La danse sera à l’honneur dans le Vieux-Québec et dans le quartier Saint-Roch au cours des prochaines semaines. L’événement Osez!, présenté par Danse K par K, s’installe au centre-ville. Une trentaine d’artistes en danse se produiront au Parc de la Cetière et à la Maison pour la danse jusqu’au 19 septembre.
Karine Ledoyen, directrice générale et artistique de Danse K par K, a rassemblé cette année trois chorégraphes de Finlande, de Belgique et de Vancouver. Chacun et chacune a choisi d’explorer un thème au cours de résidences artistiques menées avec le groupe de danseurs et de danseuses. C’est le résultat de ces explorations qui sera présenté au public lors de prestations d’une vingtaine de minutes offertes gratuitement.
Les chorégraphes Riikka Kosola, Natalia Vallebona et James Gnam se sont prêtés à l’exercice de créer, dans un temps très limité, de courtes pièces de danse. Contrairement à une production de danse plus classique, dont la préparation s’échelonne sur près de deux ans pour quelques représentations, Osez! regroupe les interprètes et chorégraphes deux semaines avant de se produire devant public.
« Ça ne sera pas une œuvre aboutie, ça va être une œuvre brute. Ça va être l’esquisse avant la grande œuvre », explique Karine Ledoyen.
Pour Emma Walsh, qui fait partie du groupe d’interprètes qui se produiront cette année, travailler dans ce contexte fait appel à des compétences moins sollicitées dans une production traditionnelle.
« Je dirais que c’est beaucoup d’improvisation. C’est beaucoup de laisser aller et de faire confiance à soi et à l’autre […] Je ne me sens pas en performance. Même s’il y a des centaines de personnes qui nous regardent, jamais je ne me suis sentie en mode représentation », confie-t-elle.
Favoriser la rencontre
La formule d’Osez! repose sur l’idée de créer des rencontres à la fois avec le public, les danseurs et les chorégraphes, explique la directrice artistique. Sortir la danse des salles et des institutions permet d’initier certains publics à cette discipline artistique parfois méconnue et intimidante.
« L’idée est vraiment de contaminer les gens, de leur donner envie d’acheter un billet et d’aller voir un spectacle en salle », souligne Karine Ledoyen.

Crédit photo: Stéphane Bourgeois (photo recadrée)
Osez! permet aussi à des artistes de tous horizons et aux expériences différentes de se rencontrer et de tisser des liens.
« C’est aussi ça l’objectif d’Osez! : créer des opportunités de création qui, après, peuvent émerger ailleurs », explique Cindy Mae Arsenault, une danseuse originaire des Îles-de-la-Madeleine qui fait partie de la distribution d’Osez! 2026.
25 ans de création
C’est de cette idée de rencontre qu’est né l’événement en 2001 sur le quai de Saint-Jean-Port-Joli. Alors établie en Europe depuis deux ans, Karine Ledoyen pensait faire sa carrière là-bas.
À l’époque, il était très difficile, voire impossible, de travailler en danse contemporaine dans la région de Québec, se souvient-elle : « Quand on terminait l’école, il fallait automatiquement s’exporter à Montréal ou arrêter de danser. »
Revenue à Québec le temps d’un été pour des retrouvailles avec sa famille et ses amis, elle décide d’inviter un groupe de danseurs et de danseuses à Saint-Jean-Port-Joli.
« J’ai invité plein d’amis que je connaissais à gauche, à droite de la danse. Je disais : “Hey, venez deux semaines à Saint-Jean-Port-Joli. Je vous paye le camping. On va danser le jour et le soir, on va faire des shows sur le quai.”»

Crédit photo: Olivier Alain
D’abord très informel, l’événement prend une forme de plus en plus structurée et gagne en popularité. En 2007, Osez! part en tournée au Québec. La formule est répétée dans plusieurs pays.
Après une pause de quelques années, Osez! reprend avec l’ouverture officielle de la Maison pour la danse en 2017. La formule est adaptée autour du solo pendant la pandémie et connaît beaucoup de succès.
Tables rondes
Pour la première fois cette année, Osez! propose au public d’assister à trois tables rondes portant sur les thématiques qui ont guidé les résidences de création. La première a eu lieu hier avec Riikka Kosola et portait sur la nordicité. L’artiste visuelle Karine Locatelli s’est aussi jointe aux discussions.
Une deuxième soirée d’échange aura lieu ce vendredi 11 septembre et portera sur l’exploration des confluents avec Natalia Vallebona. James Gnam explorera la thématique du fleuve Saint-Laurent en compagnie de l’autrice Roxanne Bouchard pour la dernière table ronde qui se déroulera le 16 septembre.
Tous les détails concernant les dates de représentations et les tables rondes se trouvent sur le site Web de Danse K par K.