Cette année, les vacances de Fred et Capucine Lebrasseur sortent de l’ordinaire. Dans les deux prochaines semaines, le duo père-fille de Québec marchera 200 kilomètres entre Saint-Jean-Port-Joli et Rimouski, afin d’amasser des fonds pour l’organisme Jeunes musiciens du monde.
Une cause qui les touche
« Je connais bien Jeunes musiciens du monde depuis longtemps », raconte Fred, un multi-instrumentiste de profession qui parcourt le monde pour faire des spectacles avec l’entreprise qu’il a cofondée, Machine de Cirque.
Ce dernier a participé aux premières levées de fonds au profit de l’organisme Jeunes musiciens du monde, créé au début des années 2000. Il y a également enseigné « un petit peu l’éveil musical ».

Crédit photo: Thomas Verret
L’an dernier, Fred Lebrasseur a accompagné le groupe Salebarbes lors d’une carte blanche sur les plaines d’Abraham dans le cadre du Festival d’été de Québec. Il a partagé la scène avec des artistes professionnels de Machine de Cirque et une douzaine de percussionnistes de Jeunes musiciens du monde.
Plusieurs amis de Capucine participent également aux activités de Jeunes musiciens du monde, qui offre notamment des cours de musique gratuits.
« Je suis jeune et j’aime la musique. Le lien est là », dit l’adolescente, qui trouve formidable que l’organisme donne aux jeunes la chance de monter sur scène.
« Ce n’est pas tous les enfants qui ont cette chance-là, fait que je trouve ça magnifique. »
Liés par le sang… et par une passion commune
« Pour nous, la musique, c’est important. C’est notre lien père-fille », ajoute Fred.
« Il m’a transmis cet amour-là », souligne Capucine, qui participe depuis l’âge d’environ sept ans aux activités de l’Ensemble de musique improvisée de Québec, dirigé par le violoniste Rémy Bélanger de Beauport.
Ce père et sa fille aiment aussi transformer des objets banals en instruments. Parmi les créations de Capucine figure le « rond-point », un couvercle de bouche d’aération que l’on fait vibrer à l’aide d’un archet de violon.
« Ça fait des bruits capotés, c’est très expérimental », décrit-t-elle.
Une aventure père-fille sur la 132
L’idée a germé dans l’esprit de Capucine, dont les deux grand-mères habitent le long de la route 132, ce qui lui a donné envie de marcher d’une mamie à l’autre. Comme l’une d’entre elles réside à Paspébiac, le village natal de Fred en Gaspésie, le duo père-fille a finalement décidé de parcourir 200 kilomètres à pied jusqu’à Rimouski.
Ainsi, ils marcheront 14 kilomètres par jour pendant deux semaines.
« C’est pas si pire 14. On a fait des tests et on pense qu’on est capables. On fait ce projet-là, mais on n’est pas des marcheurs professionnels. On le sait qu’on va être fatigués, mais ça fait partie du trip », convient Capucine.
Cette dernière célébrera d’ailleurs son 15e anniversaire en cours de route, le 29 juillet.
L’aventure débutera officiellement le 27 juillet en soirée, avec un spectacle-bénéfice au Café culturel Tempête de Saint-Jean-Port-Joli. Les membres de l’Ensemble de musique improvisée de Québec y partageront la scène avec des artistes de la région de L’Islet.
L’arrivée à Rimouski est prévue le 10 août, où un autre spectacle-bénéfice sera présenté en début de soirée aux Bains Publics, en collaboration avec le Grand groupe régional d’improvisation libérée.
Fred mentionne qu’une vingtaine de musiciens, dont plusieurs de Québec, monteront sur scène à Saint-Jean-Port-Joli. Plusieurs artistes ont aussi confirmé leur participation au spectacle de clôture du projet, à Rimouski.
Pas d’hébergement planifié
Sociables de nature, ces résidents du quartier Saint-Jean-Baptiste espèrent faire de belles rencontres humaines au fil de leur trajet.
Plutôt que de réserver une chambre dans des auberges ou des hôtels, ils comptent dormir chez des gens rencontrés en chemin qui accepteront de les accueillir.
« Notre projet est beaucoup bâti sur la rencontre », explique Fred.
« Mais pas de pression. [Outre les dons sur Internet], il y a bien des façons de contribuer, que ce soit l’eau, la nourriture ou l’hébergement », précise-t-il.
« La musique aussi, c’est quelque chose de tellement rassembleur et je pense justement que c’est un projet qui va nous permettre de faire de nouvelles rencontres », lance Capucine.
La musique pour tracer son chemin
Fred Lebrasseur a voyagé dans plus d’une trentaine de pays pour des spectacles, mais assure qu’il n’abandonne jamais sa fille.
« Il revient toujours », confirme Capucine.
Selon lui, les voyages, tout comme la musique, permettent également de gagner en confiance.
« Moi, ça me donne du courage. Si elle est game, chu game! Elle me donne du courage que je n’ai pas. Dans le voyage, on est plus courageux aussi », dit-il.
Dyslexique, Fred Lebrasseur sait que les parcours de vie ne passent pas tous par les mêmes chemins. Dans son cas, la musique lui a permis de s’exprimer autrement et de trouver sa place.
À ses yeux, « la musique, ça ne peut pas être négatif ».
« Pour moi, la musique, je ne dirais pas que c’est facile, parce que c’est beaucoup de travail, mais ce n’est pas difficile. »
« Et en tant que personne sociale, c’est juste incroyable comme vacances de partir à l’aventure et de rencontrer du monde comme ça. C’est mieux que de rester chez moi et de regarder la télé », renchérit Capucine, enthousiaste.
Le duo se réjouit à l’idée de parcourir la route 132, qui longe le fleuve Saint-Laurent, et de traverser la Côte-du-Sud et le Bas-Saint-Laurent, régions reconnues pour les paysages et le dynamisme artistique, notamment à Saint-Jean-Port-Joli, où l’on trouve une communauté importante de sculpteurs.
Tous les dons au profit de Jeunes musiciens du monde peuvent être effectués en ligne.
On peut suivre les aventures de Fred et Capucine sur Facebook.