Après avoir dirigé le plus grand centre hospitalier du Québec, Gertrude Bourdon a choisi de replonger dans l’arène politique. Déjà candidate libérale dans Jean-Lesage en 2018, puis dans Jean-Talon en 2019, l’ancienne infirmière-PDG nous a donné rendez-vous au Domaine Maizerets afin de nous expliquer les raisons de cette troisième tentative de devenir députée.
Un attachement qui remonte loin
Pour Gertrude Bourdon, Jean-Lesage ne se résume pas à une circonscription électorale. Son histoire avec Limoilou remonte à son arrivée à Québec, à 16 ans, lorsqu’elle quitte sa campagne pour venir étudier au Cégep Limoilou. Elle habite alors sur la rue Chamfleury et voit déjà la 3e Avenue comme un lieu animé.
C’est aussi à Limoilou qu’elle commence à construire le parcours qui la mènera à la tête du réseau de la santé. L’hospitalisation de sa mère l’amène ensuite vers les soins infirmiers. En voyant les infirmières à l’œuvre, elle réalise qu’elles ont beaucoup plus de responsabilités et de pouvoir dans le réseau qu’elle ne l’imaginait.
Elle entreprend une formation en techniques infirmières au Cégep Limoilou, avec une mineure en services sociaux, puis commence sa carrière au CHUL. Elle travaille d’abord en gériatrie avant de se spécialiser pendant plus de six ans en néonatologie auprès des prématurés.
Approchée à plusieurs reprises pour devenir gestionnaire, elle gravit les échelons jusqu’à devenir directrice générale du CHUQ en 2009, puis présidente-directrice générale du CHU de Québec en 2015.
Une première entrée en politique mouvementée
Son passage de la santé à la politique se fait en 2018. Le Parti libéral du Québec et la Coalition avenir Québec souhaitent tous deux l’attirer dans leurs rangs.
Les deux formations voient en elle une candidate susceptible de devenir ministre de la Santé. Le PLQ lui propose Jean-Lesage, tandis que la CAQ lui offre Charlesbourg.
Elle choisit finalement le PLQ, notamment en raison du lien établi avec Philippe Couillard et de la façon dont l’ancien premier ministre lui présente les valeurs libérales.
Sa première campagne attire rapidement l’attention médiatique. Dans Jean-Lesage, elle termine troisième derrière le candidat de Québec solidaire, Sol Zanetti, et la candidate de la CAQ, Christiane Gamache.
Moins d’un an plus tard, elle accepte une nouvelle candidature libérale, cette fois dans Jean-Talon, à l’occasion de l’élection partielle de 2019. Elle termine deuxième derrière la candidate caquiste Joëlle Boutin.
Ces deux campagnes, particulièrement exigeantes sur le plan médiatique, auraient pu la convaincre de tourner la page. Elle choisit plutôt de rester engagée dans la vie politique.
« Je me suis dit que je ne pouvais pas ne pas revenir »
En 2022, elle passe son tour. Elle siège alors à quatre conseils d’administration et souhaite mener ses différents mandats à terme.
En 2026, l’idée d’un retour lui demande une nouvelle réflexion. Mais une fois sa décision prise, elle l’explique par une valeur qui l’accompagne depuis toujours : le travail.
« J’ai vu neiger. Pour moi, le travail, c’est une valeur. […] Je vois mes petites-filles travailler et je me suis dit que je ne pouvais pas ne pas revenir. »
Son engagement l’a également rapprochée de Charles Milliard. Tous deux viennent du réseau de la santé. Selon Gertrude Bourdon, cette expérience crée une culture commune autour du travail.
« Quand on est dans le milieu de la santé, il y a trois grandes valeurs qui nous unissent : l’altruisme, l’autorégulation et le partage des connaissances. »
« Charles est capable de prendre la critique parce que pour lui, ça fait partie de son amélioration continue. »
Trois engagements pour Jean-Lesage
Gertrude Bourdon arrive avec trois engagements précis pour Jean-Lesage. Elle veut d’abord travailler avec VITAM, le centre de recherche en santé durable, afin de favoriser le financement d’initiatives locales en promotion de la santé et en prévention.
En matière de logement, elle souhaite qu’une part importante des 100 000 logements promis par le PLQ, dont 40 000 logements sociaux et abordables, soit construite dans Jean-Lesage, où le revenu moyen des ménages est le plus faible.
Enfin, elle veut prolonger la Promenade Samuel-de-Champlain et faire avancer une passerelle cyclopiétonne reliant le secteur du Domaine Maizerets au fleuve.
Ces propositions, elle les présente alors que la campagne demeure très ouverte sur le terrain. Elle dit recevoir un accueil chaleureux, mais constate aussi une forte indécision chez les électeurs.
« Moi, je suis une optimiste et j’aime le monde. Les gens sont très accueillants, gentils et réceptifs. Les statistiques nous parlent, les gens sont indécis. »
Plusieurs lui disent vouloir attendre les débats avant de faire leur choix.
« Je vais écouter les débats et ensuite je vais me décider », lui disent certains électeurs.
Source : Monlimoilou (Monquartier) — Limoilou