Ce n’est pas toujours évident de représenter le Parti conservateur dans Taschereau. Le candidat Eliot Estévez-Verville reconnaît lui-même que c’est un terrain « moins fertile ». Pendant sa campagne électorale, le jeune homme de 20 ans tente de faire tomber les préjugés envers les conservateurs et de véhiculer les propositions du parti.
À son arrivée au café de la Maison Smith, sur l’avenue Belvédère, un homme âgé le reconnaît et lui demande s’il peut s’asseoir pour lui parler. « Monsieur Paré », un résident de Beauport, explique que les travaux du tramway l’incommodent quand il roule en automobile en Haute-Ville, mais que « c’est la voie de l’avenir », notamment pour réduire la congestion routière.
« On n’a pas d’argent dans les coffres de l’État pour faire un projet comme ça. Ce n’est pas un bon projet », lui répond Eliot.
Selon lui, le projet TramCité n’a pas été mené de façon transparente. Il redoute que la facture finale soit plus élevée que les 7,6 milliards de dollars estimés pour la première phase du tramway.
Des pancartes vandalisées
Les échanges avec les citoyens ne sont toutefois pas toujours aussi cordiaux.
Le candidat du Parti conservateur du Québec (PCQ) a signé une lettre pour dénoncer le vandalisme sur les pancartes électorales. Sa lettre a reçu l’appui de plus de 30 candidats du parti.
Plusieurs de ses pancartes ont été découpées au couteau, raconte-t-il. Sa tête a été retirée et placée dans une poubelle, tandis que son visage a été brûlé sur d’autres pancartes. Des symboles nazis ont également été dessinés sur certaines de ses affiches.
Eliot déplore cette façon d’essayer d’intimider les candidats pour les faire taire.
« Ça commence à être violent », dénonce-t-il.

Crédit photo: Page Facebook d’Eliot Estévez-Verville
Eliot rapporte que des candidats du PCQ reçoivent régulièrement des menaces, parfois de mort, et décrit le climat de campagne comme « assez toxique ».
« Quand les discussions montent, il faut être capable de se détacher de ça », croit le candidat, qui reconnaît que ce n’est pas toujours facile et que cette pression peut finir par peser lourd.
S’attaquer au coût de la vie
Au-delà du climat parfois tendu de la campagne, Eliot veut surtout parler des enjeux qui touchent les citoyens qu’il rencontre sur le terrain. Le coût de la vie revient régulièrement dans les discussions.
Il défend la proposition de son parti de faire passer de 18 952 $ à 35 242 $ le montant personnel de base : « C’est directement de l’argent dans les poches des gens ».
Eliot se montre également en faveur d’une réduction progressive de la taille de l’État québécois. Le plan du PCQ prévoit 47 milliards de dollars d’économies sur cinq ans, notamment en réduisant les subventions aux entreprises et les dépenses du gouvernement.
« Il y a une manière de dégraisser sans faire ça comme des fous. On peut le faire par attrition, avec des postes qui existent et qui ne sont pas nécessairement remplacés », affirme le résident du quartier Saint-Sacrement.
Pour le gaz naturel
Eliot se dit favorable à l’exploitation du gaz naturel au Québec pour remplacer le pétrole comme source d’énergie de transition.
Celui-ci insiste pour que les projets obtiennent l’acceptabilité sociale dans les régions concernées et respectent des normes environnementales strictes. Il plaide pour « une énergie québécoise au bénéfice des Québécois ».
Mordu de politique depuis longtemps
Son intérêt pour la politique ne date pas d’hier. Aussi loin qu’il se souvienne, il a toujours été conservateur et s’est intéressé très jeune à la joute politique.
Son père, vidéojournaliste à TVA pendant 27 ans, lui a permis de découvrir les coulisses de la politique québécoise. Lors de journées pédagogiques à l’école, Eliot l’accompagnait parfois à l’Assemblée nationale pour assister aux points de presse.
Il conserve des photos prises avec des politiciens, dont François Legault et Philippe Couillard.
Le jeune homme s’est ensuite impliqué bénévolement au sein de l’association locale de Taschereau du PCQ. La recherche d’un candidat dans cette circonscription, qui avait d’abord commencé sur le ton de la blague, est devenue sérieuse lorsqu’on lui a proposé de se lancer lui-même dans la course.
Il est finalement devenu officiellement candidat en février.
« Les politiciens nous parlent de travailler pour les jeunes générations. Pourtant, il n’y a aucun jeune qui est passé à la table des décisions », regrette-t-il.
D’après lui, son regard peut bien compléter celui de politiciens plus expérimentés.
Il apprécie d’ailleurs de côtoyer des candidats de différentes générations dans son parti, que ce soit une vétérane comme Maïté Blanchette-Vézina, qu’il considère comme sa mentore, ou encore la candidate dans Charlesbourg, Éloïse Coulombe, 23 ans.
Avoir le courage de ses convictions
Le mot audace lui vient immédiatement en tête quand il pense à son chef Éric Duhaime, leader du mouvement conservateur au Québec.
« Il fait des promesses qui peuvent être polarisantes, mais il faut avoir le courage de les faire. »
Cette valeur occupe une place importante dans sa propre campagne.
« C’est important de dire ce qu’on pense, même si on sait que ce n’est pas nécessairement populaire. »
Prêt à débattre
Eliot Estévez-Verville aura l’occasion de confronter ses idées à celles des autres candidats de Taschereau lors du débat organisé par la radio communautaire CKIA, le 24 septembre, au Patro Laval.
Le candidat conservateur a hâte de vivre cette expérience. Il souligne que le débat permettra aux électeurs d’entendre les propositions des principaux partis.
« Dans une société, il faut qu’on puisse débattre sainement », estime Eliot.
Il s’est fixé comme cible d’obtenir 15 % du vote.
En 2022, Marie-Josée Hélie avait récolté 8,76 % des votes dans Taschereau pour le PCQ. Cette dernière est cette année la candidate du parti dans Montmorency.
Source : Monmontcalm (Monquartier) — Montcalm/Saint-Sacrement