Claude Moreau du Parti marxiste-léniniste se présente dans Jean-Lesage comme « politicien ouvrier ». Candidat à plusieurs reprises aux élections fédérales et provinciales, le Limoulois défend un système qui place les citoyens au cœur des décisions politiques, notamment pour améliorer la qualité de l’air, favoriser l’accès aux services en santé mentale, lutter contre l’itinérance et financer les organismes.
M. Moreau a commencé à travailler à l’Hôpital Saint-François d’Assise en 1972, d’abord à l’entretien ménager alors qu’il était étudiant. Il est ensuite devenu employé régulier comme mécanicien de machinerie fixe et s’est impliqué dans le mouvement syndical.
Au fil des années, il a notamment participé à la mobilisation dans le dossier de « la décontamination de l’hôpital ». Son parcours lui fait dire que « les citoyens se mobilisent parce qu’ils n’ont pas le choix ».
Pollution
Le candidat cite le projet de terminal de conteneurs de l’entreprise QSL, sur des terrains du Port de Québec, dans le secteur de la Baie de Beauport. Il s’inquiète des conséquences possibles sur la qualité de l’air. Le projet prévoit jusqu’à 250 000 conteneurs à transporter par année, ce qui pourrait entraîner une augmentation du camionnage à Limoilou.
M. Moreau craint de voir cette circulation s’ajouter aux activités industrielles déjà présentes, dont l’incinérateur et l’usine à papier White Birch.
Pour lui, les citoyens concernés devraient avoir un pouvoir d’agir quand un projet menace leur milieu de vie. Il fait le même parallèle avec les problèmes de pollution liés à la fonderie Horne de Rouyn-Noranda, propriété de la multinationale Glencore, qui exploite également des installations de transbordement de nickel sur des terrains loués au Port de Québec.
Concernant les projets de transport dans la grande région de Québec, Claude Moreau s’oppose vivement au troisième lien et est en faveur du tramway.
Itinérance et santé mentale
Les questions qui touchent à la santé mentale l’interpellent beaucoup. Le candidat relate que cet enjeu le préoccupe depuis les années 1970. Il se souvient des démarches entreprises à cette époque par des organisations syndicales pour documenter le manque de ressources en santé mentale. Le rapport final n’avait alors pas suscité beaucoup d’intérêt dans la sphère publique.
Aujourd’hui, il s’implique comme bénévole dans un organisme qui vient en aide à des personnes vivant avec des problèmes de santé mentale.
Cette implication l’amène à défendre les organismes au sein du mouvement Le communautaire à boutte. Il déplore que l’autonomie et le financement des organismes communautaires soient de plus en plus menacés.
« Les groupes communautaires autonomes, c’est important parce que c’est les gens qui s’organisent », souligne M. Moreau.
Ce dernier constate que les conditions de vie se sont détériorées pour une partie de la population et que l’augmentation du coût du logement exerce une pression importante sur les personnes à faible revenu.
Il voit de plus en plus de gens dans la rue, plus seulement dans Saint-Roch et dans le Vieux-Québec, mais aussi à Limoilou et dans plusieurs autres secteurs en périphérie.
Il considère que les solutions pour lutter contre l’itinérance doivent passer par davantage de ressources en santé mentale et par « des logements qui sont abordables pour vrai ».
Le pouvoir aux citoyens
Claude Moreau remet en question le fonctionnement des partis politiques et le fait qu’un chef de parti puisse diriger le Québec après avoir remporté une élection, même si la majorité de la population n’a pas voté pour lui.
« Moi, je voudrais que le député soit le représentant des citoyens, pas le représentant d’un parti. »
Le candidat estime que les citoyens devraient plutôt pouvoir choisir directement les personnes qui les représentent et leur donner un mandat spécifique. « Ce n’est pas la population qui choisit le gouvernement », affirme-t-il.
Claude Moreau représente le Parti marxiste-léniniste du Québec, qui présente des candidats dans 12 circonscriptions. Dans son parti, il est responsable, entre autres, du dossier des institutions démocratiques.
Il plaide pour la tenue de deux référendums. Le premier porterait sur l’abolition de la monarchie britannique et de ses privilèges. Le second viserait la création d’une assemblée constituante chargée de rédiger une nouvelle constitution.
« On veut deux référendums », explique l’homme rencontré à la Brûlerie Limoilou, sur la 1re Avenue, près de chez lui.
M. Moreau remet également en question la Constitution canadienne de 1982 et soutient qu’« elle n’a jamais été acceptée par le Québec ».
Il souhaite qu’une nouvelle constitution soit élaborée et que la population y contribue directement.
« C’est au peuple de décider de la constitution qu’il veut », fait valoir le résident de Limoilou.
Le candidat marxiste-léniniste rappelle que 16 formations politiques sont inscrites à la présente élection, « même si on entend juste parler de cinq partis dans les médias ».
Il entend profiter de chacune des invitations des médias pour « sauter sur la patinoire » lui aussi.
Peu importe le résultat le 5 octobre, il va toujours défendre les mouvements citoyens.
« Notre mot d’ordre, c’est parler de votre propre voix. Ne laissez personne parler à votre place », insiste-t-il.
Source : Monlimoilou (Monquartier) — Limoilou