Débat de CKIA dans Taschereau : cinq candidats répondent aux questions du communautaire

Cinq candidats dans Taschereau ont répondu à des questions sur le logement social, la sécurité alimentaire et l’itinérance, jeudi soir, lors du débat de CKIA au Patro Laval. Étienne Grandmont (QS), Christian Savard (PQ), Farnell Morisset (PLQ), Éliot Estévez-Verville (PCQ) et Jean-François Joubert (Climat Québec) se sont notamment prononcés sur ces enjeux.

Crise du logement

Selon Étienne Grandmont, la crise qui frappe « de plein fouet » les locataires ne peut être attribuée à l’immigration.

« On a besoin d’un État plus interventionniste, parce que le logement, c’est un droit », a-t-il soutenu.

Québec solidaire (QS) propose de geler les loyers à l’inflation, de créer un registre national des loyers et d’interdire les évictions abusives. Le parti s’engage à investir 11,8 milliards pour créer 50 000 nouveaux logements sociaux et communautaires.

Éliot Estévez-Verville dénonce les exigences réglementaires auxquels les entrepreneurs en construction doivent se soumettre. Il déplore que la qualification professionnelle soit obligatoire pour 25 métiers de la construction au Québec.

Le Parti conservateur du Québec (PCQ) souhaite augmenter l’offre de logements privés, dont les maisons unifamiliales, afin de permettre à des familles d’accéder à la propriété et de libérer des logements.

« Il ne faut pas se concentrer uniquement sur le logement social », estime le candidat conservateur.

Christian Savard a également évoqué les coûts de construction. Le candidat péquiste s’est montré favorable aux mesures fiscales et aux allégements destinés aux OBNL qui œuvrent en habitation. Son parti promet la création de 1 000 logements sociaux au cours des quatre prochaines années.

Farnell Morisset a souligné que l’achat de logements à des fins spéculatives fait grimper leur prix et que cette situation s’est exacerbée dans les dernières années, particulièrement depuis la pandémie. Le Parti libéral du Québec (PLQ) mise sur la construction de logements, de même que sur la création de 40 000 logements sociaux, communautaires et abordables.

Publicité

« La valeur d’un logement, c’est le fait qu’une personne y vive », a déclaré M. Morisset.

Climat Québec plaide pour des exigences accrues en matière d’efficacité énergétique, l’élimination du mazout dans les bâtiments et le recours à des mesures comme les toits verts ou blancs et « le solaire passif ».

Éliot Estévez-Verville a cité les développements immobiliers du groupe Trudel comme des modèles qui intègrent du logement social et abordable à des projets privés. Christian Savard l’a repris sur cet exemple, en précisant que les logements mentionnés relevaient plutôt du Programme de supplément au loyer (PSL). Selon lui, les logements intermédiaires à 2 000 $ par mois pour un 3 ½ ne sont pas abordables.

Accès à l’alimentation

M. Grandmont considère que le secteur privé occupe une place trop importante dans le domaine de l’alimentation. Celui-ci a mis de l’avant la proposition de QS de créer un réseau public d’épiceries. Il souhaite également que le gouvernement provincial soutienne davantage les producteurs locaux et les circuits courts.

Christian Savard croit qu’il faut mieux encadrer le secteur privé. Il s’est dit en faveur de l’interdiction de la tarification dynamique dans les épiceries, déplorant « un abus clair ».

Le PQ prévoit investir 100 millions de dollars supplémentaires par année dans la lutte contre l’insécurité alimentaire, en plus de s’attaquer au gaspillage alimentaire et de favoriser les producteurs d’ici.

Farnell Morisset a rappelé que l’alimentation représente l’une des principales dépenses des ménages, après le logement et l’essence. Lorsque les gens disposent de moins de moyens, ils réduisent leurs dépenses en nourriture. Le candidat libéral suggère donc une approche qui tient compte à la fois du coût de l’alimentation, du logement et des déplacements.

Il est favorable à une application plus rigoureuse de la Loi sur la concurrence. Évoquant l’expérience des épiceries publiques à New York, où il a déjà habité, M. Morisset se demande si ce modèle pourrait avoir pour effet de subventionner indirectement des promoteurs immobiliers, qui pourraient privilégier cette avenue pour ne pas payer de loyer.

Jean-François Joubert a suggéré la création d’entrepôts alimentaires d’État afin de redistribuer les surplus aux organismes qui viennent en aide aux personnes en situation d’insécurité alimentaire. Climat Québec veut aussi obliger les grands distributeurs à donner une deuxième vie aux produits invendus.

Éliot Estévez-Verville a vanté les baisses d’impôts promises par le PCQ, affirmant qu’avec davantage d’argent dans leurs poches, les contribuables auraient plus de moyens pour se nourrir.

Son parti réclame également l’abolition de la tarification carbone.

« Les agriculteurs ont besoin de gaz pour faire fonctionner leur tracteur », a-t-il dit.

Lutte à l’itinérance

M. Savard a vanté le plan du PQ, qui veut investir 1 milliard sur quatre ans pour réduire de moitié l’itinérance d’ici 2030. Il a salué le leadership du chef Paul St-Pierre-Plamondon, qui a promis de prendre le dossier en main s’il devient premier ministre.

Le candidat péquiste a parlé de mesures destinées aux jeunes qui sortent de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), afin de mieux les accompagner vers la vie adulte.

QS propose une hausse du salaire minimum à 20 $ de l’heure, a indiqué Étienne Grandmont.

Le parti s’est engagé à investir 1,5 milliard de dollars pour lutter contre l’itinérance, notamment pour construire 6 000 logements de transition et développer des services psychosociaux. Les solidaires suggèrent la création d’un ministre responsable du dossier de l’itinérance pour coordonner le travail entre les différents ministères.

Farnell Morisset a regretté la situation vécue par beaucoup de jeunes de 18 ans qui doivent quitter les services de protection de la jeunesse à leur majorité, sans soutien pour entreprendre leur vie adulte, avec seulement un sac de vidange pour leurs vêtements et leurs effets personnels.

Jean-François Joubert et Éliot Estévez-Verville ont salué le travail des organismes communautaires. Le PCQ suggère de décentraliser certains services, de réduire la bureaucratie et de privilégier un financement à la mission plutôt que par projet.

Le candidat conservateur a aussi avancé l’idée de créer 125 postes de médecins communautaires pour mieux répondre aux besoins des personnes aux prises avec des problèmes de santé et de santé mentale.

Le débat du communautaire

Les questions avaient été préparées par des organismes communautaires du centre-ville, dont le Comité des citoyennes et citoyens du quartier Saint-Sauveur, L’Engrenage St-Roch, La Concerte, le Centre résidentiel et communautaire Jacques-Cartier (CJC), le Collectif d’action et de lutte contre le racisme et Habitation nouvelles options. D’autres enjeux, comme les préoccupations environnementales et le racisme systémique, ont été abordés au cours de l’événement.

C’est l’animateur de l’émission matinale Québec réveille présentée à CKIA, Rémi Giguère, qui a assuré l’animation et la modération de ce débat, qui a duré 1 heure et 45 minutes.

Une période de questions du public a conclu la soirée, ce qui a permis aux gens présents de s’adresser directement aux cinq candidats.

La candidate de la Coalition avenir Québec (CAQ), Brigitte Martin, était absente.

Il est d’ailleurs possible d’écouter le débat sur le site internet de CKIA 89,3.

Source : Monsaintroch (Monquartier) — Saint-Roch

Retour en haut
Hub Local est un projet de Noûs Lab