Des aménagements plus sécuritaires pour les tout-petits demandés sur l’avenue des Oblats

Au cours des prochaines années, la Ville de Québec pourrait procéder au réaménagement de l’avenue des Oblats, dans le quartier Saint-Sauveur. Des résidents souhaitent que la Ville ait une pensée particulière pour les tout-petits qui fréquentent le CPE Pomme d’Api, qui possède une installation dans le secteur.

Au début du mois de juillet, le Comité des citoyens et citoyennes du quartier Saint-Sauveur (CCCQSS) partageait sur ses réseaux sociaux une pétition réclamant une «meilleure sécurité des tout-petits sur l’avenue des Oblats».

Menée par le comité des piétonnes et des piétons, cette mobilisation survient en amont d’un futur réaménagement de l’avenue des Oblats, qui pourrait faire l’objet de travaux de réfection, entre les rues De Mazenod et Marie-de-l’Incarnation.

Au tournant de l’année 2024, la Ville avait d’ailleurs sondé la population, notamment sur les types d’aménagement à privilégier, pour assurer la sécurité et le confort des utilisateurs. Pour l’instant, aucun échéancier précis n’est connu.

«Le réaménagement de ce tronçon de l’avenue des Oblats est encore en analyse par les différents services de la Ville. À l’issue de cette analyse et des besoins exprimés par les différents services et selon les disponibilités budgétaires, la Ville pourra évaluer dans quelle mesure ce projet peut être intégré dans sa programmation de réfection des infrastructures», indique par courriel François Moisan, porte-parole de la Ville de Québec.

On nous indique que «l’analyse est trop préliminaire pour déterminer une éventuelle programmation de travaux». À ce moment, il pourrait y avoir planification de nouvelles consultations auprès des citoyens.

Comme autour des écoles

Au cours des dernières années, la Ville de Québec a procédé à l’aménagement de corridors scolaires partout sur son territoire, dans le but d’améliorer la sécurité des élèves, particulièrement près des écoles primaires.

C’est notamment le cas des écoles Marguerite-Bourgeoys et Saint-Malo, autour desquelles on trouve plusieurs nouveaux aménagements : traverses piétonnes bien identifiées, zones de 30 km/h, mesures d’apaisement, etc.

Pour le CCCQSS, il existe présentement une «incohérence» dans la politique de sécurité routière à Québec, qui tient spécifiquement compte des aînés et des enfants d’âge scolaire, mais pas des tout-petits.

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«Ce n’est pas parce qu’ils sont accompagnés des parents qu’ils sont plus en sécurité. Le fardeau incombe aux parents», dénonce Jeanne Côté, animatrice-coordonnatrice au CCCQSS.

Claire Laliberté réside dans le quartier Saint-Sauveur depuis 25 ans. Elle remarque, depuis toutes ces années, une augmentation de la circulation automobile et de la vitesse dans son secteur. Membre du comité des piétonnes et des piétons depuis le printemps, elle aussi estime que la Ville devrait prévoir des aménagements particuliers près des garderies.

«Nulle part on ne voit des panneaux qui signalent la présence de garderies ou de CPE», signale-t-elle.

Du côté de la Ville, on confirme que «la sécurisation spécifique des CPE ne fait pas partie de la Stratégie de sécurité routière de la Ville de Québec, tout comme ces établissements ne font pas l’objet de dispositions particulières du Code de la sécurité routière».

«En effet, contrairement aux élèves d’âge scolaire, les enfants qui fréquentent les CPE et garderies sont présumés être en permanence sous la surveillance immédiate d’un adulte responsable lorsqu’ils se déplacent sur ou à proximité de la voie publique», précise François Moisan.

L’avenue des Oblats, à l’ouest de la rue de l’Aqueduc.
Crédit photo: Simon Bélanger

Plusieurs demandes

Le texte de la pétition qualifiait déjà cette «justification» comme «inacceptable».

«Elle sous-entend que si un tout-petit se blesse, c’est de la faute des parents qui n’ont pas assuré leur sécurité. Le vrai problème, c’est plutôt le manque d’aménagements adéquats pour favoriser un environnement apaisé et sécuritaire. Cela dévalorise aussi le sentiment d’insécurité vécu par la majorité des parents lorsqu’ils se déplacent à pied, en vélo ou en poussette avec leurs tout-petits», peut-on lire.

Cette pétition, qui a maintenant dépassé les 400 signatures, demande entre autres des «marqueurs visuels pour bien signaler la présence du CPE aux véhicules (panneau, peinture sur la rue, signalisation, etc.)».

Le comité citoyen énumère diverses autres revendications : une élévation de la rue en face du CPE, un élargissement du trottoir pour permettre l’installation d’un banc et des stationnements pour vélos et pour poussettes, des avancées de trottoirs aux quatre coins des intersections avec les rues Saint-Sauveur et Saint-Luc, et des aires d’attente d’autobus accessibles universellement et bien protégées des intempéries.

«Comme ailleurs dans Saint-Sauveur, les trottoirs sont vraiment étroits. Il faudrait au moins les élargir en avant du CPE, parce qu’il y a des enfants qui arrivent avec leur petit vélo. Et en plus, il y a des poteaux en plein milieu des trottoirs», ajoute Claire Laliberté.

Le porte-parole de la Ville ajoute qu’un accompagnement peut être offert auprès des promoteurs et des directions de garderie, notamment lors des demandes de permis.

La Ville peut «ajuster lorsque possible la réglementation en matière de stationnement aux abords du terrain, afin d’assurer une circulation fluide et sécuritaire pour tous, quel que soit le mode de transport utilisé».

Avenue des Oblats, près de la caserne de pompiers.
Crédit photo: Simon Bélanger

Nouvelles garderies à surveiller

Pour le CCCQSS, en plus du CPE Pomme d’Api, qui vient d’agrandir son installation de l’avenue des Oblats, il faudra aussi accorder une attention particulière à d’autres nouvelles garderies dans le quartier.

Jeanne Côté rappelle que le CPE La Butte à Moineaux comptera bientôt sur de nouvelles installations dans des bâtiments présentement en construction.

Dans l’immeuble Le Carillon, au coin des rues Saint-Vallier Ouest et de Carillon, 84 nouvelles places s’ajouteront. Puis, dans le Kali, au coin du boulevard Charest Ouest et des rues de l’Aqueduc et de l’Hermine, 97 enfants fréquenteront quotidiennement la garderie.

«On appréhende aussi ces situations. L’aménagement des rues est similaire, il y a peu de mesures pour la sécurité des piétons. Et la circulation routière est quand même importante, surtout dans le cas de la rue de l’Aqueduc», note-t-elle.

La mobilisation se poursuivra au cours des prochaines semaines, avec le recueil de nouvelles signatures à la pétition dans le cadre de différents événements dans le quartier. En août, une fête est prévue, qui servira aussi à relancer les efforts en vue de l’automne. Signalements au 311, présence au conseil de quartier, affichage et recherche d’alliés dans le quartier sont au menu.

Par ailleurs, le Comité des citoyens et citoyennes du quartier Saint-Sauveur a également un autre projet en cours, grâce à une subvention obtenue de la Ville de Québec dans le cadre de l’Accélérateur de la transition socioécologique.

Quatre «aires de repos» seront aménagées dans le quartier, en collaboration avec Accès Transports Viables, qui seront surtout des espaces invitant à ralentir, pour répondre aux besoins des piétons, notamment des aînés.

Ces aires de repos se trouveront à proximité du Patro Laval, de l’école Saint-Malo, de l’école Sacré-Cœur et de l’Église adventiste.

Cet article bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.

Source : Monsaintsauveur (Monquartier) — Saint-Sauveur

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