C’est une année de célébration pour La Rotonde! Le diffuseur spécialisé en danse contemporaine fête ses 30 ans et pour l’occasion, Marie-Hélène Julien, directrice et programmatrice, a accepté de faire un petit voyage dans le temps pour raconter l’évolution de l’organisation.
Fondée en 1996 par Luc Tremblay, directeur de la compagnie Danse Partout, La Rotonde a toujours conservé sa mission « de nourrir et développer des publics pour la danse contemporaine ».
« On se bat pour débusquer ce mythe que la danse contemporaine n’est pas accessible, parce que c’est le cœur de notre mandat, de rendre ça accessible et de montrer que ça l’est. D’être là encore après 30 ans, je pense que ça veut dire qu’on remplit notre part du deal », affirme Marie-Hélène Julien.

Crédit photo: Stéphane Bourgeois (image recadrée)
Depuis 30 ans, La Rotonde a programmé des centaines de spectacles de danse à travers la ville de Québec et ailleurs. Cette expérience permet aujourd’hui à sa directrice de témoigner de l’évolution de cet art. Selon Marie-Hélène Julien, la rigueur au travail des artistes est restée la même, mais les thèmes abordés ont grandement évolué.
Elle tient à souligner que le diffuseur n’est pas un simple miroir de la discipline et il l’influence directement. « On essaie toujours de mettre en contact [les artistes étrangers] avec le milieu pour motiver des échanges […], faire en sorte d’exercer un certain renouvellement de la discipline. »
30 ans dans le milieu de la culture, ce n’est toutefois pas tout rose. En raison du manque de financement, La Rotonde doit aujourd’hui réduire son nombre de spectacles et simplement maintenir son offre alors qu’elle aimerait « recommencer à faire du développement ».
Malgré tout, la directrice se dit en bonne position pour attaquer un autre 30 ans, surtout grâce à l’équipe « formidable » qu’elle côtoie quotidiennement et qui a mené La Rotonde où elle est aujourd’hui.
Trois directions uniques
Dès 1996, c’est Johanne Dor qui tient la barre. Comme première directrice, tout est à construire et à définir. « Le nerf de la guerre, c’était réellement de développer un milieu qui soit accueillant, attractif pour que les artistes restent [à Québec] », rappelle Marie-Hélène Julien.

Crédit photo: Stéphane Bourgeois (image recadrée)
Steve Huot reprend le poste à partir de 2007 et pratique une « consolidation du développement qui avait été fait par Johanne », mais surtout, il est l’homme derrière la création de la Maison pour la danse de Québec. Cette nouvelle entité permet à La Rotonde de transférer une partie importante des tâches concernant le soutien de la communauté artistique locale.
Marie-Hélène Julien souligne que « ça a été 9 années de travail acharné, de lutter jusqu’à l’ouverture. En même temps, c’était pour une vision très noble parce que ça visait le développement de notre milieu d’une manière encore plus marquée ».

Crédit photo: David Boyer (image recadrée)
Puis, en 2018, Steve Huot passe le flambeau à Marie-Hélène Julien. Cette dernière est confrontée dès le début de son mandat à la pandémie. Elle a donc la mission de retrouver le public.
Elle lance plusieurs activités et crée, en collaboration avec le Grand Théâtre, un poste de médiation. Ce nouveau poste permet aujourd’hui à La Rotonde d’offrir des activités uniques comme des ateliers pour femmes qui subissent de la violence.
« C’est une participation citoyenne de notre part qui est vraiment importante pour moi. De jouer un rôle palpable en tant qu’organisme citoyen dans son milieu de vie, c’est nouveau. »
Une année de célébrations
La saison 2026-2027 représente également les 50 ans du Groupe Danse Partout Inc auquel appartiennent La Rotonde, la Compagnie Danse Partout et L’École de danse de Québec.
Puis, cette année marque les 20 ans de la collaboration entre La Rotonde et le Grand Théâtre. La collaboration a débuté en 2006 avec le spectacle Créations interprété par Louise Lecavalier.

Crédit photo: Massimo Chiarradia (image recadrée)
Cette collaboration de longue date a le bénéfice « de faire circuler les publics. Les gens qui fréquentent les activités du Grand Théâtre, mais jamais de La Rotonde, voient que [l’on] participe à la diffusion d’un spectacle qu’ils ont aimé. Ils vont peut-être prendre la chance de venir voir un show de La Rotonde et inversement ».
D’autres aspects positifs incluent la séparation des revenus, mais également des dépenses. Chaque diffuseur peut ainsi ajouter plus de spectacles à sa programmation. Puis, les deux diffuseurs partagent une médiatrice culturelle, ce qui bonifie leurs offres respectives.
2026-2027 : la saison de la joie
« Les créateurs et les créatrices sont sensibles à ce qui se passe en société. C’est sûr que cette programmation ne fait pas exception, mais sur un mode joyeux, dans le sens qu’on utilise, pour plusieurs artistes dans la programmation, la joie comme moyen de résistance », détaille Marie-Hélène Julien.
Bien sûr, il y aura des thèmes plus sombres, mais l’humour sera au rendez-vous, notamment avec le spectacle Zonder de la Belge Ayelen Parolin qui sera en tournée dans la province.

Crédit photo: Stanislav Dobak (image recadrée)
La saison grand public débute dans un mois avec le spectacle Refonte d’Ariane Voineau et Léa Ratycz-Légaré, artistes en danse, et Sarah Booth, artiste en arts visuels. Ce spectacle sera présenté le 8 et 9 octobre à la salle Multi du complexe Méduse.
« C’est un show sur lequel elles travaillent depuis 2019 : la rencontre entre les corps et la matière, notamment du papier. C’est un peu comme une performance installative. Je pense que ça va vraiment être intéressant. »
Pour ce qui est des célébrations du 30e, une soirée festive a déjà eu lieu le 25 août. La Rotonde prépare d’autres surprises pour agrémenter la saison.
Source : Monmontcalm (Monquartier) — Montcalm/Saint-Sacrement