La candidate de la Coalition avenir Québec (CAQ) dans Taschereau, Brigitte Martin, entend miser sur son ancrage dans le secteur et son expérience des milieux municipal et gouvernemental. Elle souhaite notamment s’attaquer à l’itinérance, au logement et au coût de la vie et convaincre les électeurs de donner une chance à la CAQ dans une circonscription qui lui échappe depuis deux élections.
C’est au Krieghoff, sur la rue Cartier, que Brigitte Martin raconte son parcours. Elle habite le secteur depuis 24 ans, mais c’est surtout son passage dans les coulisses de la politique, notamment au cabinet de Jean-François Simard, alors ministre responsable de l’Emploi et de la Capitale-Nationale, qui l’a amenée à se porter candidate.
C’est dans ce rôle qu’elle a travaillé sur les dossiers de la Capitale et développé un réseau dans les milieux municipal et gouvernemental. Son supérieur lui a alors suggéré de se lancer en politique élective.
« C’est lui (Jean-François Simard) qui a mis la petite graine dans ma tête à se dire : “Tu ferais une bonne candidate.” Au départ, c’était non. J’ai été une fille de l’ombre, qui travaille derrière, en cabinet, qui vient appuyer les candidats », raconte-t-elle.
Du terrain aux leviers politiques
Le goût de l’action publique ne date toutefois pas de son passage en cabinet. Après un baccalauréat en droit, Brigitte Martin a travaillé pour un avocat dans des dossiers de faillite. Elle devait rencontrer des personnes aux prises avec des difficultés financières.
« J’ai été tout de suite mise au fait de la précarité des emplois et de la précarité du coût de la vie », relate-t-elle.
Cette expérience l’a amenée vers les sciences politiques, puis l’anthropologie, avec la conviction que la politique offrait des leviers pour agir sur les réalités qu’elle observait.
« Je me suis dit que le droit, ce n’était pas encore assez pour moi, il fallait que j’aille davantage dans le milieu politique. Je me disais que c’est là qu’on peut avoir les leviers pour changer les choses. »
Elle a ensuite travaillé pendant plus de 20 ans aux affaires internationales de l’Université Laval. Une carrière qui ne l’a pas éloignée de son intérêt pour les gens.
« Je suis anthropologue de formation, j’aime beaucoup le terrain et l’humain. »
« Taschereau m’a construite depuis 24 ans »
Cet attachement au secteur a fini par peser dans sa décision de se lancer.
« Je me suis questionnée sur mes motivations. J’aime profondément Taschereau, j’y habite et Taschereau m’a construite depuis 24 ans », affirme-t-elle.
« Moi, je carbure à la différence, tout ce qui est différent de moi. Je trouve que dans Taschereau il y a une belle représentativité de la différence. »
Cette diversité vient aussi avec des défis qu’elle juge criants, notamment l’itinérance, le logement et le coût de la vie. Elle souligne également la densité du territoire, qui laisse peu de place à un développement traditionnel.
« Les solutions partent de la base. Il faut aller à l’écoute des gens, voir ce qu’ils vivent. Ma force est de rallier. Je me présente avec beaucoup d’humilité, je n’ai pas toutes les solutions, mais je veux travailler pour les trouver avec les gens qui vivent ces enjeux-là. »
Un défi pour la CAQ
Brigitte Martin sait qu’elle part avec du travail à faire. Étienne Grandmont, de Québec solidaire, est député depuis 2022 et sollicite un nouveau mandat. La CAQ n’a pour sa part pas réussi à faire élire son candidat lors des deux dernières élections générales.
« C’est un gros défi, mais je fais confiance aux citoyens. Ils vont apprendre à me connaître, là ils ne me connaissent pas encore. »
Son choix de la CAQ est notamment lié à son attachement au nationalisme québécois, à la langue française et à la culture. Son expérience internationale l’a aussi convaincue de l’importance des alliances économiques.
Son passage en cabinet a renforcé sa confiance envers le gouvernement, malgré les critiques qui ont marqué plusieurs dossiers.
« Ce n’est pas facile d’être au pouvoir, peu importe le gouvernement, il n’y a pas de parcours sans faute. Mais ce que je vois derrière, c’est qu’il y a eu du travail et une rigueur incroyable. »
Elle dit vouloir reprendre à son compte l’approche de Christine Fréchette, qu’elle décrit comme pragmatique, authentique et accessible. Après avoir travaillé derrière les élus, Brigitte Martin entend maintenant faire sa propre campagne, avec la proximité comme principal point d’appui.