2026 marque le 90e anniversaire du centre communautaire Jean-Guy-Drolet, une institution phare de Limoilou qui poursuit sa mission d’entraide et de loisir dans le quartier depuis 1936. L’année en cours est d’autant plus spéciale qu’elle verra s’opérer une transition à la direction générale. Jean Drolet, à la barre du centre depuis 45 ans, prépare son départ. Il revient sur les moments importants dans l’histoire de l’organisme.
Annoncé lors de l’assemblée générale de juin dernier, le départ à la retraite de M. Drolet ne se fera pas d’un coup. Une transition de quelques mois est prévue avant l’entrée en poste officielle de Geneviève Nadeau comme directrice générale.
90 ans d’histoire
Bien qu’il n’y sera plus employé, M. Drolet assure que le centre demeurera son lieu de loisir principal. À 67 ans, difficile de briser pareilles habitudes, explique celui qui s’impliquait déjà au sein de l’organisme comme planteur de quilles à 11 ans.
C’est en terminant ses études en administration qu’il est engagé au centre pour un poste à temps plein comme assistant à l’administration. Il succède peu de temps après à son père, Jean-Guy Drolet, comme directeur général. Une fonction qu’il assurera en collaboration avec Louise Lapointe pendant plusieurs années.
Créé en 1936 par le chanoine Alexandre-Albert Godbout, le centre communautaire Jean-Guy-Drolet est d’abord une salle paroissiale. On l’appelle alors la salle paroissiale Saint-François d’Assise. À l’époque, c’est le clergé qui est chargé de l’endroit.
En 1982, la fabrique cède la gestion de la salle paroissiale à une corporation laïque. Le lieu change de nom et devient le centre récréatif Saint-François d’Assise. C’est à cette époque que Jean Drolet entre en poste comme directeur général. Le centre est alors dans une situation financière très fragile. Le bâtiment doit faire l’objet d’importants travaux d’entretien.
« On a frôlé la faillite à cette époque », confie-t-il.
Pour sortir de cet état de précarité, le centre cède alors une partie de son bâtiment où sera aménagée une résidence pour personnes âgées. En se délestant de ce fardeau financier, l’organisme arrive à se relever.
Une carrière pleine de défis
C’est l’une des périodes qui aura été la plus difficile, confie Jean Drolet. Les défis sont nombreux dans l’administration d’un centre communautaire, mais le financement et le recrutement de main-d’œuvre demeureront des enjeux tout au long de sa carrière. Quand on lui demande ce qui l’a motivé toutes ces années, M. Drolet répond sans hésitation : « les gens ! »
« On fait ça pour le monde avant tout et c’est ce qui permet d’affronter les défis. »
C’est au tournant des années 2000 que le centre récréatif Saint-François d’Assise devient le centre communautaire Jean-Guy-Drolet. Une proposition du conseil d’administration que le principal intéressé n’accepte pas tout de suite.
« Lui, il voulait rien savoir au début ! », se souvient Jean Drolet en parlant de son père.
« Le conseil d’administration a quand même fini par le convaincre. »
Engagé pendant plusieurs années au centre, Jean-Guy Drolet a également œuvré à titre de conseiller municipal pour l’équipe de Gilles Lamontagne dans les années 1960. Pendant 12 ans, il s’est consacré au développement des loisirs à la Ville et a permis de faire rayonner les centres communautaires, explique Jean Drolet.

Une mission qui perdure
Bien que les activités offertes au centre communautaire aient évolué au fil du temps, la mission est toujours demeurée la même. L’endroit est resté un organisme généraliste. On y offre des activités diversifiées aux résidents et résidentes du quartier. Le centre demeure une porte d’entrée pour venir en aide aux personnes dans le besoin.
« À l’époque, quand des gens me disaient que le centre n’était plus comme avant, ça me faisait un petit quelque chose. J’ai fini par me rendre compte que c’était une bonne chose finalement. Il faut toujours évoluer pour suivre les besoins des gens », souligne Jean Drolet.
Ces dernières années, l’aide alimentaire occupe une place de plus en plus importante dans les activités du centre. À la distribution alimentaire du mercredi s’ajoutent également des initiatives de cuisines collectives et l’accompagnement du P’tit Marché Solidaire de Limoilou. L’acquisition de la Villa Ringfield dans les années 2000 a également permis de bonifier ce volet de l’organisme.
Natif du Vieux-Limoilou, Jean Drolet a été au cœur de l’évolution du quartier. Il se souvient qu’à l’époque, chaque paroisse vivait avec des enjeux différents. Les besoins étaient plus grands dans Stadacona qu’ailleurs, se souvient-il. Aujourd’hui, Limoilou est un peu plus homogène. L’exode vers les banlieues, caractéristique des années 1980 et 1990, fait maintenant place à un retour des jeunes familles dans le quartier. Beaucoup de bâtiments font l’objet de travaux de revitalisation. La qualité de vie dans le quartier semble s’améliorer, constate-t-il.
Sans forcément voir ce changement d’un mauvais œil, le directeur du centre confie que le sentiment de communauté est un peu différent aujourd’hui. À l’époque, c’était le hockey l’hiver et le baseball l’été. Tout le monde faisait la même chose, note-t-il. L’offre commerciale en loisir est beaucoup plus vaste de nos jours, ce qui fractionne un peu plus la communauté.

Crédit photo: Olivier Alain
Un souhait pour le futur?
Questionné sur l’avenir du centre, Jean Drolet répond d’emblée qu’il espère que l’organisme se rende à 100 ans en gardant toujours la même mission. Jusqu’à maintenant, l’équipe a su éviter certains pièges en continuant de proposer à la clientèle les services les plus adaptés aux besoins du secteur.
Le directeur espère aussi que l’équipe qui gravite autour du centre communautaire Jean-Guy-Drolet restera motivée et que les bénévoles seront toujours au rendez-vous.
« Au final, les bénévoles, c’est eux les vraies vedettes », conclut-il, alors qu’il s’apprête à être pris en photo devant le centre.
Source : Monlimoilou (Monquartier) — Limoilou