FEQ : la noche caliente de Luis Fonsi

Le chanteur portoricain Luis Fonsi a offert samedi soir aux plaines d’Abraham un spectacle où la fête et l’émotion ont trouvé un équilibre. Entre ballades hispanophones, danse et proximité avec le public, l’artiste de 48 ans a démontré que son univers musical dépasse largement les clichés associés à la musique latine.

Une ambiance bien différente des autres soirs

Les plaines d’Abraham n’avaient pas tout à fait le même visage samedi soir. Le public, relativement jeune et composé de nombreux vingtenaires et trentenaires, comptait aussi une importante communauté latino-américaine venue accueillir l’un des siens. L’atmosphère était déjà à la fête avant même l’arrivée de la tête d’affiche.

La chanteuse colombienne de 29 ans Aria Vega a donné le ton avec une performance énergique en première partie, elle qui est entrée sur scène après le collectif Frikiton et le Montréalais Cruzito.

Vêtue d’un ensemble rouge rubis, elle a mené sa troupe de six danseuses dans une prestation dynamique, qui a rapidement réchauffé une foule déjà prête à danser.

Aria Vega, en première partie de Luis Fonsi, sur les plaines d’Abraham, le 11 juillet 2026.
Crédit photo: Sam Billington (Festival d’été de Québec) – Photo recadrée

Une star qui n’en a pas l’air

À 48 ans, Luis Fonsi affiche une allure de monsieur Tout-le-Monde. Vêtu simplement d’un pantalon cargo noir et d’une veste en jeans, il est loin de l’image flamboyante que l’on se fait d’une star internationale. Au premier abord, il n’apparait pas non plus être une bête de scène. Pourtant, énergique et contagieux, son charme opère rapidement.

Entouré de six danseurs, soutenu par quelques effets pyrotechniques et une mise en scène efficace, le Portoricain se révèle un excellent showman. Plus que les effets, c’est son interprétation qui retient l’attention.

Porto Rico a donné naissance à plusieurs des plus grandes vedettes de la musique populaire, de Ricky Martin à Jennifer Lopez, en passant plus récemment par Bad Bunny. Si plusieurs ont largement adapté leur proposition artistique à une pop américanisée, Luis Fonsi est demeuré fidèle à un répertoire essentiellement hispanophone, où les ballades occupent encore aujourd’hui une place centrale.

C’est sans doute ce qui explique que son spectacle mise davantage sur l’émotion et l’interprétation que sur une simple succession de rythmes latins. Le chanteur en a d’ailleurs profité pour présenter son nouveau simple, Cambiaré.

« Je parle la plus belle langue qui soit»

Luis Fonsi n’a eu aucun mal à faire participer les milliers de spectateurs. Lorsqu’il leur a demandé de se déhancher, la foule a obéi sans hésiter. De toute façon, le mouvement du bassin vient presque tout seul, même sans le vouloir.

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On ne peut pas dire toutefois que la foule semblait connaître l’ensemble de ses chansons, encore moins toutes les paroles. Mais le charme opère autrement. Le rythme, l’ambiance et l’interprète créent une atmosphère des plus festives qui nous fait presque regretter de ne pas avoir davantage d’été et de chaleur.

« Je sais que beaucoup d’entre vous ne parlez pas espagnol, mais je parle la plus belle langue qui soit, celle de la musique », a lancé Luis Fonsi, une phrase qui résume parfaitement l’esprit de la soirée.

Plus étonnante fut sa reprise de I Wanna Dance with Somebody de Whitney Houston, seule chanson en anglais du spectacle, mais un choix qui a néanmoins trouvé écho auprès du public.

Le moment Despacito

L’ambiance a atteint son sommet avec Échame la Culpa, popularisée en duo avec Demi Lovato, avant que ne retentissent les premières notes de Despacito.

Loin d’être l’homme d’un seul succès, il faut tout de même avoir vécu les dernières années dans un monde parallèle pour ne jamais avoir entendu cette chanson. Si Luis Fonsi roulait sa bosse dans le milieu de la musique depuis de nombreuses années, c’est Despacito qui l’a sorti de l’ombre en 2017, pour le propulser au rang de sensation mondiale.

Son vidéoclip a longtemps détenu le record de la vidéo la plus regardée de l’histoire de YouTube, atomisant au passage Gangnam Style, que l’on croyait alors indétrônable. Il occupe aujourd’hui le deuxième rang derrière Baby Shark, avec plus de neuf milliards de visionnements.

Samedi soir, Luis Fonsi n’a pas seulement fait chanter les plaines d’Abraham. Il a rappelé qu’une chanson n’a pas besoin d’être comprise dans chaque mot pour être ressentie, et qu’une carrière ne se résume jamais à un seul refrain.

Source : Monmontcalm (Monquartier) — Montcalm/Saint-Sacrement

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