Fête nationale : les artistes sont prêts, beau temps, mauvais temps

À un peu plus de 24 heures du grand spectacle de la Fête nationale sur les plaines d’Abraham, les artistes affichent un mélange d’enthousiasme, d’impatience et de soulagement. Après l’annulation de l’événement l’an dernier, en raison d’un violent orage survenu moins d’une heure avant le début des festivités, tous espèrent cette fois pouvoir enfin célébrer avec le public québécois.

Depuis près de deux mois, une douzaine d’artistes et des dizaines de travailleurs de l’ombre préparent ce rendez-vous annuel, qui pourrait attirer entre 60 000 et 80 000 spectateurs si les conditions sont favorables. Cette 192e édition de la Fête nationale soulignera notamment le 75e anniversaire de naissance du légendaire hockeyeur Guy Lafleur.

Si les prévisions météorologiques demeurent variables, le risque d’orages violents semble pour l’instant largement écarté. Les organisateurs ont néanmoins prévu un plan de secours : en cas d’interruption, les numéros enregistrés lors des répétitions seraient diffusés à Télé-Québec.

Des retrouvailles attendues

Pour plusieurs artistes, le spectacle de cette année a un goût de revanche, après le rendez-vous raté de 2025.

C’est notamment le cas de Mélissa Bédard, qui devait fouler les Plaines pour la première fois l’an dernier.

« Ah mon dieu! je me sens tellement bien. Je pense que j’ai prié tous les mots de mon corps pour que ça fonctionne cette année.», confie l’artiste originaire de Québec.

Après des dizaines d’heures de répétitions, elle a hâte de vivre enfin cette expérience devant le public.

« Ça devait être ma première expérience l’année passée, ça va encore être ma première expérience cette année. Je suis tellement reconnaissante de chanter devant ma famille, mes amis, d’avoir mon moment sur les Plaines. »

Même sentiment chez Claude Bégin, autre artiste de Québec, qui participe à cette « prise deux » avec enthousiasme.

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« C’est toujours un beau gros party, c’est un privilège énorme d’être ici avec tout le monde. C’est une prise 2, donc c’est un bon vibe », résume-t-il.

Le membre d’Alaclair Ensemble souligne que certains éléments du spectacle initialement préparé l’an dernier ont été conservés.

« Il y a plein de changements par rapport à l’année passée, mais il y a une partie de l’an passé qu’on a gardée. Donc pour nous, il y a eu un peu moins de répétitions. »

Pour le chanteur, revenir performer sur les Plaines comporte également une dimension personnelle.

« J’ai grandi dans l’épicentre du show des Plaines. Grande nostalgie, juste être dans mon hood de quand j’étais petit, c’est déjà magique. »

Si la température s’avère clémente, entre 60 000 et 80 000 spectateurs sont attendus sur les Plaines, pour perpétuer la tradition de la Fête nationale.
Crédit photo: Christophe Gagnon-Fortin

Jouer à la maison

La dimension locale résonne également chez Lou-Adriane Cassidy. Native du quartier Saint-Roch et aujourd’hui résidente de Limoilou, l’autrice-compositrice-interprète se réjouit de participer à un événement qui se déroule littéralement dans sa ville.

« Je me sens full bien, je me sens avec une belle gang, je me sens à la maison », raconte-t-elle.

Malgré l’ampleur de l’événement, elle décrit une atmosphère chaleureuse entre les artistes. « C’est des environnements où ça peut être intimidant, mais c’est tellement une belle attitude, tout le monde est content d’être là. »

Pour la chanteuse, l’occasion de partager la scène avec certaines figures marquantes de la chanson québécoise représente également un honneur.

« C’est vraiment un grand privilège de partager la scène avec certains artistes qui sont des mythes. Je pense à Marie Denise Pelletier, pour qui j’ai tellement d’admiration, je pense à Claude Dubois, qui est un monument de la chanson québécoise. »

Le fait de se produire sur les plaines d’Abraham ajoute une signification particulière à sa participation.

« Il y a un plus que ce soit à Québec. En plus, c’est chez nous. J’habite Québec, donc c’est spécial, c’est jouer à la maison. Les Plaines, c’est un endroit plein d’histoire et de signification. »

La chanteuse aux 12 prix Félix tient aussi à rappeler le travail effectué derrière les projecteurs.

« C’est énormément de personnes qui travaillent dans l’ombre, des musiciens, des techniciens, les régisseurs. C’est eux qui ont vraiment le poids du spectacle sur les épaules. Nous, les chanteurs, on a le beau rôle. »

Une vitrine pour la relève

Le spectacle offrira également une importante visibilité à des artistes émergents comme Mia Tinayre et Joseph Sarenhes.

À la veille de monter sur ce qui est souvent décrit comme la plus grande scène du Québec, Mia Tinayre ne cache pas son excitation.

« Je me sens fébrile, je pense que c’est le bon mot. Le mois de juin a été un gros mois pour tout le monde. Je dirais qu’on est pas mal quasi fracassés, mais ça va être malade demain. »

Avec un humour franc et sans filtre, elle avoue toutefois être encore surprise de se retrouver parmi les artistes invités.

« Je me demande encore qu’est-ce que je câlisse là ! », s’étonne-t-elle.

Joseph Sarenhes reconnaît lui aussi que les dernières semaines ont été exigeantes.

« Je pense qu’on est tous un petit peu fatigués parce que ça a été des grosses semaines. »

L’artiste estime toutefois que cette invitation constitue une marque de confiance importante.

« Il y a toujours un syndrome de l’imposteur, mais c’est un beau gage de confiance. Dans nos carrières professionnelles, c’est probablement parce qu’on a déjà prouvé qu’on était capables de le faire. »

À quelques heures du lever de rideau, tous partagent un même souhait.

Que la météo collabore enfin, pour permettre à la fête de se dérouler devant les dizaines de milliers de spectateurs attendus sur les Plaines d’Abraham.

 

Une douzaine d’artistes fouleront la scène des plaines d’Abraham, dans le cadre de la 192e édition de la Fête nationale du Québec.
Crédit photo: Christophe Gagnon-Fortin

Source : Monmontcalm (Monquartier) — Montcalm/Saint-Sacrement

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