Le Parti libéral du Québec promet 60 M$ de plus par année pour lutter contre l’itinérance

C’est au cœur de Saint-Roch que le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard, a présenté ce matin sa plateforme de lutte contre l’itinérance. S’il est porté au pouvoir, le PLQ promet une série de mesures visant à intervenir avant, pendant et après le passage dans la rue.

Le Parti libéral du Québec s’engage à investir 60 millions de dollars supplémentaires par année, sur quatre ans, dans la lutte contre l’itinérance. Charles Milliard veut notamment renforcer l’accompagnement des jeunes, prévenir les expulsions, accroître les services en santé mentale et en dépendance et accélérer l’accès au logement.

Prévenir le passage à la rue

Pour Charles Milliard, cette somme doit permettre d’agir sur l’ensemble du parcours plutôt que de concentrer les efforts sur l’hébergement d’urgence.

« On ne réglera pas cette crise-là d’un bureau à Québec avec des solutions mur à mur », a lancé le chef libéral devant les médias, insistant sur l’importance de travailler avec les organismes et les élus locaux.

Selon les chiffres avancés par M. Milliard, plus de 12 000 personnes sont actuellement en situation d’itinérance au Québec, soit deux fois plus qu’à l’arrivée au pouvoir de la Coalition avenir Québec (CAQ). Il affirme également que l’itinérance a augmenté de plus de 20 % entre 2022 et 2025.

Le PLQ veut notamment mieux accompagner les jeunes qui quittent les centres jeunesse.

« À 18 ans, une date sur le calendrier ne peut pas faire disparaître les besoins d’un jeune », a fait valoir M. Milliard.

Un intervenant pivot serait chargé de suivre le jeune dans cette transition et de s’assurer qu’un plan de logement existe, qu’un revenu soit disponible et que les services nécessaires, notamment en santé mentale, soient réellement mis en place.

« L’intervenant ne remplacera pas le service, il empêchera le jeune de tomber entre deux services », a-t-il expliqué.

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Les libéraux souhaitent également intervenir avant que la perte d’un logement ne mène à la rue. Des initiatives locales inspirées du projet PÉTALE pourraient offrir de la médiation, du soutien psychosocial, de l’aide devant le Tribunal administratif du logement (TAL) et, lorsque nécessaire, un accompagnement vers un autre logement.

Le Programme de supplément au loyer (PSL) serait également bonifié.

« Perdre son logement ne doit pas vouloir dire automatiquement se retrouver à la rue », a dit le chef du Parti libéral.

De la rue vers un logement

Pour les personnes déjà en situation d’itinérance, le PLQ souhaite accroître le soutien accordé aux organismes communautaires, qui sont souvent les premiers à intervenir auprès des personnes sans domicile.

« Les organismes ne sont pas des sous-traitants de l’État, ils sont des ressources essentielles de la préservation de notre filet social », a déclaré M. Milliard.

Son parti veut également investir davantage en santé mentale et dans la lutte contre les dépendances. Il propose notamment de pérenniser le programme PRISME, qui comprend un volet en dépendance, et d’augmenter le nombre de points de service selon les besoins des régions.

Le PLQ souhaite aussi augmenter les places en hébergement transitoire et les services d’accompagnement afin de favoriser une sortie durable de la rue.

Ces mesures s’ajouteraient à l’engagement libéral de construire 100 000 nouveaux logements au cours des cinq prochaines années, dont 40 000 logements sociaux et abordables. Une partie de ces logements devrait répondre en priorité aux besoins des personnes les plus vulnérables.

Un sommet national sur l’itinérance

Le chef libéral propose enfin la tenue d’un sommet national sur l’itinérance, une idée qu’il a dit vouloir reprendre de l’ancienne première ministre Pauline Marois.

Municipalités, nations autochtones, chercheurs, organismes communautaires, réseaux de la santé et de l’habitation, milieux philanthropiques et acteurs politiques seraient réunis autour de la même table.

Le sommet viserait notamment à identifier les « trous de services », à clarifier les responsabilités de chacun et à fixer des objectifs régionaux mesurables.

Charles Milliard a profité de sa présence au refuge de Lauberivière pour critiquer la gestion de l’itinérance par la CAQ, qu’il accuse d’avoir multiplié les annonces sans parvenir à les réunir dans un véritable parcours de sortie de rue.

« La CAQ a géré cette crise-là à la pièce, nous, on propose un vrai continuum », a-t-il conclu.

Source : Monsaintroch (Monquartier) — Saint-Roch

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