Comme plusieurs fermes de la région, le Potager France Marcoux propose à sa clientèle des paniers de légumes biologiques livrés à différents points de dépôt au centre-ville chaque semaine. Monquartier a voulu retracer le parcours de ses légumes du champ jusqu’à l’assiette. Ou presque…
France Marcoux fait partie de la 11e génération de Marcoux à la tête de la ferme fondée en 1662 à Beauport. Bien qu’un kiosque de vente et qu’une petite partie de la production s’y trouvent toujours, la majorité des légumes est aujourd’hui cultivée sur l’île d’Orléans, à Saint-Laurent. C’est de là que débute le parcours des paniers vers le centre-ville.
Montage des paniers
Dès 6 h 30, l’équipe de travailleurs maraîchers se dirige vers les champs pour cueillir les légumes qui seront livrés le jour même et le lendemain. Chaque semaine, le contenu des paniers change en fonction des récoltes. La ferme, d’une superficie de cinq hectares, compte sur l’aide de cinq travailleurs étrangers pour la saison estivale.
« Aujourd’hui, on a les premiers poivrons de la saison », lance Ernest, qui s’affaire depuis 8 h à trier les légumes pour préparer les paniers. Cette semaine, on y retrouve également des courgettes, des concombres, du chou et des radis.
Le mardi est l’une des plus grosses journées de la semaine à la ferme. En fin d’avant-midi, les paniers destinés à être livrés au Collège Stanislas partent vers la ferme de Beauport. C’est Simon, le conjoint de France, qui les livrera un peu plus tard en après-midi.
Trois formats de paniers sont offerts aux personnes qui s’abonnent, soit 6, 8 ou 12 légumes. Il est possible d’en recevoir un chaque semaine ou aux deux semaines. Cette formule offerte depuis plus de 20 ans représente une grande partie de la production du Potager France Marcoux. Entre 150 et 200 paniers, livrés à trois points de chute, sont préparés chaque semaine.

Crédit photo: Olivier Alain
Un parcours plus court pour plus de fraîcheur
Auparavant, la ferme distribuait également ses légumes en supermarché, comme une dizaine d’autres producteurs de la région de Québec, précise France Marcoux.
« Aujourd’hui il n’en reste [à ma connaissance] qu’un seul. Le reste des légumes vient de Montréal, de l’Ontario ou des États-Unis. »
Un plus long parcours se traduit nécessairement par une moins grande fraîcheur du produit, estime la maraîchère. Les légumes que l’on retrouve au supermarché passent plusieurs jours en entrepôt avant d’être placés sur les étalages, si bien qu’au moment où ils se retrouvent dans l’assiette des consommateurs, ils ont été cueillis depuis près de trois semaines.
Les paniers du Potager France Marcoux contiennent des légumes récoltés la veille et le jour même. « Tu n’as pas besoin d’élaborer des grandes recettes avec ça parce que c’est des légumes d’été frais. C’est ce qui fait la différence », soutient-elle.
Néanmoins, la maraîchère remarque une légère baisse de popularité des paniers dans les dernières années. Le fait de devoir s’engager sur une longue période semble un frein pour certaines personnes.
« [La demande pour les paniers] baisse légèrement d’année en année. Ce qu’on observe chez nous à la ferme, c’est que beaucoup de gens partent en vacances l’été, puis ils ne veulent pas s’engager pour les 15 semaines. »
Une production certifiée biologique
À 15 h 30, les paniers sont maintenant chargés et prêts à partir vers Montcalm. France doit nous quitter pour retourner aux champs.
« Aujourd’hui, on se dépêche à planter parce qu’il annonce de la pluie ce soir et ça nous permettra de sauver une irrigation […] La particularité du mois de juillet, c’est qu’on fait des plantations, on fait des semis, on fait de l’irrigation, on fait du cerclage et on fait de la récolte. C’est un mois fou. Tout se passe en même temps », lance-t-elle avant de partir.
En effet, pour assurer une rotation des récoltes, les légumes sont semés à plusieurs moments au cours de l’été. Le jour de notre passage à la ferme, on y plantait de la sarriette, du basilic et des laitues dont la récolte est prévue à la mi-septembre.

Crédit photo: Olivier Alain
L’ensemble de la production de la ferme est certifiée biologique. Seuls des engrais naturels sont utilisés et aucun herbicide ne se retrouve dans les champs. Cette façon de faire assure des légumes sains et de qualité, mais demande en contrepartie beaucoup plus de temps et de travail manuel.

Nous retrouvons finalement Simon, installé devant le Collège Stanislas, prêt à accueillir les personnes abonnées. Un premier couple se présente pour récupérer son panier. Les deux personnes expliquent être abonnées depuis maintenant deux ans aux paniers d’été, mais aussi à ceux d’automne et d’hiver, offerts jusqu’à la mi-février.
« On est très satisfaits. Leurs légumes sont super frais et super bons. Les gens sont très sympathiques, on se sent presque comme de la famille. »
Source : Monmontcalm (Monquartier) — Montcalm/Saint-Sacrement