Des familles de la Haute-Ville peinent à trouver une place en CPE près de la maison. Le ministère de la Famille a récemment retiré le critère de proximité dans l’attribution des places. De plus, il n’a pas retenu les 80 places prévues dans le projet de l’îlot Saint-Vincent-de-Paul lors de son plus récent appel de projets.
Pour Cyndie Caron, mère d’une fillette de neuf mois et demi, la situation n’est pas théorique. Elle est plutôt « complètement bureaucratique », dénonce la résidente de Saint-Jean-Baptiste.
Mme Caron croyait pouvoir avoir accès à une place au CPE Saint-Jean-Baptiste puisqu’elle habite dans le quartier. Les nouvelles règles du ministère de la Famille sont toutefois venues changer la donne.
« Pour nous, c’est une décision qui est complètement absurde, parce que si on est choisi un jour pour un CPE, force est de croire qu’on va devoir traverser la ville pour aller porter notre enfant à la garderie. […] C’est une grande perte de temps », déplore-t-elle.
Un CPE près de la maison, une priorité pour les familles
Dans Saint-Jean-Baptiste, le projet de l’îlot Saint-Vincent-de-Paul prévoyait pourtant une nouvelle installation de 80 places, en plus de 151 logements abordables au sommet de la côte d’Abraham.
Or, le ministère de la Famille n’a pas retenu la construction d’une installation en Haute-Ville dans son plus récent appel de projets, privilégiant plutôt des agrandissements dans ce secteur et de nouvelles installations à Limoilou et à Beauport.
Le député de Taschereau, Étienne Grandmont, demande ainsi à la ministre de la Famille, Catherine Blouin, de revoir ces critères et de permettre la réalisation d’une installation de 80 places sur l’îlot Saint-Vincent-de-Paul. L’élu de Québec solidaire réclame également le rétablissement du critère de proximité dans l’attribution des places en CPE.
M. Grandmont juge contre-productif de vouloir attirer de nouvelles familles au centre-ville sans leur garantir l’accès à des services de proximité.
« Les gens veulent vivre dans des quartiers humains, à échelle humaine. On veut ramener des familles dans le centre-ville et ce n’est pas en leur empêchant de déposer leur enfant dans un CPE à côté de chez eux qu’on va y arriver », soutient-il.
La demande du CPE Saint-Jean-Baptiste pour créer une nouvelle installation sur le site de l’îlot Saint-Vincent-de-Paul a donc été refusée, car elle ne répondait pas aux critères du ministère de la Famille, explique sa directrice générale, Marie-Andrée Morais.
Bâtir un CPE en Haute-Ville représente un défi important, ne serait-ce qu’en raison des coûts associés aux bâtiments et des exigences liées aux installations. Selon Mme Morais, un CPE intégré à un édifice résidentiel, comme celui qui était envisagé à l’îlot Saint-Vincent-de-Paul, aurait pu être « moins coûteux ».

Crédit photo: Thomas Verret
Le repeuplement du Vieux-Québec se heurte au manque de services
Aux yeux d’Étienne Grandmont, le projet de l’îlot Saint-Vincent-de-Paul doit justement contribuer à la volonté de l’administration du maire Bruno Marchand de ramener 500 nouveaux résidents permanents dans le Vieux-Québec.
« On ne pourra pas accueillir des familles dans le Vieux-Québec sans services », affirme l’élu de Taschereau.
M. Grandmont évoque aussi l’avenir incertain de l’Hôtel-Dieu et la fermeture de plusieurs commerces de proximité, dont une pharmacie de la rue Saint-Jean, pour illustrer les défis auxquels fait face le quartier historique.
Il dénonce les changements apportés aux critères d’attribution des places, qui pèsent lourdement sur les familles du secteur. Les CPE pouvaient auparavant donner priorité aux familles qui résident ou qui travaillent dans leur quartier. Les nouvelles règles accordent toutefois une priorité aux travailleurs de la Ville de Québec, de la fonction publique et du milieu hospitalier.
La difficulté à trouver une place en CPE a déjà des conséquences concrètes pour Geneviève Lacroix, une résidente du Vieux-Québec.
Originaire de Montréal, cette dernière avait choisi de s’installer dans le Vieux-Québec où son conjoint possède un établissement commercial. Elle pouvait pour sa part travailler aussi bien à Québec qu’à Montréal.
Souhaitant vivre une véritable vie de quartier, avec des services accessibles à pied ou à vélo, et conserver une seule voiture pour les déplacements sur de plus grandes distances, le couple pensait pouvoir trouver facilement une place en garderie.
Ils n’ont finalement obtenu de place dans aucun des CPE recherchés, notamment dans Saint-Jean-Baptiste et Montcalm.
« Malheureusement, on n’a pas le choix, pour le moment, on va retourner à Montréal », se résigne Mme Lacroix.
Cette situation entraîne beaucoup de frustrations et complique la logistique familiale.
« On était vraiment contents d’apprendre la construction d’un nouveau CPE sur l’îlot Saint-Vincent-de-Paul », se désole-t-elle.
À ses yeux, le constat est clair : « il y a un manque criant de places en services de garde en Haute-Ville de Québec ».
Source : Monmontcalm (Monquartier) — Montcalm/Saint-Sacrement