Depuis quelques années, Steven Renald, alias L’Avaleur de livres, partage sa passion pour la littérature québécoise sur les réseaux sociaux. À l’occasion de la journée « J’achète un livre québécois », il offrira une lecture publique mercredi prochain devant la librairie Pantoute, sur la rue Saint-Joseph.
Le 12 août, M. Renald va s’installer en matinée près de la librairie Pantoute de la rue Saint-Joseph Est. À partir de 10 h, il présentera une douzaine de livres québécois. L’activité sera diffusée en direct sur le compte Facebook de L’Avaleur de livres.
« J’adore jouer au libraire! », dit-il, amusé.
Ancien enseignant en histoire de l’art au Cégep de Jonquière, le retraité de 63 ans s’est lancé sur les réseaux sociaux en 2022. D’abord sur Facebook, puis sur Instagram, il présente des romans, des bandes dessinées, ainsi que des recueils de poésie et de théâtre, dans l’espoir de transmettre sa passion au plus grand nombre de personnes possible.
« Le fait de me filmer et de partager mes coups de cœur de lecture a un effet thérapeutique sur moi », confie celui qui réside dans le quartier Saint-Sacrement depuis huit mois.
À ses débuts, il ne connaissait pourtant rien aux codes des réseaux sociaux.
« Je ne savais même pas ce qu’était un follower », raconte le natif du Saguenay en riant.
Encouragé par sa fille et conseillé par des spécialistes des communications, il a apprivoisé dernièrement Instagram, une plateforme axée sur le contenu vertical.
Aujourd’hui, près de 5 000 personnes suivent ses recommandations de lecture, un chiffre qui lui importe peu.
À la recherche de pépites
Son objectif est plutôt d’entretenir le goût de la lecture chez ceux qui lisent déjà et de donner à d’autres l’envie de découvrir la littérature québécoise.
Steven Renald lit entre deux et dix livres par semaine.
Grâce aux services de presse des distributeurs et des maisons d’édition, il reçoit régulièrement les nouveautés avant leur parution.
Il ne se limite pas aux ouvrages qui dominent les palmarès des ventes, bien au contraire.
« J’essaie d’aller en dessous, je fais des découvertes, je passe mes journées à fouiller », explique L’Avaleur de livres.
Grand amateur de fiction, d’autofiction, de bande dessinée, de poésie et de théâtre, M. Renald estime que la littérature québécoise n’a rien à envier à celle d’ailleurs.
« On est les maîtres de l’autofiction », lance-t-il, convaincu.
Les réseaux sociaux lui permettent de mettre de l’avant des œuvres qui pourraient autrement passer inaperçues, alors que le succès d’un livre est trop souvent éphémère : « On en parle un an et moins après, surtout au Québec. »
Parmi les ouvrages qu’il souhaite faire découvrir figurent notamment le prochain roman de Dominique Fortier, Chambres noires, Le Mur, de Christian Guay-Poliquin, Les Vagues scélérates, d’Hélène Rompré, de même qu’Opioïdes et organes, d’Arizona O’Neil. Il recommande aussi tout particulièrement Promenades Hochelaga, de Rémi Bourget, qu’il décrit comme son « best ».
Au-delà de l’exercice, Steven Renald insiste sur l’importance de soutenir l’industrie québécoise du livre.
« Il faut encourager les auteurs québécois. Il y a des maisons d’édition qui ferment, des libraires qui ont de la difficulté », rappelle celui-ci.
À ses yeux, acheter un livre représente bien plus qu’un simple achat. Il souligne l’impact positif de la littérature sur la culture québécoise, au même titre que la musique, la télévision, le cinéma ou les arts visuels : « Aller dans une librairie et acheter un livre, c’est maintenant un investissement de 40 $ qui va rapporter au Québec ».
« Je suis fier de notre langue et pour moi, la journée du 12 août, c’est hyper important », conclut le passionné de lecture derrière L’Avaleur de livres.
Après avoir consacré 50 ans de sa vie à l’art visuel, il compte bien passer les 50 prochaines à promouvoir la littérature québécoise.
Source : Monmontcalm (Monquartier) — Montcalm/Saint-Sacrement