Tintements de coupes, rires et discussions animées ont envahi Saint-Sauveur dimanche dernier. Sur les trottoirs, ces bruits ont résonné comme une lettre d’amour au restaurant Le Fin Gourmet, désormais trentenaire.
L’événement a rassemblé une foule impressionnante, au plus grand bonheur d’Elsa Bhérer, copropriétaire de l’adresse avec sa mère Marina Bhérer.
« On avait mis 100 billets en vente. On s’est dit qu’on allait se garder 25 billets environ pour que les gens qui n’ont pas de réservation viennent quand même. Finalement, on en a vendu 75 de plus sur place. Ça a débordé un peu dans la rue et tout », raconte Elsa Bhérer quelques jours après la soirée en question.
Clients, résidents et employés se sont mélangés dans une ambiance de « fête de quartier », décrit la copropriétaire. Plusieurs ont amené leurs enfants, créant un mélange intergénérationnel révélateur : Le Fin Gourmet a 30 ans de fidélité dans la poche, mais n’a pas fini d’attirer de nouvelles bouches.
« Les clients nous suivent depuis 30 ans, mais on a tout le temps de nouveaux clients. On est vraiment choyés », résume celle qui est également la cheffe de soir en cuisine.
Comment ?
Une longévité comme celle du Fin Gourmet repose sur plusieurs facteurs. Certains sont concrets, comme la réactivité. Par exemple, lorsque la pandémie a frappé le Québec, Elsa Bhérer, sa mère et son père se sont adaptés immédiatement.
« La première journée où ils ont annoncé les fermetures des restaurants, on s’est retroussé les manches. On s’est mis à faire un menu take-out le lendemain de la fermeture. On n’a pas fermé une journée. […] On s’est dit qu’on allait travailler en famille. Les employés étaient sur la PCU. »

Crédit photo: Jay Lacelle
Puis, il y a le rapport aux autres, l’hospitalité. La relation avec les employés est amicale et les clients, de leur côté, sont accueillis comme de la famille. L’intention est claire pour la copropriétaire : « Ils viennent, ils se sentent comme à la maison ».
Au-delà de ces caractéristiques qui semblent incontournables pour maintenir un restaurant de quartier, il y a l’étincelle que même Elsa Bhérer a de la difficulté à résumer. « Ne pas être dans le paraître, mais juste d’être ce qu’on est, d’être vrai au final ? », suggère-t-elle.
Une histoire de famille qui s’écrit encore
L’espace du Fin Gourmet était auparavant une pizzeria et une sandwicherie fréquentée par le duo. Marina Bhérer a tissé des liens avec la propriétaire qui lui a finalement vendu le commerce. Ainsi, en 1996, le Fin Gourmet est né.
Elsa Bhérer a grandi avec ce restaurant et l’intérêt pour la cuisine s’est transmis tout naturellement. « À 23 ans, je me suis vraiment impliquée. Ça fait 15 ans que je suis associée avec elle », souligne la résidente de Saint-Sauveur.

Crédit photo: Jay Lacelle (image recadrée)
Aujourd’hui, c’est Elsa Bhérer qui tient la barre, sa mère, Marina Bhérer, étant en préretraite. Toutefois, la passion de cette dernière pour les produits locaux et le fait maison transpire encore à travers le restaurant.
« Au fil du temps, on s’est créé une identité par rapport aux terroirs. Tout le monde maintenant dit qu’ils travaillent avec les produits de saison. Tout ça, c’est super à la mode. Il y a 30 ans, elle le faisait et on l’a toujours fait. On n’a jamais arrêté de le faire. »
Malgré les années, Le Fin Gourmet n’a jamais été figé dans le temps. Son menu a évolué selon les modes, les rencontres et les intérêts. L’approche d’Elsa Bhérer ne fait pas exception. Dans les prochaines années, elle espère développer l’aspect événementiel du commerce tout en maintenant son identité.
« C’est moi qui reprends le flambeau et j’ai encore pas mal de jus. J’ai envie de travailler encore dans ce domaine-là. Je suis super heureuse dans ce que je fais. Je n’ai pas envie de changer non plus la recette. La recette est gagnante et on est heureux », conclut-elle.