Défendre Québec comme un artilleur britannique à la Tour Martello 4

Deux petits canons, des cibles projetées sur un écran et une caméra capable de détecter les tirs : une nouvelle technologie développée à Québec permet de se mettre dans la peau d’un artilleur britannique chargé de défendre la ville contre une éventuelle attaque américaine au début du 19e siècle, à la Tour Martello 4, dans le quartier Saint-Jean-Baptiste.

C’est une entreprise basée à Charlesbourg, ALTKEY, qui a développé l’expérience ARtilleurs, en collaboration avec le Musée des plaines d’Abraham et Awastoki, un studio wendat spécialisé en 3D.

L’activité fait partie d’une série de défis à caractère historique inspirés des kermesses d’autrefois : le Club des Pinsonnault.

« On avait une innovation un peu funky qu’on voulait développer et il nous fallait un endroit pour la tester », raconte le président d’ALTKEY, Mathieu Savard.

Le Musée des plaines d’Abraham travaillait déjà à la création du Club des Pinsonnault pour l’été.

La Tour Martello 4, sur la rue Lavigueur.
Crédit photo: Thomas Verret

La collaboration avec ALTKEY est arrivée pile-poil.

« On avait déjà le projet de lancer ça [le Club des Pinsonnault], c’était prévu pour le mois de juillet. Quand ALTKEY nous a appelés, on s’est dit : “parfait, ça pourrait être un jeu parmi tous les jeux qu’on veut faire” », relate Virginie Arsenault, cheffe des programmes éducatifs et des expositions à la Commission des champs de bataille nationaux (CCBN).

Innovation technologique

Au même moment, une occasion de financement s’est présentée avec le ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, qui soutenait les projets collaboratifs. ALTKEY, le Musée des plaines d’Abraham et Awastoki ont donc soumis leur projet, qui a obtenu l’appui du ministère.

Dans le nom ARTilleurs, le « AR » en majuscules fait référence à augmented reality, précise Mathieu Savard.

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« Le but, c’est de reproduire un peu ce que les artilleurs pouvaient voir en haut des tours », résume-t-il.

L’entreprise a fait plusieurs tests pour développer cette technologie qui n’existait pas encore, selon Mathieu Savard.

Une petite caméra est installée en haut, explique le président d’ALTKEY. Des pointeurs laser spéciaux envoient des signaux sur la projection, qui reproduit en temps réel ce qu’on voit sur l’écran. Deux joueurs peuvent alors s’affronter en utilisant un petit canon.

La technologie mise en place dans l’espace restreint de la Tour Martello 4 pourrait se déployer sur une surface beaucoup plus grande, comme dans une grande salle ou un gymnase.

C’est dans cette pièce qu’on s’installe pour jouer à ARTilleurs.
Crédit photo: Thomas Verret

D’ici quelques années, l’expérience ARtilleurs est appelée à se déplacer à la Tour Martello 1, sur les plaines d’Abraham.

Des défis manuels et intellectuels

À l’intérieur de la Tour Martello 4, c’est Marie-Ange-Flore (dite Maisie) Marois qui nous accueille. Son mari, Honoré-Joseph Pinsonnault, était responsable des pageants des fêtes du Tricentenaire. Il s’agit de grands spectacles présentés sur les plaines d’Abraham en 1908, qui relataient l’histoire de Québec.

M. Pinsonnault s’est également impliqué dans les sports, notamment dans des clubs de raquette et de bowling. Il a été à l’origine du premier club de curling à Québec.

« Nous, on aime ça jouer. Donc, on s’est dit qu’on allait jouer à plein de jeux », dit Mme Pinsonnault à propos du Club des Pinsonnault.

Un jeu d’évasion créé par l’entreprise À Double Tour a fonctionné pendant quelques années dans la Tour Martello 4, rappelle Virginie Arsenault.

« On cherchait quelque chose d’autre. Et là, il y a la mode des jeux quiz et d’adresse », souligne-t-elle.

Le jeu se joue en groupe de quatre à six personnes. Il faut réserver à l’avance une plage horaire sur le site internet du Musée des plaines d’Abraham.

Outre les activités saisonnières, la Tour Martello 4 accueille des groupes scolaires du Québec, de l’Ontario, de la Colombie-Britannique et d’autres provinces canadiennes.

À la fin octobre ou au début novembre, une activité d’Halloween prendra le relais du Club des Pinsonnault.

Un lieu méconnu, rempli d’histoire

À l’entrée, on retrouve la famille Marcoux, qui a vécu dans la Tour Martello 4 après que leur maison ait brûlé dans le quartier Saint-Roch lors du grand incendie de 1892.

William Marcoux, un agent de la paix, a habité la tour Martello 4 avec sa famille pendant plusieurs années.
Crédit photo: Thomas Verret

À l’étage inférieur, à la hauteur de la rue Lavigueur, se trouvent le magasin et la poudrière. C’est là que les soldats entreposaient leurs provisions : du rhum et de la bière dans des barils, ainsi que de la nourriture, notamment de la farine et des aliments salés, comme du lard et de la viande.

Des barils servant à entreposer les provisions des soldats.
Crédit photo: Thomas Verret
La poudrière où les soldats entreposaient la poudre et les munitions.
Crédit photo: Thomas Verret

Première ligne de défense

Quatre tours Martello ont été construites à Québec entre 1808 et 1812, à la demande du gouverneur de l’époque, James Henry Craig. Trois existent encore aujourd’hui, deux sur les plaines d’Abraham et une dans le quartier Saint-Jean-Baptiste.

La tour Martello 3 a été détruite en 1904 pour permettre la construction d’un pavillon de l’ancien hôpital Jeffrey Hale, dans le secteur du Grand Théâtre.

À l’époque, c’était stratégique de forcer les Américains à attaquer par l’ouest, en raison de la présence du cap Diamant. Le secteur, beaucoup moins développé qu’aujourd’hui, comptait alors des terres agricoles, des vaches et un chemin de terre qui correspond aujourd’hui à la Grande Allée.

Source : Monmontcalm (Monquartier) — Montcalm/Saint-Sacrement

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