Affectés depuis plusieurs années par les nuisances sonores générées par le Port de Québec dans le secteur de l’Anse-au-Foulon, les résidents et résidentes du complexe immobilier Les Jardins-Mérici devraient être un peu plus tranquilles. C’est du moins ce qu’espère l’administration du Port qui vient tout juste de boucler un important projet qui vise l’atténuation des principales sources de bruit sur son site.
Des représentants du Port et de la firme Soft dB étaient présents mardi soir au conseil de quartier Montcalm pour présenter leur bilan annuel, ainsi que la mise à jour des sources sonores.
L’automne 2026 marque la conclusion d’un long projet visant l’atténuation des sources de bruit au Port de Québec, explique Samuel Duclos, ingénieur chargé de projet chez Soft dB. Au total, 23 sources de bruit ont été identifiées et traitées par la firme engagée par le Port de Québec et les différents opérateurs qui y sont établis, dont QSL, Solio agriculture et Parrish & Heimbecker.
Une agora naturelle
Situées aux abords des plaines d’Abraham, au sommet de la côte Gilmour, les habitations des Jardins-Mérici se trouvent directement sur la trajectoire que suit le bruit généré par les activités portuaires à l’Anse-au-Foulon. Depuis plusieurs années, le Port reçoit fréquemment des plaintes des résidents et résidentes en raison du niveau sonore trop élevé.
Afin d’atténuer les principales sources de bruit, l’équipe de Soft dB a d’abord mené une analyse complète pour les identifier. Une étape très complexe, confie Samuel Duclos, compte tenu du nombre important d’opérateurs sur le site et du mélange de sources sonores fixes et mobiles.
Parmi les 23 sources identifiées comme les plus bruyantes, on retrouve notamment des ventilateurs, des filtres à air et des moteurs. Ces équipements émettent généralement des fréquences aiguës qui sont particulièrement dérangeantes pour le voisinage.
Plusieurs dispositifs, dont des encoffrements et des silencieux, ont été installés pour réduire considérablement le bruit émis. Chaque installation doit être spécifiquement adaptée à la source, ce qui ajoute aussi de la complexité au projet.
Pour le moment, la firme procède toujours à l’analyse des niveaux sonores depuis la mise en place des mesures d’atténuation. Même sans avoir les résultats exacts, on estime la diminution sonore de certains équipements à près de 30 dB, ce qui est énorme, assure Samuel Duclos.
Une surveillance en continu
Depuis quelques années, un capteur a été installé pour mesurer le niveau sonore au sommet de la côte Gilmour, près des résidences des Jardins-Mérici. Des mesures prises de nuit sur ce capteur confirment que l’équipement installé fonctionne. Des analyses plus poussées sont en cours et permettront d’établir si le niveau sonore moyen dans le secteur est effectivement plus bas. Les données captées par la station sonore sont accessibles en ligne en temps réel.

Crédit photo: Jean Cazes
Un réseau de surveillance comptant trois radars et cinq capteurs sonores a également été mis en place sur le site du port. Un des enjeux importants dans l’analyse du bruit est de distinguer si les dépassements observés par les capteurs sont liés au Port ou à d’autres causes, comme le trafic sur le boulevard Champlain, par exemple.
Un algorithme développé par Soft dB permet de mieux comprendre la cause du bruit et d’identifier si une alerte correspond bel et bien à un équipement du Port.
Graissage du chemin de fer
À l’automne dernier, le Port a également mis en place un système de graissage pour diminuer le bruit associé au passage des trains sur la voie ferrée. Des dispositifs ont été installés à deux endroits et semblaient bien fonctionner, soutient Éloïse Richard, directrice de la participation citoyenne et des relations avec le milieu au Port de Québec. Toutefois, quelques personnes présentes dans l’assemblée et résidant dans le secteur ont confié qu’elles étaient toujours dérangées par le bruit du train.
La représentante du Port a confirmé prendre bonne note de ces commentaires. Elle assure que les équipes continueront de mesurer et de surveiller les principales sources de bruit.
« Assurément, c’est une grosse étape de franchie cette année […] plusieurs sources ont été corrigées, mais le travail va se poursuivre », affirme Éloïse Richard.
Source : Monmontcalm (Monquartier) — Montcalm/Saint-Sacrement