Mémoire de Victorine : la culture pour favoriser le bien-être des aînés

Au Service amical Basse-Ville, les personnes âgées qui ont participé à la phase 2 du projet Mémoire de Victorine ont touché à différentes formes d’art cet été. Atelier de percussions brésiliennes avec Flavia Nascimento, enregistrement d’un vidéoclip avec Sandra Contour et création de contes avec Sarah Paquin étaient notamment au programme.

Le projet, porté par Mémoire de Victorine, en collaboration avec le Service amical Basse-Ville, utilise la culture pour contribuer au bien-être des aînés, favoriser leur participation dans la société et briser leur isolement.

Au cours de l’été, des ateliers ont eu lieu principalement au Service amical Basse-Ville, mais aussi à l’extérieur, comme lors d’un atelier de percussions brésiliennes animé par Flavia Nascimento au parc Gilles-Lamontagne.

Participer plutôt que simplement regarder

Les personnes aînées ne sont pas seulement venues assister aux activités. Elles ont également participé aux créations. C’est le cas d’Odette Lavoie, qui a pris part à l’enregistrement d’un vidéoclip avec l’artiste folk Sandra Contour.

« Il fallait faire la vidéo selon les paroles et la musique », explique la participante.

Avec d’autres participants, la dame a également enregistré différents sons qui seront intégrés à certaines chansons du prochain album de Sandra Contour.

« C’était plaisant », résume Mme Lavoie.

Pour Léonard Tousignant, « l’objectif, c’était la mémoire affective », en faisant appel aux souvenirs, aux contes, à la musique.

M. Tousignant, qui se sent « déphasé » par rapport aux nouvelles technologies, a apprécié l’expérience en compagnie des artistes qu’il a trouvées « charmantes ».

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L’expérience a aussi été très enrichissante pour Sandra Contour. Ergothérapeute de formation, l’artiste originaire du lac Saint-Jean a pu réunir dans ce projet deux de ses champs d’intérêt.

« Je trouve ça fascinant qu’on prenne soin des aînés et qu’on ne les prenne pas pour des personnes qui ne servent plus à rien », souligne-t-elle.

Sandra Contour n’a par ailleurs ressenti aucune barrière liée à l’âge pendant les activités : « Tout le monde était ensemble, même les intervenantes ».

Elle a particulièrement apprécié de pouvoir travailler au même niveau que les participants et de les intégrer directement au processus de création.

« Ils se sont vraiment donnés… Ça a l’air de rien, mais c’était des bruits de fantômes et des miaulements! J’ai trouvé ça incroyable. Ça rend la chose tellement plus humaine. C’est pour ça que je fais de l’art. »

Sandra Contour a livré une prestation mardi après-midi au Service amical Basse-Ville, à l’occasion de l’activité de clôture de la seconde phase du projet Mémoire de Victorine.
Crédit photo: Thomas Verret

La culture, bonne pour la santé

Selon la coporteuse du projet Mémoire de Victorine, Shana Plante-Paquette, ces activités ont plusieurs bienfaits. Jouer d’un instrument, travailler le rythme, mémoriser et participer à une création collective stimulent les capacités physiques et cognitives, en plus de favoriser les échanges avec les autres.

Une participante, tout sourire, en train de jouer du tambour brésilien.
Crédit photo: Thomas Verret

La collaboration avec le Service amical Basse-Ville s’inscrit à même la mission de l’organisme de la rue Saint-François, qui compte environ 200 membres et qui offre différents services aux aînés, notamment en gériatrie sociale, en transport médical et en accompagnement à l’épicerie.

Même en vieillissant, « les gens veulent découvrir de nouvelles choses », observe la responsable de la participation sociale, Caroline Sense.

L’intervenante de l’organisme communautaire établi dans le quartier Saint-Roch ajoute qu’une telle initiative permet justement aux aînés de sortir de leur quotidien, de faire de nouvelles découvertes et de prendre part activement à des activités culturelles.

« Ils ne sont pas seulement des spectateurs, c’est ça que je trouve le fun », note Mme Sense.

Caroline Sense (Service amical Basse-Ville) et Shana Plante-Paquette (Mémoire de Victorine).
Crédit photo: Thomas Verret

Un projet devenu un organisme

À l’automne dernier, la première phase du projet Mémoire de Victorine s’est articulée autour de la littérature, de la musique et des arts vivants.

« Mais quand on a fait un show ici (au Service amical Basse-Ville), ça a vraiment pogné. Il y avait comme 40 personnes », raconte Shana Plante-Paquette.

Cette participation a donné le ton à la deuxième phase, consacrée aux arts de la parole.

« On est agréablement surprises de la participation, spécialement pour l’été comme ça. On est très, très contentes de la participation », se réjouit la coporteuse du projet.

C’est un partenariat avec Route d’Artistes qui a permis d’offrir à la clientèle du Service amical Basse-Ville des activités animées par les artistes Flavia Nascimento, Sandra Contour et Sarah Paquin.

Mémoire de Victorine travaille également avec le Périscope afin de permettre à des aînés de créer des œuvres liées à la programmation de la prochaine saison du théâtre.

« On est en train de tisser des liens comme ça à travers la ville. On veut qu’ils prennent leur place dans l’espace public », affirme Mme Plante-Paquette, qui a lancé le projet en septembre 2025 avec Rosalie Moore.

Mémoire de Victorine prend aujourd’hui la forme d’un organisme à but non lucratif (OBNL) qui souhaite éventuellement offrir des activités dans d’autres lieux fréquentés ou habités par des aînés.

Source : Monsaintroch (Monquartier) — Saint-Roch

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