Le nouveau restaurant Beurre Baratté s’installe sur la rue Saint-Joseph dans le local auparavant occupé par Patente et Machin. Frédéric Boudreau et Maxime Tessier, deux figures bien connues dans le milieu de la restauration à Québec, sont derrière ce projet qui promet de mettre de l’avant des produits locaux dans une ambiance chaleureuse et décontractée.
Après trois mois de travaux et de réaménagement, le restaurant est finalement prêt à accueillir ses premiers convives. Un temps record, considérant tout ce qui a été fait dans le local qui est désormais méconnaissable.
Le plafond a été ouvert pour aller chercher plus de hauteur, un mur de briques a été complètement découvert et une grande partie des divisions refaites, explique le copropriétaire, Frédéric Boudreau.
« C’était vraiment une boîte vide quand on est rentré. Tout avait été démoli. »
Maxime et Frédéric cumulent tous deux une expérience considérable dans le milieu de la restauration à Québec. Ils avaient envie de lancer leur propre projet depuis un moment déjà. En février dernier, quand les restaurants Pirates ont annoncé la fermeture du Kraken Cru et de Patente et Machin, les deux associés y ont vu l’occasion de reprendre un des deux locaux. S’implanter dans le quartier allait de soi pour eux.
« Les deux, on habite ici, dans Saint-Sauveur […] Il y avait d’autres locaux qui étaient disponibles ailleurs, mais c’était vraiment ici qu’on privilégiait. »
D’autant plus que la taille du local convenait à ce qu’ils avaient en tête.

Crédit photo: Olivier Alain
Accueillir en toute simplicité
Pour les deux copropriétaires, inutile de se lancer dans un concept complexe et alambiqué. L’important pour eux est de miser sur l’accueil en créant une ambiance chaleureuse et invitante.
Ce côté rassembleur s’exprime dans les choix d’aménagement du lieu. Au centre de l’espace trône un grand îlot. D’un côté, les clients y sont attablés pour manger et, de l’autre, l’équipe en cuisine s’affaire à dresser des assiettes.
« Il n’y a pas de mur entre la cuisine et l’équipe de service. Ça donne le sentiment que tout le monde travaille ensemble », poursuit Maxime Tessier, chef copropriétaire.
Le menu fait une très grande place aux produits locaux, tant aux légumes qu’aux viandes. Des partenariats avec plusieurs producteurs locaux comme la ferme La Baigneuse, à Deschambault, Les Jardins Écho Logiques et la Ferme la marre, dans Charlevoix, permettent un approvisionnement de qualité en circuit court.
Toujours dans cet esprit, les plats visent surtout à faire briller les produits, souligne le chef. L’idée est d’utiliser de la technique, mais toujours en restant au service des aliments sans les dénaturer avec trop d’éléments. Et toujours en priorisant le « fait main ». Ce qui est derrière le nom Beurre Baratté, c’est surtout ce côté artisanal, plus que l’ingrédient en soi.
« Le beurre, on aime ça, ça fait du bien, mais je ne veux pas que ça nous définisse non plus », lance Maxime en riant.
Faire beaucoup avec peu
Prouver que c’est possible d’ouvrir un restaurant en faisant bien les choses, mais avec des fonds limités : c’est le défi que se sont lancé les deux associés.
« On l’a fait sans investisseurs silencieux. Il y avait un budget qu’on ne voulait pas dépasser. C’était important pour nous de le faire à ce prix-là aussi. Que ça nous ressemble justement […] Le restaurant, c’est pratiquement 100% marketplace ou “fait main”. »
Beaucoup de choses qui se trouvaient dans l’ancien restaurant Pirates ont pu être récupérées et transformées. Plusieurs éléments de décoration ont été faits à la main par les conjointes des deux propriétaires. C’est le cas pour les chaises, les tabourets, les rideaux, les banquettes et les lampes, explique Frédéric.
Les deux restaurateurs se réjouissent d’avoir pu rapidement mettre sur pied une équipe très expérimentée formée de passionnés, qui œuvrent dans le milieu depuis plusieurs années.
« On a vraiment été chanceux. Quand on a annoncé qu’on se partait un projet, qu’on l’a dit à nos amis et nos collègues et qu’on a quitté nos emplois, les mains se sont levées assez rapidement pour venir travailler avec nous. »
Une ouverture en douceur a eu lieu en fin de semaine dernière. Le temps de trois soirées, l’équipe a pu se familiariser avec le lieu et le menu. Le tout dans un contexte un peu moins formel avec leurs familles et leurs amis. Le restaurant ouvre officiellement ses portes ce mercredi.