrivés il y a trois ans comme demandeurs d’asile. La petite famille a fui le Congo à la suite de la disparition du père qui était employé d’un cabinet de ministre. Cet été, des membres de leur famille ont été torturés en raison de leurs liens familiaux avec le père de l’enfant, a rapporté Le Journal de Québec.

Leur demande d’asile a été refusée une première fois, puis une seconde lorsqu’elle a été portée en appel. À la fin du mois d’août, ils ont appris qu’ils devaient quitter le pays pour le 26 septembre.

La mère et le fils sont présentement dans l’attente, leur avocate ayant « contesté en Cour fédérale le refus de sa demande d’asile et déposé à l’Agence des services frontaliers du Canada une demande de sursis administratif au renvoi », selon Le Devoir.

Plusieurs mères présentes à la mobilisation ont souligné la place que la famille a dans la communauté de Limoilou et de Saint-Fidèle, le garçon ayant fréquenté plusieurs de leurs enfants à l’école.

Les candidats au rendez-vous

La mobilisation a également interpellé plusieurs candidats aux élections provinciales. Le député sortant de Jean-Lesage, Sol Zanetti, était présent et a dénoncé les politiques derrière cette expulsion, tout en soulignant la solidarité démontrée lors de l’événement.

« C’est beau de voir ça, mais là il faut que ce message politique soit entendu. C’est fini les politiques d’immigration qui sont restrictives au point de créer des tragédies comme ça. »

Le candidat solidaire Sol Zanetti à la mobilisation.
Crédit photo: Élisa Marchildon

Le candidat du Parti québécois, Claude Villeneuve, a mentionné la place évidente de cette famille dans Limoilou. Il a aussi souligné la participation des enfants à la mobilisation alors que ces derniers vivent déjà « des bouleversements » en raison de leur relocalisation due au mauvais état de l’école.

Gertrude Bourdon, candidate libérale, a dit ressentir « tristesse [et] indignation », surtout considérant que la famille est au Québec depuis trois ans. Elle a mis l’accent sur la solidarité de la communauté de Jean-Lesage, l’une des grandes forces de la circonscription, selon elle.

Source : Monlimoilou (Monquartier) — Limoilou

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