Encore une fois, le nom de Patrick Kerr se retrouvera sur les bulletins de vote, alors qu’il est candidat indépendant dans la circonscription de Taschereau. Cet ancien candidat du Parti vert du Canada souhaite notamment l’abolition des partis politiques.
L’année 2026 marque la sixième candidature de Patrick Kerr à des élections. En 2015, il tentait sa chance avec le Parti vert du Canada pour une première fois, avant de récidiver en 2019 et en 2021.
En 2025, c’est comme candidat indépendant qu’il tentait sa chance. D’abord aux élections fédérales dans la circonscription de Québec-Centre, puis aux élections municipales de novembre 2025, dans le district de Saint-Roch-Saint-Sauveur. Cette fois, il plonge du côté provincial dans Taschereau, circonscription où il habite depuis son arrivée à Québec il y a bientôt 15 ans.
Patrick Kerr a grandi à Moose Jaw, en Saskatchewan, avant de faire ses études en Alberta, en génie des matériaux. Avant de compléter un doctorat, il déménage à Québec, où il travaille en recherche.
Installé d’abord dans Saint-Sacrement, il vit dans Saint-Sauveur depuis quelques années. Il est d’ailleurs papa d’un garçon de 10 ans.
«Cynisme» et «scepticisme»
Rencontré à Ma Station Café, Patrick Kerr explique que sa désillusion envers le système politique, qui met beaucoup de l’avant les principaux partis, remonte à bien loin.
«Je m’implique en politique peut-être depuis le secondaire. J’avais de l’intérêt pour la politique, mais j’avais toujours un cynisme ou un scepticisme envers les partis politiques en général», explique le candidat.
Lorsqu’il découvre le Parti vert du Canada, il développe cependant plusieurs atomes crochus. Patrick Kerr aimait la «transparence» du parti, mais aussi sa façon d’accepter la diversité d’opinions de ses membres. Il s’identifiait également beaucoup aux positions environnementales du Parti vert.
Il se présente d’ailleurs comme candidat en 2015, dans Beauport—Côte-de-Beaupré—Île-d’Orléans—Charlevoix, puis en 2019 dans Lévis—Lotbinière et finalement dans la circonscription de Québec en 2021.
Toujours indépendant
À partir de 2025, il préfère tenter sa chance comme indépendant, d’abord aux élections fédérales, puis aux élections municipales.
«Je trouve que, fondamentalement, le système est très inauthentique. On voit des façades, mais pour moi, la confiance [envers] les gens qui sont élus devrait être là. Malgré ce qu’on voit avec les campagnes électorales, je ne sentais pas que c’était tout à fait transparent, tout à fait authentique», affirme Patrick Kerr.
Pour lui, le côté indépendant permet de sortir de l’encadrement des partis politiques. Ce cadre représenterait une distraction.
M. Kerr estime aussi que des partis, comme le Parti libéral du Canada en 2015 ou la Coalition avenir Québec en 2018, ont déçu en promettant des réformes du système électoral et en ne respectant pas cet engagement. Il comprend que ce changement pourrait nuire aux intérêts des partis qui remportent le pouvoir.
C’est pourquoi il se dit plutôt en accord avec un système sans partis politique, comme il existe par exemple dans les Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut.
«On peut mettre les partis de côté et élire seulement les indépendants, puis leur laisser choisir le chef quand les élections sont terminées», propose-t-il.
Logement social
Parmi les autres enjeux qui lui tiennent à cœur, Patrick Kerr nomme rapidement le logement. Lui-même s’estime «béni» de vivre dans une coopérative d’habitation depuis plusieurs années.
«Juste sur ma rue, les prix ont presque doublé depuis 10-12 ans», affirme le candidat.
Il estime qu’il faudrait favoriser une plus grande diversité dans le logement, en incluant le logement social et les coops d’habitation.
À l’instar de Québec solidaire, il propose aussi de taxer les plus riches.
Solutions moins chères que le tramway?
Patrick Kerr reconnait que sa pensée a beaucoup évolué autour du tramway. Au départ, alors que le budget était évalué aux environs de 3 G$, il était plutôt pour. Mais maintenant qu’on le planifie à 7,6 G$, il avoue avoir plus de réserves.
Le candidat indépendant estime que d’autres solutions existent, qui seraient moins coûteuses, selon lui. Il propose notamment d’utiliser des rails déjà existants.
«Si on avait déjà commencé les solutions [dont] je parle depuis 10 ans, de mettre un train de banlieue entre le centre-ville et la Rive-Sud, sur le pont de Québec, on pourrait avoir un trajet avec des pôles pour les autobus», détaille-t-il.
M. Kerr avance que ce projet se chiffrerait en centaines de millions de dollars, plutôt qu’en milliards. Il ajoute que ce projet ne «sera pas l’idéal», mais propose quelques avantages.
«Ce ne sera pas le meilleur trajet, mais ça offre aussi de développer des logements dans des lieux où on n’a pas besoin de couper des arbres, on n’a pas besoin de démolir des bâtiments», précise le candidat.
Il croit aussi qu’un SRB (Service rapide par bus) aurait déjà pu être fait et que d’autres solutions sont envisageables, comme une meilleure synchronisation des lumières. Mais le tramway reste quand même une option à plus long terme.
«Je ne suis pas contre, mais je trouve qu’on est mieux de commencer avec des installations […] moins chères», conclut Patrick Kerr.
Incinérateur et escalade
Après avoir tenté sa chance au municipal, Patrick Kerr souhaiterait aussi profiter du rôle de député pour mettre en lumière certains enjeux beaucoup plus locaux.
Il estime notamment qu’un nouvel incinérateur pourrait être construit ailleurs qu’à l’emplacement envisagé par le maire Bruno Marchand, à quelques centaines de mètres de l’infrastructure actuelle.
«À mon avis, on peut mettre ça ailleurs et avoir des gains. On peut continuer d’utiliser [l’actuel] incinérateur entretemps, qui peut peut-être brûler la moitié des déchets, et l’autre moitié sera brûlée ailleurs», expose le candidat, qui envisage aussi une réduction des émissions de GES par les camions.
Il estime aussi que le centre d’escalade qui doit être aménagé dans l’ancienne usine thermique, dans le parc industriel de Saint-Malo, aurait pu s’installer dans une église, dans un souci de conservation du patrimoine. Patrick Kerr craint le manque d’accès au transport en commun dans le parc industriel, ainsi que la proximité d’enfants avec des entreprises qui utilisent du cyanure.
Rôle de député
Patrick Kerr croit qu’il pourrait soulever ce genre de questions, qui sont souvent oubliées, à côté d’enjeux comme le logement ou le transport.
Et qu’est-ce qui ferait de lui un bon député?
«Je suis motivé, je suis passionné et je suis quand même connecté côté communautaire. J’ai de l’intérêt pour le bien commun. J’aime les gens ici et je voudrais le mieux pour eux», explique-t-il.
Patrick Kerr espère donc que, malgré les limitations imposées par une candidature à l’extérieur des gros partis, ses idées et son message puissent circuler.
Cet article bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.
Source : Monmontcalm (Monquartier) — Montcalm/Saint-Sacrement