Nicolas Thériault, un candidat «populiste» à «l’extrême-centre» dans Jean-Lesage

Pour la première fois, Nicolas Thériault tente sa chance comme candidat, sous les couleurs d’Équipe autonomiste, dans la circonscription de Jean-Lesage. Cet entrepreneur et passionné de «skate» de Limoilou avoue ne pas avoir la langue de bois et se qualifie lui-même d’«extrême-centre».

Rencontré à l’intérieur de sa boutique du chemin de la Canardière, Nicolas Thériault nous parle de son «écœurantite aigue» envers la politique au Québec. Il ne cache pas son découragement.

«Ce qui m’a poussé à me lancer en politique, c’est qu’au Québec, tout va mal. On est les meilleurs “moins bons” dans tout», lâche le candidat.

Nicolas Thériault reconnait que certains de ses propos pourraient être considérés radicaux.

«J’ai honte d’être Québécois et de voir comment on s’enligne. On fonce vers le mur», renchérit M. Thériault.

Il se décrit lui-même comme un «populiste».

«Je vais travailler pour le peuple. Je défends les intérêts du peuple. C’est du populisme, mais à la première définition, pas celle de Radio-Canada, qui est un espèce de “Staline nazi”. Populisme dans le bon sens, qui défend les intérêts du peuple», détaille l’aspirant député.

Des énergies renouvelables à la planche à roulettes

Nicolas Thériault est un technicien en instrumentation, qui s’est spécialisé dans les énergies renouvelables. Depuis 20 ans, il vend une multitude de produits, allant des panneaux solaires, en passant par les batteries au lithium ou les batteries plomb acide.

«Je suis spécialisé dans les batteries plomb acide. J’ai une expertise quasiment secrète dans les batteries plomb acide, que les autres compétiteurs n’ont pas», soutient-il.

Publicité

M. Thériault déplore aussi la vente de systèmes solaires «frauduleux» sur Amazon, plaidant qu’il fait lui-même de l’éducation auprès de ses clients.

Au début de la pandémie, Nicolas Thériault a également voulu renouer avec une vieille passion : le skate (ou planche à roulettes). Il ouvre donc la boutique 418-SK8, où sont exposées toutes sortes de planches, mais où il est aussi possible de jouer aux arcades, qu’il est d’ailleurs en mesure de réparer.

«Ça fait six ans que je me suis mis à vendre des skates pour le plaisir. Parce que moi je suis un vieux skater. J’ai le skate dans le sang. Le skate shop, ce n’est même pas pour l’argent», affirme-t-il.

D’ailleurs, il défend depuis quelques années l’idée que la Ville de Québec aménage un skatepark intérieur gratuit, afin d’offrir cette option à l’année.

Ni à droite, ni à gauche

Nicolas Thériault se proclame comme un candidat du «gros bon sens». Pour lui, tous les partis proposent, dans un dossier ou dans un autre, de bonnes idées.

«Même Québec solidaire […] m’a fait signer une pétition pour le climat et la qualité de l’air, et pour les logements abordables. J’ai toujours été d’accord avec Québec solidaire là-dessus. J’ai signé ça tout de suite. Mais il y a d’autres points avec lesquels je ne suis pas d’accord, comme les religions», affirme le candidat.

Équipe autonomiste, un parti fondé en 2012 des cendres de l’Action démocratique du Québec, aujourd’hui mené par Louis Chandonnet, a décidé de le recruter.

«C’est eux autres qui m’ont choisi. Moi, j’ai mes idées, et on peut avoir des désaccords sur certains points», reconnait Nicolas Thériault.

Il ajoute qu’il avait lui-même déjà travaillé sur un programme de parti politique, qu’il avait baptisé le Parti René-Lévesque.

Parmi les idées qu’il défend, il propose de détaxer les systèmes à énergie solaire ou de mettre fin aux subventions aux entreprises pétrolières.

Non à la densification et métro souterrain

Nicolas Thériault souligne un grand attachement pour la ville de Québec. Mais il ne veut pas qu’elle soit victime d’une trop grande densification.

«Je préfère qu’il y ait des petites maisons, 3-4 étages, des arbres», souligne-t-il.

Il craint que la multiplication de tours à condos n’entraine trop de besoins supplémentaires pour adapter les infrastructures souterraines. Il aimerait d’ailleurs davantage miser sur les coopératives d’habitation.

De plus, le candidat d’Équipe autonomiste estime que les promoteurs immobiliers ont «trop de pouvoir», n’hésitant pas à utiliser le terme «mafia immobilière» pour parler des plus gros joueurs. Il estime d’ailleurs que ces entreprises sont les premières bénéficiaires du projet de tramway.

D’ailleurs, lui-même défendrait plutôt l’idée d’un métro souterrain, qui s’accompagnerait d’une piste cyclable, afin de faciliter le vélo dans la saison hivernale.

«C’est beau le petit tramway, mais il coûte trop cher, il charcute trop d’arbres, il divise la population et il cicatrise au complet», soutient Nicolas Thériault.

Il estime aussi qu’il ne faut plus faire la «guerre à l’automobile».

Maisons des jeunes, travail garanti, abattage rituel…

Au cours de l’entrevue, Nicolas Thériault fait état de plusieurs idées et propositions, sur une multitude d’enjeux.

Il propose de ne plus démolir d’églises, pour plutôt y aménager des Maisons des jeunes.

«Avec un skate park pour les enfants, des tables de ping-pong, des arcades, une petite boutique, complètement sans commanditaire. C’est vraiment financé par la ville», explique-t-il.

Le candidat aimerait aussi instaurer un système de travail garanti, où une personne serait payée le jour même pour les tâches accomplies.

«Je vais donner 20$ de l’heure. La personne en situation d’itinérance va pouvoir sortir avec de l’argent. Idéalement, il ne faudrait pas qu’elle se drogue avec. Mais elle va pouvoir avoir l’option de travailler : nettoyer les parcs, dépolluer les berges, aider des personnes âgées à peinturer… Du travail communautaire», illustre M. Thériault.

Il s’oppose finalement à l’abattage rituel (viande halal), puisqu’il estime que «c’est en conflit avec nos valeurs».

Cet article bénéficie du soutien de l‘Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.

Source : Monlimoilou (Monquartier) — Limoilou

Retour en haut
Hub Local est un projet de Noûs Lab