Hôtel de ville : Itinérance, sécurité routière et statue de Champlain

Les élus municipaux siègent une dernière fois à l’Hôtel de Ville de Québec, avant la pause estivale. Le maire Bruno Marchand et le chef de l’opposition officielle Stéphane Lachance ont été questionnés sur une foule de sujets lors de leurs points de presse, allant de l’itinérance à la sécurité routière, en passant par Samuel De Champlain.

Huit mois après les élections, le conseil municipal élu en novembre 2025 prendra ses premières vacances d’été. Les activités reprendront le mardi 25 août, période qui devrait coïncider avec le lancement de la campagne électorale provinciale.

Ça n’empêche pas que les élus devront continuer d’assumer certaines responsabilités, dont celles de répondre aux questions des médias, comme ce fut le cas ce mardi.

Pas de « répression de l’itinérance », selon Marchand

Au cours des derniers jours, Radio-Canada s’est intéressé à l’itinérance dans le quartier Saint-Roch, alors que des organismes et des personnes en situation d’itinérance déplorent la façon de faire de la Ville depuis quelques semaines.

À la fin mai, un reportage du Journal de Québec rapportait la présence d’un campement sur la place de l’Université-du-Québec. Le maire Marchand et le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) ont convenu de rappeler la politique de l’administration municipale, soit celle de la « tolérance zéro » pour les campements.

Des personnes ont aussi dû quitter leur emplacement situé sous les bretelles de l’autoroute Dufferin-Montmorency, avec bien souvent peu de temps pour tout remballer leur matériel et tenter de se trouver un autre abri d’infortune.

Le maire a aujourd’hui écarté l’idée que la Ville « manque d’humanité » en appliquant cette « tolérance zéro ».

« Est-ce que vous êtes capables de me citer un exemple, où un campement dans une ville au Québec a été un succès ? », réplique M. Marchand aux journalistes.

Pour lui, ces campements sont des endroits qui nécessitent des interventions presque quotidiennes des pompiers ou des policiers, et où le crime organisé s’installe.

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M. Marchand en avait aussi contre le titre d’un article du journaliste de Radio-Canada, intitulé « La répression de l’itinérance fait des dégâts à Québec », qu’il a estimé « injuste ».

Questionné sur les délais de 10 minutes demandés pour ramasser le stock, le maire n’a pas dérogé de son discours.

« On vit dans une société où on ne peut pas faire les choses comme chacun veut le faire. À 600 000 personnes, c’est impossible. Oui, il y a des règles, et il y a des règles pour les itinérants aussi. Ce n’est pas parce que vous en arrachez que vous avez le droit de faire n’importe quoi » ajoute Bruno Marchand.

De son côté, Stéphane Lachance, chef de Respect citoyens, se place aussi dans le camp « tolérance zéro » pour les campements.

« Par contre, on ne peut pas arriver […] et faire un démantèlement, et après ça, espérer que ces gens-là vont se disperser dans la ville et ne reviendront pas. Ce n’est pas ça qui va arriver », nuance M. Lachance.

Ce dernier estime que l’ancienne centrale de police Victoria pourrait accueillir des gens, mais semblait ignorer que le bâtiment était infesté par la vermine et les moisissures depuis bien avant le départ des policiers.

À défaut de ce bâtiment, il demande d’étudier différentes possibilités ailleurs.

« Il y avait une espèce d’épidémie pour les chats qu’on ne voulait pas mettre avec la SPCA. Et la Ville a fourni un bâtiment pour les aînés. Ça fait que si on peut le faire pour les chats, on peut le faire pour les humains », estime l’élu de Val-Bélair.

Sécurité routière, à Beauport et ailleurs

La semaine dernière, plusieurs ont été ébranlés d’apprendre le décès d’un jeune garçon à Beauport, happé par une automobiliste au coin de l’avenue des Sablonnières et du boulevard Raymond.

C’est le cas de la conseillère municipale de l’endroit Mélanie Sauvé, qui représente le district de Sainte-Thérèse-de-Lisieux. Celle-ci offre sa collaboration avec la Ville afin de tenter de trouver des solutions pour sécuriser ce secteur.

Elle reconnait également que l’équilibre peut être difficile à trouver entre les demandes des différents utilisateurs, alors que certains nouveaux aménagements routiers, destinés à sécuriser des secteurs, peuvent parfois entrainer une levée de boucliers d’automobilistes.

« Quand ce sont des changements qui sont très bien expliqués, je crois que le citoyen va prendre conscience [de la raison]. Si ce n’est pas bien expliqué les raisons du comment et pourquoi on fait ces aménagements-là, c’est sûr que le citoyen va le prendre de travers », répond Mme Sauvé.

Le parti Respect citoyens répète d’ailleurs ne pas être contre les pistes cyclables, mais souhaite, avant d’implanter de nouveaux aménagements, « réévaluer le besoin d’une nouvelle piste cyclable ».

De son côté, le maire Marchand salue le travail accompli par la conseillère de l’opposition « de façon exemplaire dans ce dossier-là ». Il ajoute que la Ville va « tout faire ce qu’il est possible de faire » afin de sécuriser les rues de Beauport, mais aussi d’autres secteurs de Québec.

M. Marchand lance quand même quelques flèches, alors qu’il estime que les conseillers et conseillères se font parfois « lancer des tomates » au moment de faire de nouveaux aménagements sécuritaires, comme des saillies de trottoir, qui peuvent retirer des espaces de stationnement, ou implanter un Corridor VivaCité, comme sur le chemin Sainte-Foy.

« Toujours ramener chaque  aménagement à la “guerre à l’auto”, c’est complètement disgracieux », tonne-t-il, s’adressant à la fois à l’opposition officielle et au discours véhiculé dans certaines radios.

Un autre voyage pour Champlain ?

En Ontario, la petite ville d’Orillia est au cœur d’une controverse historique. Depuis quelques jours, on cache une statue du fondateur de Québec, Samuel de Champlain, à la vue des visiteurs. Celle-ci, mettant en scène des autochtones au pied de l’explorateur français, est accusée de propager une vision colonialiste de l’histoire.

Quelques personnes et groupes ont levé la main pour demander de déménager cette statue à Québec, dont Marc Bellemare et le chef de l’opposition officielle à l’hôtel de ville.

« La statue de Champlain doit appartenir à Québec, point final. Pas à un entrepôt de l’Ontario et pas sur un socle à Montréal. Ici, dans la ville qu’il a fondée. Champlain a fondé Québec et il est le temps de le ramener chez lui », demande Stéphane Lachance, qui voudrait que la Ville de Québec lève officiellement la main.

Parmi les lieux pouvant accueillir le monument, M. Lachance nomme entre autres la Promenade Samuel-De Champlain.

Quant au maire, il semble beaucoup moins chaud à l’idée. Bruno Marchand indique que la restauration de l’actuel monument représentant le fondateur de Québec sur la terrasse Dufferin pourrait coûter entre 2 et 3 M$.

« On n’en aura pas d’autres qui vont coûter des millions aux contribuables. La réponse est non », tranche le maire.

Cet article bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.

Source : Monlimoilou (Monquartier) — Limoilou

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