Pour la cinquième fois depuis 2012, Guy Boivin porte les couleurs d’Équipe autonomiste dans la circonscription de Taschereau. Cet habitué des bulletins de vote réclame notamment une plus grande autonomie et veut troquer «l’État-providence» pour l’«État facilitateur».
Guy Boivin se présente en 2026 pour une huitième fois aux élections. En plus de ses candidatures avec Équipe autonomiste en 2012, 2014, 2018 et 2022, il a aussi tenté sa chance aux trois dernières élections municipales.
Il représentait Alliance citoyenne en 2017 dans le district de Montcalm—Saint-Sacrement, puis Démocratie Québec dans celui de Sainte-Thérèse-de-Lisieux en 2021. L’an dernier, c’est pour Québec d’abord, la formation alors dirigée par Claude Villeneuve, que Guy Boivin a offert ses services dans le district de Cap-aux-Diamants.
«Mais au fédéral, je n’ai jamais été attiré. C’est comme si les problèmes fédéraux nous touchaient moins. C’est comme si c’était moins proche de nous», précise-t-il.
Fonctionnaire, auteur et citoyen actif
Guy Boivin est originaire de la région du Lac Champlain, mais a déménagé assez jeune à Saint-Hyacinthe, où il a fait la majorité de son parcours scolaire. Il a ensuite régulièrement fait la route entre Saint-Hyacinthe et Montréal, afin d’assister à ses cours en techniques juridiques au Collège Ahuntsic.
«Ensuite de ça, je suis rentré au gouvernement comme technicien en droit et je suis resté au gouvernement par insécurité jusqu’à ma retraite», explique-t-il.
Installé à Québec en 1992, d’abord dans le quartier Saint-Roch, il achète ensuite une maison sur l’avenue De Bougainville, dans le quartier Montcalm, qu’il fait rénover. Il y accueille d’ailleurs ses parents lors de la crise du verglas, en 1998.
Guy Boivin est également un auteur, alors qu’il a coécrit trois romans avec Hans-Jürgen Grief : La bonbonnière (2007), Le temps figé (2012) et Le pélican et le labyrinthe (2018).
Même s’il n’est pas sur le conseil d’administration, il est tout de même un citoyen très impliqué au sein du conseil de quartier de Montcalm. M. Boivin est un abonné assidu aux assemblées mensuelles, lors desquelles il a toujours quelques questions en banque. Pour lui, c’est d’ailleurs une façon de comprendre les enjeux du quartier.
«Je vois un peu qu’est-ce que sont les besoins au fur et à mesure. Donc, c’est là que je me prononce beaucoup. Par exemple, dans Taschereau, j’ai fait une demande pour réussir à avoir un aspect visuel sur les stations de tramway», illustre-t-il.
Ancien chef de parti et autonomie
Le parti Équipe autonomiste est né en 2012, après que la Coalition avenir Québec (CAQ) ait officiellement avalé l’Action démocratique du Québec (ADQ). Quelques adéquistes déçus, qui avaient voté contre la fusion, ont alors décidé de se regrouper au sein d’un nouveau parti : Équipe autonomiste.
On approche Guy Boivin, d’abord pour son expérience dans le domaine du droit. Il rédige les statuts réglementaires de la nouvelle formation politique. Lors des premières élections, en 2012, c’est même lui qui est à la chefferie du parti, poste qu’il occupe jusqu’en 2016.
Pour lui, comme le nom du parti l’indique, un des principaux objectifs de la formation, c’est «d’être le plus autonome possible».
«Donc, on veut que l’État-providence disparaisse pour que ça devienne un État facilitateur. On veut responsabiliser les organismes, responsabiliser les gens. Et on veut que l’État soit le moins impliqué possible dans les décisions», explique M. Boivin.
Il estime notamment qu’un directeur d’école devrait gérer son établissement comme si c’était une école privée. Pour le candidat autonomiste, ça signifie que le directeur serait en charge de la gestion de son immeuble, plutôt que le gouvernement.
M. Boivin aimerait aussi que le gouvernement mette en place un système où tous les employés potentiels sont inscrits. Les employeurs pourraient alors consulter les listes afin de trouver les personnes qui correspondent aux critères recherchés.
«Et s’il n’y a personne qui correspond aux critères nécessaires, à ce moment-là, on va en immigration», précise le candidat.
Abolition des subventions et transparence
Le parti de Guy Boivin est aussi en faveur de l’abolition de la majorité des subventions. Il croit cependant que le travail accompli par certains organismes pourrait justifier d’intégrer son budget à celui du gouvernement.
«Si le Pignon Bleu est un service essentiel, on veut que ça devienne une entité essentielle au gouvernement et qu’il n’ait plus à quêter à chaque année pour avoir des subventions, pour avoir de l’argent», illustre-t-il.
M. Boivin souhaite aussi une plus grande transparence, estimant que «le peuple a le droit de savoir où va son argent».
«On veut rendre public, quotidiennement, le grand livre comptable du gouvernement, avec les noms de tous ceux qui ont l’argent. Les journalistes pourraient aller voir quel magasin vous a vendu des stylos. Donc, tout est marqué, parce que c’est l’argent du peuple», donne-t-il en exemple.
Selon lui, cette méthode pourrait permettre d’«éliminer la magouille».
Circulation de transit et un troisième lien encore plus à l’est
Selon Guy Boivin, le projet de tramway est maintenant trop avancé pour s’y opposer. En revanche, il croit qu’une des priorités pour Taschereau, c’est d’éviter que les quartiers soient seulement des lieux de transit pour voitures.
«Actuellement, la Ville a tendance à nous prendre pour un quartier où les autos passent pour se rendre à la Colline parlementaire, pour se rendre à des spectacles, mais on ne veut pas devenir une place de transit. On veut devenir une place où habitent des gens et où il y a des services», soutient-il, ajoutant qu’il faut travailler à établir des services de proximité dans le Vieux-Québec, plutôt que de le limiter à des commerces pour touristes.
Par ailleurs, Guy Boivin propose la construction d’un nouveau lien autoroutier, mais pas mal plus à l’est que Beauport ou l’île d’Orléans.
«Nous, le troisième lien, ce qu’on avait pensé, c’était plutôt de le mettre de l’Islet-sur-Mer à Saint-Tite-des-Caps. Ce qu’on veut, c’est qu’avant l’île d’Orléans, il y ait un pont, pour que toutes les personnes de l’Est de la province, les camionneurs surtout, puissent éviter les côtes de Saint-Joachim, pour réussir à s’en aller vers la Côte-Nord, vers Charlevoix, vers tous ces coins-là», explique l’aspirant député.
Selon lui, cette nouvelle infrastructure libérerait de la place sur les ponts de Québec et Pierre-Laporte, pour favoriser les déplacements des gens de Lévis.
M. Boivin propose également un changement de tracé pour le TGV, afin de limiter son passage sur les terres agricoles. Pour lui, plutôt que de longer le fleuve Saint-Laurent, il pourrait partir de l’aéroport Jean-Lesage pour se rendre vers Shawinigan, Saint-Jérôme puis Ottawa, afin de circuler davantage par le Bouclier canadien.
Cliniques partout et éducation gratuite
Même s’il reconnaît que le parti est peut-être campé plus à droite, Guy Boivin estime qu’Équipe autonomiste a quand même pensé à certaines mesures sociales, pouvant être considérées plus à gauche. Il croit d’ailleurs que le Parti conservateur du Québec (PCQ) d’Éric Duhaime est beaucoup plus à droite et libertarien.
En santé, M. Boivin trouve anormal qu’«une urgence d’hôpital soit ouverte au grand public».
«On voulait donc obliger tous les quartiers et toutes les municipalités à avoir une clinique médicale. Et on voulait salarier les médecins», explique-t-il.
Pour Guy Boivin, ces cliniques doivent se gérer comme des cliniques privées. Mais il croit que, tant que 95% des postes ne sont pas comblés au public, il est interdit d’ouvrir une nouvelle clinique privée.
En éducation, il propose la gratuité durant tout le parcours scolaire, jusqu’à la fin de l’université. Mais à partir des études post-secondaires, ce sera en fonction de la réussite de l’élève.
«Si le jeune adulte ne réussit pas ses cours, à ce moment-là, il paie pour ses cours. On va le soutenir comme État, tant et aussi longtemps qu’il réussit», propose Guy Boivin.
Testament politique
Au printemps dernier, Guy Boivin a publié son testament politique, une brique de plus de 450 pages, publiée à ses frais. Intitulé Autonomie plutôt qu’indépendance du Québec, on y retrouve notamment tout le programme d’Équipe autonomiste.
«C’est divisé par ministère. Et ça donne une idée globale de tout ce qui se fait dans le parti. Donc, c’est pour montrer qu’on est quand même sérieux», évoque-t-il.
Guy Boivin estime que la campagne électorale de 2026 «ne lève pas du tout». Pour lui, personne ne parle d’une vraie réforme du système de santé.
«On parle juste de mettre de l’argent dans le système, alors qu’on sait que le système ne marche pas. L’impression qu’on a actuellement, c’est que si les petits partis émergents avaient plus de droit de parole, probablement qu’il sortirait plus d’idées», croit M. Boivin.
Il estime qu’Équipe autonomiste apporte «du sang nouveau aux vieux partis».
«Nous, on se considère un petit peu comme Jean Lesage à l’époque. Jean Lesage est arrivé avec sa Révolution tranquille. Nous, on arrive avec des idées plus révolutionnaires», conclut Guy Boivin.
Cet article bénéficie du soutien de l‘Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.
Source : Monmontcalm (Monquartier) — Montcalm/Saint-Sacrement