Jean-François Joubert conjugue environnement et souveraineté dans Taschereau

Jean-François Joubert est environnementaliste et souverainiste. Il se reconnaît donc dans le parcours de Martine Ouellet, cheffe de Climat Québec. Pour une deuxième élection consécutive, il représente ce parti dans la circonscription de Taschereau.

Professeur d’anglais depuis 30 ans, dont 20 ans au Cégep Garneau, Jean-François Joubert est tout de même particulièrement attaché à la langue française.

«J’ai toujours été un peu politisé, assez pour me déplacer quand il y avait des événements souverainistes, pour le français. J’ai vécu à l’étranger et je sais à quel point c’est fragile le français au Québec», explique M. Joubert, rencontré à la librairie-café Le Mot de Tasse, dans Saint-Sacrement.

Jean-François Joubert a lui-même écrit quatre livres portant sur le français québécois. Et son livre le plus récent se penche sur l’histoire d’Olivier Le Jeune, premier esclave noir recensé en Nouvelle-France. La recherche autour de ce personnage historique a même mené M. Joubert jusqu’à Madagascar, possible pays d’origine de celui qui avait seulement six ans à son arrivée à Québec, où il a vécu 25 ans.

«Je suis allé à Madagascar, je suis allé rencontrer des historiens. J’ai fait une expertise paléographique sur les documents de son procès. […] Il a été poursuivi pour diffamation», raconte avec passion M. Joubert.

Pour lui, la production de ce livre a été «un travail d’amour» pour le personnage.

Implication des premiers instants avec Climat Québec

Jean-François Joubert ne cache pas son admiration pour Martine Ouellet, ancienne ministre des Ressources naturelles dans le gouvernement de Pauline Marois et cheffe-fondatrice de Climat Québec, parti fondé en 2021.

«Je voyais Martine Ouellet dans les manifestations, même quand elle était au PQ et qu’elle était ministre. Elle arrivait avec sa voiture et sa pancarte, toute seule. Il y en avait d’autres qui étaient peut-être plus occupés cette journée-là, mais elle était là. J’ai compris tout de suite qu’elle était très déterminée, qu’elle avait beaucoup de connaissances sur l’environnement et des idées claires sur la souveraineté, que je partage», relate le candidat de Climat Québec.

Lors de la formation du parti, celui qui avait aussi milité au sein d’Option nationale a rapidement levé la main pour aider Climat Québec. Il se présente comme candidat dans Taschereau en 2022, avant de répéter l’expérience en 2026.

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Jean-François Joubert est lui-même attaché à la circonscription, où il travaille et où il réside, dans le quartier Saint-Sacrement. Mais il a aussi quelques souvenirs d’enfance, liés à la Basse-Ville.

«Ma mère vient d’ici. Moi, j’ai grandi à l’extérieur de Québec. Mais on revenait toujours à Noël. Alors j’ai des souvenirs de la Basse-Ville. […] Il y a des gens qui mettaient des lumières sur leur balcon et juste de voir ça et de me promener en décembre, c’était tellement beau», se rappelle-t-il.

Environnement et indépendance

Si le parti Climat Québec est celui qui répond le plus aux attentes de Jean-François Joubert, c’est par sa combinaison entre l’environnement et la souveraineté du Québec.

«On est dans un pays qui est un des plus gros producteurs de pétrole du monde. L’influence de l’énergie [fossile] est très présente. Pour être efficace au niveau environnemental, il faut l’indépendance», soutient le candidat.

Son admiration pour Martine Ouellet remonte aussi à l’époque où le gouvernement Marois a fermé la centrale nucléaire de Gentilly-2. Le dossier relevait alors de l’ancienne ministre des Ressources naturelles.

«Ça me montrait qu’elle était capable de mener des dossiers de manière très tangible, même contre son parti. Il y a toujours beaucoup de pression pour empêcher ces choses-là. J’étais très confiant pour son pedigree au niveau environnemental», affirme M. Joubert.

Celui-ci croit d’ailleurs que les différents partis ne parlent pas suffisamment de la crise environnementale.

«Peut-être qu’on n’en parle pas, mais c’est quelque chose dont tout le monde est conscient. Il n’y a pas beaucoup d’offre réelle pour s’attaquer à ça de manière cohérente», analyse-t-il.

Jean-François Joubert ajoute que «tous les agissements et les dépenses de l’État doivent aller dans un filtre par rapport à l’environnement.»

Revoir le tramway, oublier le troisième lien

Sur le projet de tramway, Climat Québec propose une autre option que celle actuellement défendue par la Ville de Québec, CDPQ Infra et le gouvernement du Québec. Selon le candidat dans Taschereau, le projet actuel «est très cher payé pour les résultats qu’on donne».

Jean-François Joubert rappelle que son parti préférerait la mise en place d’un Tramway Sans Rail Intelligent (TSRI).

«Pour le même prix, on fait la Rive-Sud, Charlesbourg, l’aéroport. Il se rend sur la Côte-de-Beaupré. […] Il va plus vite, il est plus flexible», défend M. Joubert.

Selon le parti, les véhicules pourraient se déplacer sur la route, puisqu’ils auraient des roues, à la différence d’un tramway sur rails traditionnel.

«C’est le type d’offre qui fait que les gens changent de comportement», ajoute le candidat.

Pour lui, ce projet pourrait être une réussite, au même titre que l’a été le système de vélopartage àVélo à Québec.

M. Joubert s’oppose également à la réalisation d’un nouveau lien entre Québec et Lévis.

«On a des indices très, très forts que le parc automobile en Amérique du Nord va diminuer dans les prochaines années, peut-être dans les prochains 20 ans. Ce n’est peut-être pas le bon moment d’investir autant pour ça, même si on est conscients du problème», soutient le candidat.

Il croit que le projet de tramway sans rail pourrait répondre aux besoins des gens de Lévis et de Québec.

Logement et itinérance

Pour Jean-François Joubert, l’environnement doit aussi se trouver au cœur des décisions en matière de logement.

Il propose notamment l’amélioration du chauffage, en privilégiant le chauffage électrique à celui au mazout ou au gaz naturel. M. Joubert aimerait aussi voir se multiplier, «surtout en Basse-Ville», les toits verts et les toits blancs.

M. Joubert croit également que l’État doit intervenir pour «amoindrir les disparités [économiques] et faire en sorte qu’il y ait une offre qui soit bonifiée», afin de s’attaquer à la crise du logement.

Il estime que ces inégalités, additionnées aux enjeux de santé mentale, ont un impact sur la croissance de l’itinérance.

«Nous, on favorise mieux d’État pour réduire les inégalités économiques, comme outil de redistribution de richesse», ajoute Jean-François Joubert.

Il veut finalement mieux soutenir les organismes communautaires, en plus de miser davantage sur les CLSC, qui devraient être ouverts 24/7 selon lui.

Un député à l’écoute

Finalement, selon Jean-François Joubert, ce qui ferait de lui un bon député pour Taschereau relève de sa capacité d’écouter et de discuter avec les gens.

Par exemple, lorsqu’il veut parler de sujets comme l’immigration ou la religion, il peut fréquenter des épiceries africaines, comme L’Éburnéenne, dans le quartier Saint-Roch.

Pour discuter et entendre différentes idées, il se rend aussi au Mot de Tasse ou à la Librairie Saint-Jean-Baptiste.

«J’aime ça écouter les gens parler, écouter leur vécu et ce qu’ils vivent. Il y a beaucoup de transformations en ce moment à Québec. Et les gens vivent ça de manière très différente. Ils ont plein d’idées», conclut le candidat de Climat Québec.

Cet article bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.

Source : Monmontcalm (Monquartier) — Montcalm/Saint-Sacrement

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