La Ville annonce officiellement que, de 2021 à 2025, elle a planté 21 943 des 30 000 arbres prévus en lien avec la construction du tramway. Ces efforts font partie de l’opération « 20 pour 1 », visant à planter 20 arbres pour chacun des 1500 abattus dans le cadre des travaux.
Les médias ont été conviés à la mise en terre d’un de ces arbres jeudi matin dans le quartier Saint-Sauveur, sur la rue Saint-Vallier Ouest, dans une portion nouvellement réaménagée. La Ville a sélectionné l’endroit pour prouver la nécessité d’« être créatif dans l’aménagement […] pour réaliser ces actions de plantation », explique Raymond Poirier, responsable de la foresterie urbaine et des relations avec les citoyens pour le projet TramCité.
Selon ce dernier, les directions prises par l’administration Marchand, entre autres en raison du tramway, ont contribué au verdissement actuel de la rue. Il suppose que des réfections et plantations auraient eu lieu éventuellement dans le secteur, mais pas nécessairement avec l’amplitude actuelle de 200 arbres et 45 000 végétaux.
Ces efforts ont débuté en 2021, avec comme objectif de « minimiser les périodes où il y aura peut-être un peu moins d’arbres » et les effets négatifs de leur coupe, affirme M. Poirier.
En effet, plusieurs des 1500 arbres que la Ville coupe contribuent à la canopée et capturent du CO2.
Ainsi, selon le conseiller municipal du district de Limoilou, les arbres plantés au début du processus commencent déjà à avoir des retombées positives.
Cela prend entre 5 et 10 ans pour que ceux-ci produisent « un effet important » au niveau de l’ombrage, explique-t-il. Avec 20 000 arbres plantés 7 ans avant la date présumée de fin des travaux, Québec s’attend également à dépasser les 30 000 originellement prévus.
Planter là où c’est possible
Les plus de 20 000 arbres sont plantés dans 18 quartiers de la ville situés dans 5 arrondissements, soit La Cité-Limoilou, des Rivières, Sainte-Foy一Sillery一Cap-Rouge, Charlesbourg et Beauport.
Le choix de planter dans le quartier du Vieux-Moulin à Beauport, plus éloigné du trajet du tramway, vient du fait qu’il est à proximité de l’arrivée initiale du projet et que le secteur a un besoin important de verdissement.

Crédit photo: Élisa Marchildon
« Je pense qu’il ne faut pas se limiter à certains secteurs, donc il faut élargir peut-être un peu le spectre pour aller chercher le 20 pour 1. Mais évidemment, on est vraiment dans une logique, dans un défi et dans une nécessité d’aller faire un maximum de compensation dans les quartiers, dans la zone d’influence directe du projet », a mentionné Raymond Poirier.
La difficulté vient entre autres du fait que de nombreuses zones de plantation sont privées. « Il y a 75 % des opportunités de plantation […] dans la zone d’influence du tramway qui relèvent de l’institutionnel, qui relèvent du résidentiel, qui relèvent de l’industriel. »
Pour le conseiller municipal, cette plantation devant les médias est « un appel à la collaboration ». Il rappelle que les individus peuvent contacter le Collectif Canopée, qui reçoit du financement pour planter des arbres.
Les citoyens peuvent également appeler la Ville lorsqu’il s’agit « d’un terrain qui est privé, mais à l’intérieur de l’emprise Ville », comme il existe souvent devant les logements.
Réimaginer la forêt urbaine
Ces nouvelles plantations sont l’occasion pour la Ville d’appliquer des pratiques en matière de forêt urbaine plus durables qu’il y a quelques dizaines d’années. Cela passe notamment par une plus grande diversité d’espèces, 75 variétés d’arbres pour être exact.
M. Poirier explique qu’il « y a vraiment une volonté, oui, sur le plan de la biodiversité, mais aussi quant aux choix des espèces pour aller maximiser le potentiel de canopée qu’on peut aller chercher en fonction du lieu où on plante. Donc, on est vraiment dans une logique du bon arbre au bon endroit ».
Le choix des arbres est limité notamment par la place disponible. Une plante plus jeune est parfois nécessaire pour lui permettre de développer son réseau racinaire. De plus, il faut mettre certaines espèces de côté.
C’est le cas du frêne, qui est particulièrement à risque en raison de l’agrile du frêne. Parmi les 1500 arbres qui sont et seront abattus, la Ville estime qu’il y a environ 300 frênes.

Crédit photo: Élisa Marchildon
Pour assurer la longévité des milliers d’arbres plantés, la Ville ainsi que ses partenaires opèrent une vigie. Du côté du Collectif Canopée par exemple, 93 % des arbres ont survécu après 2 ans, notamment grâce à la vigie.
Raymond Poirier a conclu en soulignant que, selon lui, malgré le sacrifice que représente la coupe des arbres matures, « les quartiers dans lesquels on priorise les plantations à l’heure actuelle, sur le plan de la canopée, sur le plan du verdissement, sur le plan de la biodiversité, vont s’en sortir gagnants, dans un horizon à moyen, à long terme ».
Source : Monmontcalm (Monquartier) — Montcalm/Saint-Sacrement