Farnell Morisset quitte les estrades pour gagner Taschereau

Après plusieurs mois sur le terrain, Farnell Morisset aborde la campagne électorale avec une ambition assumée : gagner Taschereau. Candidat libéral au parcours atypique, l’ingénieur, également doté d’une formation en droit et en économie, veut mettre son expérience et son engagement citoyen au service d’une autre façon de faire de la politique.

Aller sur la glace

Farnell Morisset a annoncé sa candidature à la mi-avril. Il a depuis attiré l’attention en raison de son profil inhabituel. Mais derrière les réseaux sociaux, son objectif demeure très classique : gagner.

« Mon objectif est de gagner et de devenir député de Taschereau. (…) Je sais que ce n’est pas gagné d’avance, mais c’est gagnable. »

Après plusieurs années à observer et commenter la politique, il estime qu’il est maintenant temps de passer à l’action.

« En regardant ce qui se passait en politique, je me suis dit qu’il était peut-être temps que je quitte les estrades pour aller sur la glace », raconte-t-il.

De Saint-Sacrement à Wall Street

Né et élevé dans le quartier Saint-Sacrement, Farnell Morisset y a fait son primaire et son secondaire avant d’étudier en génie civil à l’Université Laval.

Il travaille pendant cinq ans dans le parc technologique de Québec pour une entreprise technologique, en développement des affaires à l’international. Le travail l’amène sur trois continents.

« C’était vraiment une super belle expérience d’être dans le début de la vingtaine et de voir le monde et de travailler un peu partout », se souvient-il.

La négociation de contrats lui donne ensuite le goût du droit. Il étudie à l’Université McGill, avec une mineure en économie, devient directeur de campagne de son ami Joël Lightbound en 2015 et complète une maîtrise à la London School of Economics.

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Son parcours le mène finalement à New York, où il travaille pendant environ sept ans dans un grand cabinet de droit des affaires auprès du milieu de la haute finance de Wall Street.

Une expérience qui finit toutefois par le convaincre de changer de direction.

« J’ai réalisé qu’il y a de gros problèmes avec l’inéquité économique et sociale à New York et à travers le monde. Ça m’a amené à réaliser que c’était peut-être fini pour moi ce monde-là », explique-t-il.

Un libéral dans une circonscription qui ne l’a jamais été

Premier candidat libéral annoncé à Québec, Morisset aurait pu choisir une circonscription où le Parti libéral possède un historique électoral plus favorable. Il a plutôt choisi Taschereau, où il habite et où le PLQ n’a jamais remporté d’élection.

Pour lui, le choix allait de soi.

« Je veux faire de la politique de façon la plus honnête possible. Un député doit représenter son électorat et sa communauté. Je ne peux pas commencer ma carrière politique si je suis pour en avoir une, en magasinant ma circonscription pour avoir les meilleures chances. »

« Si je suis pour représenter ma communauté en premier, ça veut dire qu’il faut que je me présente là où elle existe. Pour moi, c’est dans Taschereau. »

Son choix du Parti libéral découle de son attachement à la défense des droits et libertés et à ce qu’il considère comme son aile progressiste.

Influenceur oui, mais pas que

Sa candidature a beaucoup fait parler en raison de sa présence sur les réseaux sociaux. Morisset est à l’aise avec le terme « influenceur », mais estime qu’il décrit davantage le moyen par lequel il rejoint les gens que ce qu’il est réellement.

« Je me considère plus comme un ingénieur. J’ai étudié en droit, je suis membre du Barreau, je suis un citoyen actif et je décide d’être actif sur les réseaux sociaux. »

Conscient que son passage des médias sociaux à la politique constitue un précédent, il a annulé ses chroniques à Radio-Canada dès qu’il est entré en discussion avec le PLQ.

« Je sais que je vais être un cas d’essai, je sais que je crée un précédent et je veux que ce précédent-là soit le plus sain possible pour la société québécoise », explique-t-il.

Sur le terrain, l’itinérance est l’enjeu qui lui tient le plus à cœur. Il veut s’attaquer plus largement à la marginalisation et estime que la situation s’est notamment aggravée en raison de décisions politiques.

« Moi, je vais mesurer mon succès ou mon échec comme député de Taschereau sur cet élément-là », affirme-t-il.

Au-delà des dossiers, Morisset souhaite aussi revoir le rapport entre les élus et les citoyens.

« Je crois qu’on peut améliorer la façon de faire de la politique. Pour moi, l’amélioration, c’est que les gens se rappellent que leur député, c’est pour les représenter eux en premier. »

Source : Monsaintroch (Monquartier) — Saint-Roch

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