Le Centre Materia présente, pour une seconde édition, l’exposition Mains Sales dédiée aux nouveaux talents des quatre écoles-ateliers de la ville de Québec. Céramique, textile, joaillerie, ébénisterie et lutherie se rassemblent pour dresser un portrait du futur des métiers d’art.
Mains Sales, présentée jusqu’au 18 octobre au Centre Materia, rassemble les créations de 10 diplômés de 2026 du programme DEC — Techniques de métiers d’art. Le but est « d’exposer l’excellence du travail de la relève en métiers d’art », comme le résume Fanny Hénon-Lévy, directrice artistique Intramuros du Centre Materia.
Les œuvres et objets exposés sont issus des parcours des étudiants et témoignent de leurs apprentissages, mais également du futur de leurs disciplines respectives. Le nom, quant à lui, ramène au caractère physique de la création, explique Fanny Hénon-Lévy.
« On voulait un nom un peu irrévérencieux. On trouvait que pour la relève, c’était fun de penser à ces mains qui travaillent pendant trois ans de manière acharnée avec une certaine ténacité. »

Crédit photo: Élisa Marchildon
Il s’agit de la seconde édition de Mains Sales. Toutefois, aucune répétition n’est à signaler, car les artistes et la mise en place sont tout à fait uniques. Cette année, les œuvres des diplômés sélectionnés sont rejointes par celles de l’artiste autochtone Rosalie Mowatt dans le cadre du festival Marginal.
« La crème de la crème »
« On a réuni un jury de professionnels des arts visuels et des métiers d’art qui ont vraiment fait un exercice objectif de sélection. L’expo qu’on voit aujourd’hui, c’est comme disent certains, la crème de la crème. »
L’un des finissants sélectionnés est Naïm Cloutier, un artiste luthier. Ce dernier est musicien depuis 14 ans. Son père et son grand-père étaient des artisans. Il explique donc avoir « une volonté de continuer cette pratique artisanale ».
« Ça fait énormément plaisir. C’est sûr qu’avoir ces œuvres exposées quelque part, c’est quand même prestigieux dans le milieu des métiers d’art au Québec. C’est un grand honneur », exprime-t-il en entrevue vendredi, juste avant le vernissage.

Crédit photo: Élisa Marchildon
Il s’agit de sa seconde expérience d’exposition après celle rassemblant tous les finissants. Auparavant, cette exposition avait lieu au Centre Materia, mais il y a deux ans, les artistes se sont mutualisés pour gérer leur propre exposition et celle-ci s’est déplacée à l’Espace Quatre Cents.
Pour Fanny Hénon-Lévy, c’était « important quand même [que Materia] ait un volet relève. Puis qu’on puisse continuer à soutenir cette création d’art ». Mains Sales a donc vu le jour.
Une exposition qui fait la différence
Il s’agit d’une opportunité unique pour ces artistes en début de carrière. Pour leur exposition de graduation, ils se chargent de tout alors qu’avec Materia, des professionnels prennent en charge la mise en place et l’organisation. Cela donne aux nouveaux artistes une expérience d’exposition réaliste.
Mains Sales confère à ces nouveaux artistes un avantage concret, souligne Fanny Hénon-Lévy.
« Une des raisons principales, c’est d’avoir une première ligne dans son CV dans un lieu de diffusion professionnel reconnu par les subventionneurs, comme le Conseil des arts du Canada. […] Faire en sorte qu’après ça, tous ces artistes vont être recevables quand ils vont envoyer leur dossier pour [une bourse]. »

Crédit photo: Élisa Marchildon
Le public est, quant à lui, « toujours friand » de faire des découvertes, selon la directrice artistique. D’ailleurs, ce dernier aura de quoi satisfaire sa curiosité cet automne et cet hiver avec la programmation du Centre Materia.
Après Mains Sales, ce sera au tour de l’exposition de céramique Affinités Malléables d’occuper le 395, boulevard Charest Est. Elle laissera ensuite place à La Foire/vente festive, puis à ARCHItextile/Construire, lier, résister, une exposition textile.