Un peu plus de deux semaines après la désignation officielle par l’UNESCO de la Région de biosphère de Québec, la jeunesse s’est affairée à rappeler aux élus que cette reconnaissance vient avec des responsabilités pour les dirigeants.
Le temps était à la célébration lundi après-midi, au parc de la Pointe-aux-Lièvres, pour fêter l‘entrée de Québec dans la liste des régions de biosphère de l’UNESCO, en faisant ainsi le 20e membre canadien sur cette liste.
Pour Québec, il s’agit même d’un « tour du chapeau », pour reprendre les termes du ministre responsable de la Capitale-Nationale, Jean-François Simard. Il rappelle ainsi les désignations du Vieux-Québec comme arrondissement historique inscrit au patrimoine mondial en 1985, ainsi que celle, de 2017, consacrant Québec comme ville de littérature UNESCO.
Voix de la jeunesse
Plusieurs élus se sont succédés au micro, mais ils ont tous été précédés par deux représentantes plus jeunes, qui ont invité les dirigeants actuels à ne pas prendre cette désignation à la légère.
Romane Durand-Goyette, co-porte-parole du Mois des droits des enfants, rappelle qu’en plus de « l’honneur » et de la « fierté » apportés par ce nouveau titre, celui-ci vient aussi avec son lot de « responsabilités ».
« Nous, les enfants, nous comptons donc sur vous, adultes en position d’autorité, pour accélérer et intensifier toutes les actions en matière de développement durable, de biodiversité et de mobilité, afin de nous léguer un environnement où il fait bon vivre », demande Romane.
Son de cloche semblable chez Emma-Jeanne Marchand, étudiante de 21 ans en science politique, à l’Université Laval. Cette dernière a souligné son attachement au paysage et à la nature, de la rivière Saint-Charles aux plaines d’Abraham, en passant par les Chutes Montmorency.
« C’est cet héritage naturel que j’espère voir préservé et transmis aux générations futures, afin qu’elles puissent elles aussi avoir un sentiment de fierté au quotidien », souhaite la jeune femme.
Celle-ci ne cache cependant pas son inquiétude face à différents «reculs sur des décisions environnementales et sociales».
« C’est précisément pour cette raison-là que je suis fière de ce prix-là. Là où j’habite, j’ai l’impression qu’on a choisi d’avancer, d’évoluer, puis de valoriser tout ce qui est autour de nous en ce moment », ajoute Emma-Jeanne Marchand.
« Pour les sept prochaines générations »
Le patronyme d’Emma-Jeanne Marchand n’est pas étranger à celui du maire de Québec, puisqu’elle est la fille de Bruno Marchand.
Ce dernier tenait d’ailleurs à ce que des plus jeunes prennent la parole, rappelant que c’est pour cette génération et les suivantes que le travail doit se poursuivre.
« Cet engagement-là, […] on le fait pour les générations qui viennent. On ne le fait pour être réélu, on ne le fait pas pour un travail. Moi, ce qui me motive, c’est de dire à notre jeunesse qu’on va avoir fait tout ce qu’on peut, au moment où on le pouvait, pour leur passer un flambeau qui était le plus allumé possible, qui était le plus fort possible », soutient le maire de Québec.
Reprenant un engagement du Grand Chef de la Nation Wendat, Pierre Picard, M. Marchand indique que les décideurs ont « le devoir de prendre des décisions pour les sept prochaines générations. »
Vers une densification
Le maire de Québec indique que cette désignation poussera la Ville et ses différents partenaires à réfléchir autrement le développement économique ou le développement domiciliaire, notamment en densifiant et en n’ouvrant pas le périmètre urbain.
« On va être obligés de dire aux gens que ce qu’on a fait depuis des décennies est arrivé à saturation. Parce qu’on ne peut plus se permettre [d’empiéter] cette couronne forestière. On ne peut plus se permettre de […] se dire que, si on s’éloigne de la Ville, ça n’aura pas de conséquences sur le transport, sur la pollution. On ne peut plus se permettre, […] fiscalement, de […] développer des services de plus en plus loin, qui nous coûtent de plus en plus chers et qui sont de plus en plus déficitaires», affirme Bruno Marchand.
Il réfute cependant l’idée que le territoire ne se développera plus et qu’il n’y aura plus de nouveaux logements.
Autres réactions
« Au cœur de cette désignation, il y a une idée fondamentale, qui est celle de protéger notre magnifique territoire pour les sept prochaines générations. [Pour] toutes les décisions qu’on prend d’ailleurs, nous avons cette grande préoccupation, comme élus de la Nation, […] de mesurer les impacts pour les sept prochaines générations. » – Pierre Picard, Grand Chef de la Nation Wendat
« En tant que première capitale à obtenir la désignation de région de biosphère, je sais que plusieurs se tourneront vers vous pour obtenir des conseils. Je suis persuadée que vous aurez beaucoup à offrir et à partager avec la communauté internationale de l’UNESCO. » – Vanessa Poulin-Gladu, gestionnaire, affaires publiques, pour la Commission canadienne de l’UNESCO
« Cette reconnaissance de l’UNESCO nous rappelle une chose principale, c’est que la beauté de Québec, ce n’est pas seulement son héritage, c’est aussi une responsabilité. » – Jean-Yves Duclos, député de Québec—Centre
Cet article bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.
Source : Monmontcalm (Monquartier) — Montcalm/Saint-Sacrement