La Table citoyenne Littoral Est et le Bureau d’animation et information logement Québec métropolitain (Le BAIL) tenaient jeudi midi une action de solidarité près de la RPA Le long des Berges située sur la 1re Avenue dans le Vieux-Limoilou. Le rassemblement visait à dénoncer l’inaction des élus municipaux et provinciaux depuis l’annonce de la fermeture de la résidence.
Les organismes mobilisés demandent aux différents paliers gouvernementaux d’utiliser les leviers à leur disposition pour protéger la vocation des résidences pour personnes âgées.
« À la Table citoyenne Littoral Est, on demande à la Ville de Québec qu’elle utilise son droit de préemption sur toutes les RPA du Littoral Est pour faciliter leur acquisition et leur socialisation en cas de vente », explique Azélie Rocray, coordonnatrice à la Table citoyenne Littoral Est.
Encouragés à partir
Une centaine de locataires de la RPA Le long des Berges ont appris en avril dernier que la résidence allait fermer ses portes à la fin du mois d’octobre. Le bâtiment changera de vocation et n’offrira plus de services aux personnes qui y vivent.
Au moment de l’annonce, plusieurs personnes se sont mobilisées afin que le lieu puisse garder sa vocation de RPA. Cinq mois plus tard, aucune mesure n’a été prise par l’administration municipale.
Sachant qu’ils n’auraient plus accès aux services, plusieurs résidents et résidentes ont choisi de quitter. L’équipe du BAIL estime toutefois qu’une partie des locataires ne connaissait pas leurs droits en partant.
Au printemps, des organismes d’aide en défense des droits des locataires ont tenté d’entrer en contact avec les aînés qui devaient quitter les lieux, mais l’accès à la résidence leur a été refusé.
De l’affichage a tout de même été fait à proximité de la résidence et des tracts ont été distribués.

Sophie Loisel du BAIL rappelle que la loi permet de conclure un nouveau bail et de rester dans son logement même sans services. « [Les résidents] auraient pu rester dans leur logement et, par exemple, recevoir les services du CLSC », explique-t-elle.
Cette dernière ajoute également qu’une compensation d’un minimum de trois mois de loyer revient aux locataires qui doivent quitter leur logement.
Sur les 100 personnes qui résidaient à la RPA, une vingtaine ont contacté le BAIL pour bénéficier d’un accompagnement. Selon Sophie Loisel, les personnes qui sont venues chercher de l’aide sont souvent celles qui sont le mieux entourées. Les plus vulnérables n’ont pas pu être rejoints, estime-t-elle.
Une situation problématique
Pour Sol Zanetti, député de Jean-Lesage et co-porte-parole de Québec solidaire, cette situation illustre des lacunes en matière de protection du logement pour les personnes âgées.
Dans les derniers mois, il s’est lui-même déplacé sur le terrain pour rencontrer les aînés qui entraient et sortaient de la résidence afin de leur distribuer des tracts contenant de l’information sur leurs droits.
« Beaucoup étaient surpris de ce qu’on leur apprenait par rapport à leur droit à avoir une compensation si jamais ils décidaient de partir de leur logement », confie-t-il.
Il est selon lui toujours temps d’agir et il encourage la Ville de Québec à se pencher sur ce dossier.
« Il y a une possibilité pour la Ville de racheter [l’immeuble] puis d’en confier la gestion à un OBNL d’habitation spécialisé là-dedans qui n’a pas pour but le profit et qui pourrait conserver la vocation au prix le plus bas possible […] Alors moi, je demande à la Ville de le faire », déclare Sol Zanetti.
Source : Monlimoilou (Monquartier) — Limoilou