Une soixantaine de personnes ont pris place vendredi soir au Saint-Jean Comédie Club pour une assemblée de cuisine de Farnell Morisset, candidat du Parti libéral du Québec (PLQ) dans Taschereau. Pendant environ 90 minutes, le candidat s’est tenu debout devant le public et a répondu aux questions des participants, qui déterminaient eux-mêmes les sujets abordés.
Le public choisit les sujets
Les questions ont porté autant sur des enjeux qui touchent directement la circonscription que sur des dossiers de politique québécoise. Une participante a notamment demandé à Farnell Morisset quels enjeux économiques et sociaux il souhaitait prioriser comme député.
Du tac au tac, sa réponse a été claire : l’itinérance.
« Quand on commence à avoir cinq ou six priorités différentes, on dilue l’importance de ces priorités-là », a-t-il répondu.
« Quand il y a […] 1 200 personnes qui n’ont pas de toit, je suis confortable à dire que les autres priorités seront un petit peu moins importantes tant qu’on n’aura pas réglé celle-là. »
La santé a également donné lieu à un échange sur la décentralisation du réseau. Morisset a reconnu ne pas être spécialiste de Santé Québec, tout en défendant une approche plus décentralisée, qu’il juge compatible avec la position de son parti.
La discussion s’est ensuite déplacée vers l’Hôtel-Dieu de Québec. Une résidente du secteur lui a demandé ce qu’il entendait faire de l’établissement s’il était élu. Une partie des activités et des services doit être transférée vers le complexe hospitalier de l’Enfant-Jésus, laissant planer des questions sur l’avenir du site dans le Vieux-Québec.
Le candidat affirme qu’un gouvernement libéral voudrait y maintenir une présence liée aux soins.
« Il y a un désir de la communauté locale de s’assurer qu’il y ait un élément de soin, des soins de première ligne, au moins une clinique ou quelque chose du genre à l’Hôtel-Dieu », a-t-il répondu.
Il ajoute que cette vocation demeure « un point d’interrogation depuis les huit dernières années avec la CAQ ».
Pour les espaces qui pourraient être libérés, Morisset dit que plusieurs avenues pourraient être envisagées, notamment pour la recherche ou les services sociaux.
Des questions sur le PLQ
Le public l’a aussi questionné sur l’éthique et le financement politique, notamment sur les pratiques ayant marqué le PLQ avant la Commission Charbonneau.
« Ce qui est clair, c’est que tous les partis politiques se livraient à ces stratagèmes-là », a-t-il affirmé.
Il a néanmoins reconnu que le PLQ, alors au pouvoir, avait bénéficié de sa position.
Farnell Morisset a aussi été questionné sur l’affaire des « Brownies », qui concernait des allégations d’achat de votes lors de la dernière course à la chefferie du PLQ.
« Avant de me présenter pour le Parti libéral, parce qu’il venait d’y avoir l’affaire des Brownies, j’ai demandé à Charles Milliard : je voulais voir tous les documents financiers en lien avec la course à la chefferie. Il m’a dit : oui et j’ai été en confiance », a-t-il raconté.
Une autre question est venue de Lambert Drainville. Présent dans la salle, l’influenceur politique a demandé à Morisset pourquoi le PLQ n’arrivait plus à rejoindre l’électorat francophone et comment il pouvait espérer gagner alors que le parti ne recueillerait qu’environ 12 % des voix.
Le candidat a notamment évoqué la multiplication des partis politiques et le changement du paysage électoral québécois.
« Avec cinq partis, aujourd’hui, en théorie, tu pourrais former un gouvernement majoritaire avec 23-24 % des votes. C’est weird et c’est nouveau, on entre dans une nouvelle ère en politique. »
Morisset a aussi évoqué l’image persistante du PLQ comme parti de l’ouest de Montréal. Selon lui, le programme du parti pourrait susciter davantage d’intérêt auprès des francophones s’il était mieux connu.
La discussion s’est ensuite poursuivie sur le mode de scrutin. Morisset s’est montré réservé face au système proportionnel mixte, craignant que les élus provenant de listes de partis soient davantage redevables à leur formation politique qu’aux électeurs.
Le candidat libéral avait participé à deux débats la veille. Devant le public du Saint-Jean Comédie Club, il ne semblait pourtant pas particulièrement nerveux.
Rencontré par Monsaintjean après cette assemblée de cuisine, alors que son équipe cherchait à savoir si certains participants avaient été convaincus de voter pour lui, Morisset a reconnu en riant avoir été plus nerveux qu’il ne le laissait paraître.
Source : Monmontcalm (Monquartier) — Montcalm/Saint-Sacrement