Le Théâtre du Gros Mécano a 50 ans, mais est toujours aussi fringant

1976 : l’année des Jeux olympiques de Montréal et de la première victoire électorale du Parti québécois. Le Québec s’ouvre sur le monde et sur lui-même, sur ce qu’il veut être. À Québec, une compagnie de théâtre jeunesse à l’approche innovante voit le jour : Le Théâtre du Gros Mécano.

Jusque dans les années 1970, le théâtre jeune public au Québec est limité aux gymnases et cafétérias et, dans l’ensemble, ne reçoit pas le même soin que celui pour le grand public.

« Puis, il y a vraiment beaucoup de gens dans les années 80 qui ont travaillé à faire “non. Les enfants, c’est des citoyens d’aujourd’hui, pas des citoyens de demain. […] On considère que c’est un citoyen maintenant qui mérite une expérience de qualité” », explique Léa Fischer-Albert, codirectrice générale et directrice du développement au Théâtre du Gros Mécano.

André Lachance est l’un de ces pionniers qui ont porté la professionnalisation du théâtre jeunesse au Québec. En 1981, il prend les rênes du Théâtre du Gros Mécano et « s’assure que la jeunesse québécoise obtienne des œuvres de qualité », notamment par la présentation des spectacles en salle.

À la fin des années 80, sous la gouverne d’André Lachance, la compagnie cofonde le théâtre Les Gros Becs (La Caserne) qui récupère l’aspect diffusion, auparavant assuré par Le Théâtre du Gros Mécano.
Crédit photo: Stéphane Bourgeois (image recadrée)

Après une codirection de trois ans, l’actuel directeur artistique, Carol Cassistat, reprend le flambeau. Depuis 2001, ce dernier œuvre particulièrement à exporter le théâtre jeunesse d’ici. Les pièces ont par exemple voyagé en France, au Japon et dans le reste du Canada.

Au fil des années, les œuvres du Théâtre du Gros Mécano se sont démarquées par leur traitement minutieux et original des sujets. La dépression, le soin aux personnes âgées et le vivre-ensemble sont tous des thèmes abordés par la compagnie.

Encore méconnu

Si Le Théâtre du Gros Mécano était une personne de chair et de sang, « je pense que ce serait un homme ou une femme dans la mi-vingtaine qui se lance avec toute l’énergie et la liberté que ça représente d’avoir cet âge-là, décrit Léa Fischer-Albert. On a cinquante ans, mais on en a vingt-cinq [à l’intérieur]. On est très excité par tout ce qui s’en vient ».

Cette année représente également les 25 ans de direction artistique de Carol Cassistat.
Crédit photo: Stéphane Bourgeois

Derrière les rideaux, Le Théâtre du Gros Mécano est tenu par un groupe de quatre (Carol Cassistat, Léa Fischer-Albert, Michèle Bujold et Jérôme Huot) aux tendances « hyperactives ». La petite équipe a l’habitude d’être occupée, mais les derniers mois ont dépassé tout ce qu’elle avait connu jusque-là.

Ils veulent marquer un coup pour les 50 ans avec une programmation variée et représentative de l’organisation, mais ils ont surtout un but précis : se faire connaître.

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« La majorité des gens retiennent le diffuseur, la salle de spectacle, pas le producteur. En plus les gens dans la salle c’est des enfants donc là… Ils ne savent pas c’est qui ! On est vraiment reconnus par le milieu au Québec, mais par le grand public très peu », résume-t-elle.

Léa Fischer-Albert a réalisé un DEC en théâtre au Cégep Limoilou et un baccalauréat en administration à l’Université Laval. Cela fera bientôt 13 ans qu’elle travaille au Théâtre du Gros Mécano.
Crédit photo: Stéphane Bourgeois (image recadrée)

Se faire connaître n’est pas un simple désir d’attention. Considérant les difficultés d’obtenir du financement dans le milieu de la culture, c’est une nécessité si le producteur veut continuer à offrir des œuvres de qualité aux prochaines générations.

Une cause qui rassemble

« On a constaté dans les dernières années qu’on est arrivé un peu au bout de ce que les gouvernements sont capables de nous donner. Malheureusement, les besoins sont vraiment grands et les coûts de production et de diffusion ont explosé », souligne la codirectrice générale.

Pour faire face à ce défi, Le Théâtre du Gros Mécano a lancé une campagne de financement qui sera au cœur des activités de ce 50e anniversaire. Cette dernière roule depuis déjà un an auprès de la communauté philanthropique et elle est désormais ouverte au public.

Le Théâtre du Gros Mécano a lancé une bière avec la microbrasserie Griendel pour souligner l’anniversaire. Les bénéfices de sa vente iront vers la campagne de financement.
Crédit photo: Léa Fischer-Albert

Au départ, Léa Fischer-Albert avait lancé l’objectif « ambitieux » de 50 000 $ en deux ans, considérant qu’elle amasse habituellement 3 000 $ à 5 000 $ par année. Dans la première phase d’un an, elle a finalement récolté 115 000 $. L’objectif est donc passé à 150 000 $.

Alors que la campagne devait originellement équilibrer les budgets de la compagnie, la somme amassée lui permet maintenant d’envisager les prochaines années.

Aucun doute pour Léa Fischer-Albert, « la philanthropie, dans les dernières années, vient compléter et donner un autre type d’élan ». La directrice au développement admet toutefois que Le Théâtre du Gros Mécano, malgré les coupures, demeure une des compagnies culturelles les mieux subventionnées.

50 ans vu en grand

La programmation du 50e anniversaire débutera le 8 octobre avec un 5 à 7 Arts et culture, en collaboration avec la Jeune Chambre de commerce de Québec. La bière du 50e sera lancée le même jour.

Du 27 octobre au 8 novembre auront lieu à La Caserne des représentations de Flo des rives, la 66e création professionnelle du théâtre. L’équipe du Théâtre du Gros Mécano a planifié cette diffusion pour qu’elle ait lieu en même temps que l’anniversaire exact, le 1er novembre.

Le Théâtre du Gros Mécano travaille sur Flo des rives depuis six ans. En moyenne, chaque production prend trois ans.
Crédit photo: Village en chanson (image recadrée)

« C’est un texte de Carol Cassistat. Carol vient du Bas-Saint-Laurent et vient d’une famille qui a été élevée par sa mère principalement, qui a grandi avec des sœurs, donc très attaché à la mer, le fleuve, et la mère, la maman. Son spectacle, c’est pas mal un hommage aux deux. »

Ce 50e anniversaire signera également le retour d’une œuvre marquante : La Librairie. Présentée pour la première fois en 2003, elle a voyagé dans plusieurs pays pour des centaines de représentations. Elle sera présentée à La Bordée du 17 au 22 décembre.

La Librairie n’a pas été interprétée depuis 6 ans.
Crédit photo: Marc St-Jacques (image recadrée)

À partir de novembre, des expositions extérieures dans différents parcs de Québec présenteront ces 50 ans d’histoire à travers des photos d’archives.

Enfin, le MÉCA Show, une soirée artistique et festive, reviendra pour une seconde édition et conclura cette année anniversaire. De nouveaux événements et de nouvelles créations viendront bonifier la programmation tout au long de la saison.

Source : Monlimoilou (Monquartier) — Limoilou

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