De la France au Cégep Limoilou, le Collectif 14 dévoile ses films

Surtout connu au Québec pour son festival de cinéma Vues du Québec, le village français de Florac se transforme depuis deux ans en plateau de tournage pour des étudiants du Cégep Limoilou. De retour en sol québécois avec des souvenirs plein la tête, les membres du Collectif 14 sont maintenant prêts à révéler leurs créations.

Désormais diplômés du programme, les membres de la cohorte 2026 du Collectif 14 dévoileront ce jeudi 20 août au Cégep Limoilou le fruit de leur travail. Au programme : 13 films de genres variés et « un beau petit voyage dans le centre de la France », note l’enseignante Julie Lambert.

« C’est des courts films. Le plus long dure huit minutes. Pour nos cerveaux détruits par l’algorithme TikTok, c’est parfait. […] Ils vont vite et il y a beaucoup de diversité. Ça va être très mémorable », résume Mathias St-Arnaud, l’un des membres du Collectif 14.

10 jours, c’est le temps dont disposaient les 14 étudiants du Cégep Limoilou pour réaliser le plus de courts métrages possible dans le village français de Florac en juin dernier. Julie Lambert et Richard Lacombe, créateurs du projet et enseignants du programme Arts, lettres et communication – Créativité et médias, accompagnaient les élèves dans cette aventure.

Le Collectif 14 a vu le jour en 2025 avec une première cohorte de 14 étudiantes. Pour assurer la longévité du projet, le nom est resté et le destin a bien fait les choses puisque 14 étudiants exactement ont participé à cette deuxième édition.

La projection gratuite vise à faire découvrir les créations des étudiants aux familles, amis et curieux. Le public est attendu dès 18 h à la salle Sylvain-Lelièvre du cégep.

13 films par 14 étudiants en 10 jours

Julie Lambert explique que « le projet est dans le cadre d’une activité synthèse de programme. Donc, [les étudiants] ont 15 semaines pour préparer le voyage », mais aussi tout ce qui gravite autour, comme les réseaux sociaux et le financement.

Cédric Bélanger n’avait jamais pris l’avion avant ce départ du 31 mai. C’est « le voyage, l’expérience [et] le fait de juste aller faire ce qu’on fait dans nos cours dans un milieu complètement différent » qui lui ont donné envie de rejoindre l’aventure.

Mathias St-Arnaud, Julie Lambert et Cédric Bélanger.
Crédit photo: Collectif 14

À Florac, les étudiants comptent sur l’aide de leurs enseignants, mais également des résidents. Plusieurs acteurs sont issus de la troupe d’improvisation locale ou sont des résidents du village. Les films se construisent entièrement sur place, capturant l’inspiration du moment.

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« Il y avait une personne du collectif qui avait une idée de scénario avant d’arriver. […] Moi, personnellement, la journée avant d’arriver à Florac, je n’avais aucune idée de ce que j’allais faire, mais je me suis dit que j’allais être inspiré par la place », confie Mathias St-Arnaud.

L’étudiant a finalement réalisé un film humoristique « avec une légère profondeur ». Son collègue Cédric Bélanger a quant à lui réalisé deux courts métrages : « un comme Mathias, une comédie sans prise de tête, puis un plus profond, une romance ».

Un cours pas comme les autres

Julie Lambert décrit le projet comme un réel « condensé » du programme. Les étudiants font de la publicité, gèrent les réseaux sociaux, organisent une campagne de financement, écrivent un communiqué de presse et participent à des entrevues, en plus de réaliser les films.

« Avec la projection, on voit le parcours qu’on a fait pendant notre cégep. On voit qu’au début de la première année, il n’y a personne qui aurait pu faire un film en deux jours », souligne Cédric Bélanger à propos de la projection à Florac à la fin du voyage.

Le voyage en France est également une célébration de la fin du DEC. À leur arrivée, les étudiants et les enseignants ont profité de quelques jours à Paris pour visiter des lieux en lien avec le cinéma. Puis, après les 10 jours à Florac, ils ont fait un arrêt à Marseille.

Le Collectif 14 est parti le 31 mai et est revenu le 19 juin.
Crédit photo: Collectif 14

Ce temps passé ensemble ainsi que les deux années du programme collégial renforcent l’esprit collectif. « Tout le monde s’entraide sur les projets des autres. […] C’est vraiment le but du Collectif 14 », explique l’enseignante.

Enfin, les 14 étudiants tissent des liens avec les habitants du village. Mathias St-Arnaud raconte que, lors du « souper avant de quitter Florac, tous les gens qui ont joué dans les films sont venus nous voir. […] C’était vraiment une ambiance de famille ».

Transmettre une passion

Le Collectif 14 est né d’une passion commune de Julie Lambert et de Richard Lacombe. Les deux cinéastes ont participé à plusieurs Kabarets Kino, des marathons de création de films, un peu partout autour du globe. « Depuis qu’on travaille ensemble, on avait ce projet, de faire vivre ça aux étudiants », rappelle Julie Lambert.

« Puis, il y a deux ans, on s’est dit “ok, on le fait, on y va”. Moi, je revenais de Florac où un de mes films avait été présenté l’année d’avant. Quand j’étais là, je me suis dit “quel milieu cool ça pourrait être pour faire un premier kabaret” », se souvient la réalisatrice.

Une troisième édition du Collectif 14 est déjà prévue. Cette fois, ce seront les deux autres enseignants du programme qui se rendront en France avec les étudiants.

Julie Lambert conclut sur une note prometteuse : « On souhaite faire vivre cette expérience le plus longtemps. En ce moment, c’est à Florac et on aime ça, mais il pourrait éventuellement y avoir d’autres destinations ».

Source : Monlimoilou (Monquartier) — Limoilou

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