À 24 heures du déclenchement des élections, la campagne de Sol Zanetti est déjà bien enclenchée sur la 3e Avenue, à Limoilou. Dans l’ancienne boutique Lolita, devenue son local électoral, une trentaine de militants s’activent pour préparer la troisième campagne du député solidaire dans Jean-Lesage.
Le quartier général ne ressemble pas à un local électoral traditionnel : sofas, petite scène, cuisine, espace réservé aux enfants et même chapiteau consacré au tatouage de slogans indépendantistes s’y côtoient.
C’est dans cette ambiance qui, en apparence, n’a rien de politique que Sol Zanetti nous a accordé une entrevue, avant de donner sa 100e conférence consacrée à l’indépendance du Québec.
« Après huit ans, on connaît vraiment les enjeux »
À l’aube de son troisième scrutin dans Jean-Lesage, Zanetti met de l’avant l’expérience accumulée depuis son arrivée à l’Assemblée nationale en 2018. Il cite notamment les liens développés avec les organismes communautaires et environnementaux de la circonscription.
« La grosse différence, c’est qu’après huit ans, on connaît vraiment les enjeux. […] Là, après huit ans, on est au courant en temps réel, on connaît l’histoire fine des dernières années. »
Parmi les dossiers qu’il associe à son bilan figurent les mobilisations autour de la qualité de l’air à Limoilou, le projet Laurentia du Port de Québec et la crise du logement.
« Je crois qu’ils ont senti qu’ils avaient un député de leur bord », affirme-t-il à propos des groupes communautaires et environnementaux avec lesquels son équipe a travaillé.
Il revendique également l’adoption d’une loi visant à mieux protéger les locataires aînés contre les évictions.
Zanetti attribue une partie de ces avancées aux citoyens venus interpeller son équipe sur les enjeux qui les touchent directement.
« On a donné la voix à des gens qui n’en pouvaient plus de la crise du logement », résume-t-il.
De Limoilou à l’autobus de campagne
Le troisième mandat qu’il sollicite dans Jean-Lesage devra être concilié avec un rôle provincial plus important. Comme co-porte-parole de Québec solidaire, Sol Zanetti accompagnera Ruba Ghazal pendant une partie de la campagne.
« Comme porte-parole, je vais avoir un rôle plus grand dans la campagne. Évidemment, c’est Ruba qui va être candidate au poste de première ministre et qui va faire le débat des chefs. Moi, je vais être une partie de mon temps dans l’autobus, surtout au début », explique-t-il.
M. Zanetti prévoit ensuite d’effectuer des allers-retours entre Jean-Lesage et les autres circonscriptions québécoises où sa présence sera requise.
« Le rythme d’une campagne en autobus, c’est un rythme effréné, pis j’ai hâte de vivre ça un peu. Mais j’aime le rythme où tu es dans ta circonscription et tu as plus le temps que jamais de rencontrer la population », confie-t-il.
Le porte-à-porte et les rencontres spontanées avec les citoyens font partie des moments de campagne qu’il dit apprécier particulièrement.
Tous les adversaires sont maintenant connus
Dans Jean-Lesage, l’arrivée de Claude Villeneuve comme candidat du Parti québécois ajoute un adversaire que Sol Zanetti connaît déjà.
« Je connais très bien Claude, c’est un gars que j’apprécie. Je trouve ça intéressant parce qu’il connaît très bien les enjeux municipaux de la circonscription. Donc ça va permettre vraiment de bons débats en profondeur », dit-il.
Le député sortant a également de bons mots pour la candidate libérale Gertrude Bourdon, qu’il avait affrontée lors des élections de 2018.
« Ça avait été quelqu’un de très agréable avec qui faire campagne la dernière fois. »
La liste des candidats est maintenant complète dans Jean-Lesage. La caquiste Nathalie Saint-Pierre et la conservatrice Nancy Joannette ont elles aussi été confirmées par leur parti, ce qui porte à cinq le nombre de candidats connus dans la circonscription.
« Là, on part premier »
Les sondages actuels ne placent pas Québec solidaire dans une position aussi favorable qu’au début de la dernière campagne, mais Zanetti estime que la volatilité de l’électorat laisse la porte ouverte à des renversements.
« Il y a près d’une personne sur deux présentement qui ne sait pas pour qui voter aux prochaines élections. Le vote est très volatil et cinq partis qui sont en mesure de faire élire du monde, ça va donner des courses très imprévisibles partout au Québec », estime-t-il.
Il rappelle qu’en 2018, six mois avant le scrutin, il se trouvait quatrième dans les intentions de vote avant de remporter Jean-Lesage. En 2022, il était deuxième à pareille période avant de conserver son siège.
« Là, on part premier. On espère que ça va bien aller. »
Source : Monlimoilou (Monquartier) — Limoilou