L’église Saint-Jean-Baptiste pour former la relève en restauration patrimoniale

La Ville a accordé un contrat de 172 625,65 $ à la Maison des métiers d’art de Québec pour restaurer dix oculi, ces ouvertures circulaires qui ornent l’église Saint-Jean-Baptiste. Le mandat doit se poursuivre jusqu’au 30 septembre 2027. Il prendra la forme d’un atelier-école.

Jusqu’à dix apprenants pourront participer au projet. Des étudiants ou des diplômés en ébénisterie ou en sculpture, de même que des personnes possédant déjà une formation reconnue, pourront poser leur candidature.

La restauration des oculi ne constitue toutefois qu’une première étape. La Maison des métiers d’art de Québec voit d’autres possibilités pour mettre son expertise au service de la restauration de l’église Saint-Jean-Baptiste.

« Il y a aussi restauration de mosaïque, de céramique, la restauration des vitraux, la restauration des plâtres, des plâtres décoratifs. Donc, il y a vraiment un gros potentiel », souligne le directeur général, Thierry Plante-Dubé.

Former la relève

Au-delà de la restauration de l’église Saint-Jean-Baptiste, l’atelier-école vise à former une relève dans le domaine de la restauration patrimoniale.

Le Québec compte de nombreux bâtiments patrimoniaux qui nécessitent des travaux. Les artisans possédant les compétences nécessaires se font quant à eux plus rares.

« L’objectif, c’est justement de contribuer à accroître le bassin d’artisans compétents pour restaurer ce genre de bâtiments-là », explique le directeur général.

La Maison des métiers d’art dispose déjà de maîtres artisans spécialisés dans plusieurs disciplines. L’objectif du projet sera donc aussi de démontrer aux gouvernements qu’il y a une demande pour des formations spécialisées en restauration du patrimoine bâti.

« Notre défi, c’est de démontrer au ministère de l’Enseignement supérieur, au ministère de la Culture et des Communications qu’il existe un besoin, il existe un marché », ajoute Thierry Plante-Dubé.

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Une formation à Québec?

Si l’expérience est concluante, la Maison des métiers d’art souhaite reprendre les discussions avec le Cégep de Limoilou afin d’explorer la création d’une attestation d’études collégiales (AEC) en restauration patrimoniale.

« Donc, c’est de se rasseoir avec notre partenaire de formation, puis de développer ce type d’AEC-là, donc d’accréditation d’études collégiales, puis de les lancer », indique M. Plante-Dubé.

Aucune formation de ce type n’est actuellement offerte à Québec. Au Cégep du Vieux-Montréal, une AEC en patrimoine bâti est pour sa part sur pause en raison d’un manque de financement.

L’inspiration de Notre-Dame de Paris

La mobilisation des artisans lors de la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris a inspiré l’idée de jumeler la restauration et la transmission des savoir-faire.

« Ce qui nous a quand même un peu inspiré, c’est tout le travail, toutes les communications qui ont eu lieu par rapport à Notre-Dame de Paris, où est-ce qu’on a vu les artisans se mobiliser sur la restauration », confie M. Plante-Dubé.

La Maison des métiers d’art veut transposer cette approche à une plus petite échelle en misant sur l’expertise déjà présente à Québec.

« Mais on a les ressources, on a des maîtres ici. Pourquoi pas justement profiter du fait qu’ils sont existants, qu’ils sont actifs, puis d’essayer d’encourager ça, cette protection-là, cette restauration-là du patrimoine », fait valoir le directeur général.

La restauration présente aussi un intérêt environnemental, alors que le secteur de la construction génère une importante quantité de déchets. Elle permet entre autres de conserver des matériaux existants plutôt que de les démolir et de les envoyer à l’enfouissement.

« Entre restaurer ou tout détruire puis reconstruire à neuf, la restauration, oui, peut-être que c’est un peu plus coûteux en termes financiers, mais sur le long terme, c’est quand même moins coûteux environnementalement parlant de restaurer que de tout détruire puis de tout envoyer à l’enfouissement », estime Thierry Plante-Dubé.

D’autres éléments de l’église Saint-Jean-Baptiste pourraient éventuellement être restaurés. La Maison des métiers d’art possède notamment une expertise en taille et en sculpture sur pierre et sur bois.

Le projet réunit quatre partenaires, soit la Ville de Québec, la Maison des métiers d’art de Québec, l’Institut québécois d’ébénisterie et le Conseil des métiers d’art du Québec. L’Institut québécois d’ébénisterie, situé sur la rue Soumande, possède le plus grand parc d’équipements d’ébénisterie de la grande région de Québec.

Le comité exécutif de la Ville de Québec a approuvé l’octroi du contrat le 19 août. Un sommaire décisionnel précise que la Ville paiera le prix du marché pour ce type de travaux, sans coût supplémentaire lié au volet de formation.

Source : Monsaintroch (Monquartier) — Saint-Roch

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