Dix ans après son ouverture, Zozo et Arty n’est plus tout à fait le même commerce. Auparavant une boutique de jouets, ce magasin général mise aujourd’hui sur le vrac, les articles de seconde main et les produits essentiels. Pour marquer cette évolution, l’entreprise adopte une nouvelle image de marque sous le nom de Zozo.
Pour la propriétaire Mélanie Roy, ces changements témoignent d’une évolution qui s’est faite au fil des années. Cette dernière raconte que les défis se sont succédé depuis qu’elle a repris l’entreprise fondée en 2016 par Sophie Desgagné : « il y a d’abord eu la pandémie, puis un ralentissement de l’achat local et écoresponsable ».
Par la suite, des travaux majeurs de réaménagement ont débuté sur la rue Saint-Vallier Ouest il y a trois ans.
Un magasin général de quartier
Ce parcours a amené la commerçante de Saint-Sauveur à revoir son offre pour mieux répondre aux besoins de sa clientèle.
Chez Zozo, Mélanie Roy et Audrey Janssens remplissent les contenants de dentifrice, de détergent à lessive, de savon à mains, de déodorant ou encore de produits nettoyants apportés par les clients. Il n’est pas nécessaire d’acheter un contenant sur place. Les produits sont vendus au poids, ce qui permet d’en prendre de petites quantités pour les essayer. Les clients peuvent aussi choisir différents arômes et utiliser le contenant de leur choix.
La propriétaire note que cette façon de faire rend plus agréable l’achat de produits qui sont généralement considérés comme purement utilitaires : « Les produits plates à acheter deviennent le fun à acheter », dit-elle.
Mélanie Roy insiste également sur l’importance du service et des conseils donnés à la clientèle.
« On les connaît tellement, nos clients, et il y a cette chaleur d’un commerce de proximité et la certitude que ce que tu vas acheter ici […] coche plein de critères éthiques », mentionne-t-elle, citant la provenance des produits, la qualité des ingrédients, leur efficacité et le rapport qualité-prix.
Le commerce de la rue Saint-Vallier remplit ainsi plusieurs centaines de contenants chaque année.
« Ce sont toutes des matières résiduelles de moins à traiter pour la Ville, en recyclage ou en déchets », souligne Mme Roy.
Les gros bidons utilisés pour le vrac sont récupérés par les fournisseurs, qui les rapportent ensuite pour être remplis de nouveau.

Crédit photo: Thomas Verret
La seconde main comme fil conducteur
Les articles de seconde main occupent aussi une place importante dans la boutique. C’était d’ailleurs une passion de Mélanie Roy avant même qu’elle reprenne le commerce. Venant du domaine juridique, elle a également un côté artistique très présent et est issue du milieu de la couture.
Le projet de friperie a pris forme pendant la pandémie, alors que l’achalandage à la boutique avait diminué. La propriétaire a alors pu réunir son intérêt pour les vêtements et leur entretien, tout en répondant à une tendance croissante chez les consommateurs.

Crédit photo: Thomas Verret
Approvisionnement local
Les produits corporels et d’entretien proviennent presque entièrement de marques québécoises, à l’exception d’« une ou deux marques qui viennent de Vancouver ».
Lorsque plusieurs fournisseurs offrent un produit équivalent, Zozo privilégie celui qui est le plus près.
« Même si j’ai un fournisseur à Granby, mais que j’ai un fournisseur équivalent à Québec, je vais prioriser celui de Québec », explique la propriétaire.

Crédit photo: Thomas Verret
Pour tout le monde
Même si la boutique a pignon sur rue depuis une décennie, Mélanie Roy constate que certaines personnes hésitent encore à entrer dans le commerce parce qu’elles l’associent à l’univers des enfants.
La propriétaire veut donc faire tomber l’idée selon laquelle il faut avoir des enfants pour magasiner chez Zozo : « Si tu te laves, tu peux rentrer au Zozo », lance Mme Roy en riant.
« On a de tout pour tous », résume-t-elle.

Crédit photo: Thomas Verret
Mme Roy assure que Zozo n’est pas une boutique haut de gamme qui s’adresse uniquement à une clientèle fortunée.
« C’est joli, peut-être, mais ce n’est pas un commerce haut de gamme. […] Au final, ça ne te revient pas plus cher la brassée que dans une grande surface, parce que nos ingrédients sont de meilleure qualité », soutient-elle.
Un nouveau chapitre
La nouvelle image de marque sera lancée officiellement le 29 août. Un oiseau intégrant un symbole de l’économie circulaire fera partie de cette nouvelle identité.
Quant au changement de nom, la propriétaire indique que celui-ci allait de soi : « Les clients parlent déjà du commerce en disant : “Je vais au Zozo” ou “J’ai pris ça au Zozo” ».
Après dix ans d’histoire, Mélanie Roy souhaite surtout que la nouvelle image de Zozo reflète mieux le commerce qu’il est devenu avec le temps.